ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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Side af 526 Forrige Næste
L’EXPOSITION DE BRUXELLES 245 à Malines, à l’égal de celui de Bruges, le plus parfait, est une merveille du genre. 11 se com- pose de quarante-cinq cloches formant quatre octaves et accusant le poids très respectable de 36,369 kilogrammes j^« Salvator », le gros bourdon, pèse à lui seul 8,884 kilogrammes. Vingt-neuf des cloches sortent des ateliers du grand fondeur Pierre Hémony, d’Amsterdam, qualifié non sans raison « le Stradivarius des fondeurs de cloches ». Elles y furent coulées en 1674. Cette réunion d’instruments disposés en gammes chromatiques présente une harmonie parfaite d’une sonorité pleine d’ampleur et d’in- comparable douceur. Ce carillon, qui fait la gloire de la cité métropolitaine, n’a d’égal que celui installé dans les Halles brugeoises, lequel compte deux cloches de plus mais pèse, par contre, dans son ensemble, 7,000 kilogrammes de moins. En ce qui concerne la valeur mélo- dique, le ton fondamental, l’accord des harmo- niques, le velouté du son, il surpasse celui de Malines. Mais où ce dernier domine manifeste- ment, c’est au point de vue de la disposition générale et de l’organisme mécanique. Le beau carillon de celle qui fut jadis « la Venise du Nord » se trouve dans un état de délabrement dont s’émut maintes fois l’édilité de l’antique cité. Le clavier devrait en être renouvelé, ainsi que le système des raccords dont la défectuosité entraîne une certaine élas- ticité dans le fonctionnement des marteaux. Il en résulte nécessairement un jeu incertain, va- riable et intermittent. Cette observation est d’ailleurs applicable à la généralité des carillons. L’instabilité de sem- blables installations permet sans doute le mar- tellement des cloches, mais il ne peut être question dans le jeu ni de précision ni de régu- larité et moins encore de nuances et de senti- ments. Ces imperfections font de ces orchestres des instruments nécessairement caducs. Au ca- rillon de Malines, elles sont inconnues : le cla- vier commande impérativement au marteau ou au battant qui répondent sans arrêts, sans heurts et sans rechute. C’est précisément cette sûreté de mécanisme qui fait du jeu de la tour Saint-Rombaut un chef-d’œuvre du genre unique au monde. Le ASPECT PARTIEL DU CARILLON DE MALINES. maëstro Denyn y aborde des morceaux de grande envergure, d’allure franche et parfois même de folle envolée. Lui seul, sans doute, est à même en ce moment de renouveler la prouesse éton- nante du célèbre van den Gheyn, de Louvain, son aîné, lequel, à la suite d’une gageure, rendit JEF DENYN. sur son clavier, avec une précision et une légè- reté déconcertantes, les modulations savantes et compliquées de l’archet d’une autre célébrité louvaniste, le violoniste Kennis. Ce dernier en resta ébahi au point de douter de son art. En dehors des carillons géants de Malines, de Bruges, de Gand et d’Anvers, il existe encore en Belgique de très bons carillons d’ordre secon- daire. L’église de Saint-Martin, à Courtrai, en possède un de quarante-sept cloches coulées en 1880 par la fonderie van Aerschot, de Louvain. Celui de la cathédrale Saint-Aubin, à Namur, compte cinquante cloches d’une réelle richesse de son mais mal équilibrées. Louvain a deux orchestres campanaires : celui de l’église Saint- Pierre (quarante cloches) et celui de l’église Sainte-Gertrude (quarante-six cloches). Viennent ensuite les carillons de Turnhout (trente-cinq cloches de van den Gheyn), de Saint-Trond (trente-cinq cloches du même), d’Alost, Lierre et Mons. Notons que Bruxelles possédait jadis neuf carillons. A cette grande fortune a succédé, hélas ! la plus profonde détresse. Il y a quelques années, un regain de ferveur se manifesta cepen- dant dans la capitale. Le carillon de l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg fut transféré à la Maison du Roi ; il comportait cinquante-six clo- ches. M. De Mette, d’Alost, fut promu, par voie de concours, au poste de carillonneur ; il donna tout au plus une dizaine d’auditions. Le carillon de la Maison du Roi, dont l’acoustique laissait à désirer de par son emplacement, d’ailleurs, fut abandonné et plusieurs de ses cloches éparpillées çà et là. Une preuve éclatante de l’engouement du moyen âge pour les jeux de cloches est certes la présence dans l’église du petit village de Steenockerzeel, près de Vilvorde, d’un carillon de quarante-et-une cloches (trente-huit de A. van den Gheyn et trois du fondeur Duméry). Combien donc devait être intense, à cette époque, l’amour du clocher et combien puérils et vains paraîtraient de nos jours ces sacrifices que s'imposaient nos aïeux dans le seul souci de fierté locale ! * * * En général, le carillon peut se mouvoir de deux manières : automatiquement, au moyen d’un cylindre percé d’ouvertures carrées où s’emboî- tent des dents qui actionnent les marteaux des cloches, et manuellement, par le clavier. Les proportions d’un cylindre ou tambour sont gigantesques : celui de Malines, par exemple, légèrement inférieur en poids à celui de Bruges, lequel pèse 9,983 kilogrammes, a une hauteur de six pieds ; sa surface est percée de 16,200 ouvertures pour y fixer les broches. Ainsi agencé, un carillon présente des propor- tions vraiment imposantes. Figurez-vous cet enchevêtrement de poutres formidables, ancrées de moises savamment arc- boutées pour soutenir les cloches et résister à leur poussée énorme. Par files, suivant leur taille, celles-ci sont rangées dans un ordre par- fait comme pour une parade. Tout cet attirail est enveloppé d’un rets inextricable de fils métal- liques raccordés aux touches du clavier pour transmettre à chaque timbre l’appel de l’instru- mentiste. Au repos, l’aspect d’un carillon est grandiose ; il a quelque chose d’infernal et d’étrangement impressionnant en action. Si votre système nerveux n’est pas trop sen- sible et si votre tympan ne redoute pas les rugissements de l’ouragan ou la voix farouche de l’artillerie, arrêtez-vous un instant dans la chambre des cloches de la tour Saint-Rombaut : le carillon n’y sommeille jamais plus d’un demi- quart d’heure. Au moment du déclic, vous verrez l’instrument énorme secouant brusquement la léthargie qui semble ankyloser ses rouages, se mettre en mou- vement. On dirait qu’une nuée d’invisibles lutins s’est abattue subitement sur le clavier, suspendue aux battants, aux fils qui se tendent, montent, s’abaissent, tandis que les marteaux s’agitent, se soulèvent, retombent, réveillant sous leurs coups répétés l’âme sonore des cloches... La musique LE CYLINDRE OU TAMBOUR DU CARILLON DE MALINES. — JEU AUTOMATIQUE.