ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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244 L’EXPOSITION DE BRUXELLES tique par les Etats de New-York (1892), New- Jersey (1893), Illinois (1893), Pensylvanie (1895), Ohio (1896), Maryland (1896), In- diana (1897), Missouri (1899), Connecticut (1899), Michigan (1901), Visconsin (1901); ■ r.Jean Ma/vaax TRAVAJL DU BOUTON. 1907 : Loi amendée par l’Etat de New-York portant qu’à l'avenir, les noms de tous les ou- vriers à domicile, devront être enregistrés, que l’inspection du département d’hygiène sera ren- forcée et que, pour avoir le droit de travailler à domicile pour le compte d’un patron, il faut préalablement avoir obtenu l’autorisation de l’autorité compétente. Allemagne. — Nombreuses ordonnances en 1888, 1893, 1905 et 1907, relatives aux en- fants et aux ouvriers du tabac. Les unes inter- disent ou réglementent l’occupation des enfants dans certaines industries à domicile ; les autres fixent le cube d’air minimum de la chambre où travaille l’ouvrier du tabac. Grande-Bretagne. — 1891 : Loi imposant aux patrons la tenue d’une liste d’ouvriers à domi- cile ; 1903: Loi interdisant le travail des enfants entre 9 heures du soir et 6 heures du matin ; 1909 : Loi portant création de comités char- gés de fixer un minimum de salaire. Cette loi est appliquée dès maintenant aux ouvriers de la confection et du cartonnage, aux chaînetiers et aux dentellières travaillant à 11 machine, y com- pris les industries similaires. Dans les autres pays, rien. Et maintenant, voyez les salaires que gagnent les malheureux qui, de leurs efforts douloureux et éparpillés, alimentent certaines industries. La casquettière gagne 15 francs par semaine, en moyenne Le polisseur de marbre fait des travaux de luxe à raison de 8 fr. 20 pour 36 heures. Le chocolatier en chambre, qui s’intoxique et qui contracte la paralysie, apparue déjà, nous l’avons signalé, chez un enfant de quatre ans. travaille à raison de 12 centimes à l’heure. Une dentellière fait en 60 heures un éventail d’art qui est vendu au négociant, par l’inter- médiaire, pour 80 fr. 50. La dentellière a touché 8 fr. 55. Une autre dentellière travaille pendant 60 heu- res pour 2 fr. 40 ; une autre encore, 81 heures pour 3 fr. 30 ; une autre, 72 heüres pour gagner 5 fr-95- Un tresseur de paille besogne, pour amasser 4 fr. 50, pendant plus de 72 heures. Le cigarier, en 69 heures, se fait 18 francs. La tricoteuse, qui s’acharne sur sa laine pen- dant 72 heures, s’assure un salaire de 2 fr. 40. Les coupeurs de poils ont, les uns, 39 francs pour 102 heures ; les autres, 12 francs pour 60 heures. Une fillette gagne 9 francs sur le même laps de temps. Le cordier de Hamme, en 198 heures, gagne 17 fr. 99. Le cloutier, l’homme au chien fidèle, gagne 14 francs en 66 heures. Dans la brosserie à domicile, un ouvrier gagne à certain travail, 9 fr. 96 en 60 heures ; à un autre, 8 fr. 40 en 72 heures. Le tissage à la main rapporte io fr.08 pour 99 heures. La lingère travaille 288 heures pour 28 fr. 50 ou pour 17 fr. 40, selon la spécialité. La boutonniériste doit être munie d’une ma- chine spéciale dont le coût est de 750 francs, qui se paye temporairement, après un premier versement toujours exigé de 400 francs. Elle gagne 13 fr. 50 par semaine. Chaque jour, elle va chercher puis rapporter au grand magasin qui l’emploie de gros pa- quets de linge à trouer de boutonnières... Cela lui fait deux courses quotidiennes sous un faix d’au moins vingt kilos. Les courses de cette esclave mériteraient seules son salaire. Les cordonniers d’Iseghem ont la spécialité de confectionner les chaussures fines pour les magasins de luxe de Paris et de Bruxelles. Ils gagnent pour [cette besogne recherchée 18 francs pour 74 heures. Les chaussures qu’ils fabriquent se vendent de 35 à 50 francs... N’est-ce pas que l’exposition du travail à do- micile est comme un cri de détresse et de misère parmi le joyeux tumulte de la world’s- fair ? CARILLONS ET CARILLONNEURS Un concours international à Malines En relisant l’autre jour Le Carillonneur, ce chef-d’œuvre impressionnant de Georges Ro- denbach, qui symbolise si puissamment les éner- gies et les tendresses de ■ la patrie brugeoise, je songeais à cet autre génie des orchestres campanaires, au maître prestigieux Jef Denyn... Et je revécus un instant ces douces rêveries dans le calme d’un demi-jour crépusculaire sous le mail charmant de la Mélane, à Malines. Les vieilles maisons flamandes y profilent leurs pignons aux fines découpures entre lesquels cas- cade, sous un frisson d’airain, le chapelet de trilles et de strettes qu’égrène, du haut de cette majestueuse tour Saint-Rombaut, celui que l’on pourrait surnommer « le Paganini » des cloches. Quelle faculté occulte anime donc cet instru- mentiste magique dont le renom a franchi l’océan ? De quelle inconcevable et mystérieuse virtuosité revête-t-il le chant épique du bronze primitif, hésitant et rude, pour en faire cette musique douce et légère qui pénètre, trouble et enchante ? On ne sait. Cependant, ce dont nul ne doute et ce que chacun perçoit et ressent, c’est que l’âme du carillonneur malinois chante dans l’airain comme la vague dans une conque, et que ce chant puis- sant, si différent par son sentiment et son ex- pression du jeu mélancolique, se communique même au profane de si pénétrante façon qu’il l’entraîne et le gagne à la compréhension de la beauté des grandes compositions. Le chant des cloches est une musique essen- tiellement populaire et l’art du carillonneur est divin, car il participe à l’éducation esthétique du peuple, élève et adoucit ses sentiments et élargit étrangement son imagination. * * * Le carillon, dont l’origine est ancienne, pro- vient de la réunion naturelle de plusieurs cloches de diverses grosseurs. Il se composa d’abord du tintinnabulum, ou cloche portative, dont se servaient les « clocheteurs des trépassés » ou les « sonneurs de confréries ». Ces clochettes, que l’on frappait au moyen d’un petit marteau, étaient suspendues à un cintre en bois. Plus tard, le nombre et l’assortiment des timbres s’étant compliqué, la main du carillonneur fut remplacée par un mécanisme perfectionné. L’instrument primitif devint bientôt l’orchestre glorieux dont le moyen âge eut la passion et dont certaines villes du nord se montrent encore si fières. Ce n’est toutefois que pendant le XVIe siècle que se propage la vogue des carillons. Aude- narde eut le sien dès 1504 ; il fut pourvu d’un clavier en 1520. Ath et Louvain installèrent le leur peu après ; Gand en 1552 et Malines en 1555 suivirent leur exemple. Le célèbre carillon de la tour Saint-Rombaut,