Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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Cette surface parfaitement spéculaire est des
plus difficile à obtenir. Un rien vient y tracer
une raie désormais ineffaçable. On raconte que
le savant Osmond, l’un des pères de la métal-
lographie microscopiques avait recours à des
polissages dans des chambres différentes pour
déjouer les traîtrises des poussières volantes.
Il opérait les premiers décapages dans sa cham-
bre à coucher, continuait le polissage dans la
salle à dîner et parachevait sur la meule de
drap fin qui était placée dans le salon. Ainsi
ne pouvaient se rencontrer les différentes par-
ticules émanées des opérations successives. Au-
jourd’hui, on répète en partie ces précautions
dans les usines qui font de la métallographie
microscopique, en plaçant au moins dans une
chambre isolée la meule à polir.
Notre échantillon une fois prêt, on procède
à une observation microscopique de la face
polie ; on enregistre les résultats ; puis on passe
à l’attaque, par acide, de cette surface. L’acide,
qui sera le plus communément l’acide picrique,
ou parfois l’acide chlorhydrique, ou le chlorure
de cuivre ammoniacal, ou le perchlorure de fer,
a pour effet de ronger la surface et de mettre
en relief certains constituants. On replace ensuite
cette face de l’échantillon sous le microscope
et l’on procède à l’examen.
La constitution d'un acier est de suite re-
connue. Sa teneur en carbone, les scories qu’il
peut renfermer, le traitement thermique qu’il a
subi, viennent en révéler les qualités ou les
défauts
Enfin, après observation microscopique du
métal, veut-on enregistrer de façon définitive
les résultats de l’examen ? L’appareil photo-
graphique attenant au microscope est tout prêt.
L’observateur enlève le prisme qui lui renvoyait
l’image de l’échantillon métallique à observer
et “le rayon, qui passe outre, va directement
porter l’image cette fois dans la chambre noire,
dont la disposition horizontale permet une mise
au point des plus aisées.
En tant que science pure, disons de la mé-
tallographie microscopique qu’elle a permis la
première de voir enfin un peu clair dans la
façon dont se comportent les constituants d’un
alliage métallique.
Le premier métallographe fut le docteur Sorby.
Les méthodes de la métallographie peuvent
s’appliquer à l’étude de tous les métaux.
Récemment, M. de Loë, conservateur aux
musées du Cinquantenaire, a eu l’idée de faire
servir la métallographie microscopique à l’exa-
men des objets en métal préhistoriques, fers
et bronzes, afin d’en déduire quels traitements
thermiques nos ancêtres employaient pour les
métaux. M. Jacobsen, professeur à l’Université
de Bruxelles, s’est chargé de cet examen.
Pour être complet dans la nomenclature que
nous avons faite des procédés de la métallo-
graphie, disons qu’elle a recours aussi à l’élec-
tricité. On fait passer un courant dans le métal
et la facilité plus ou moins grande avec laquelle
il se transmet donne des indications sur la pro-
portion des éléments constituants du métal. Il
y a encore la méthode thermique : un acier porté
au rouge, quand il est mis ensuite à refroidir,
ne se refroidit pas d’une façon continue. Sa
masse subit un premier arrêt, d’un certain laps
de temps, pendant lequel il reste à 900 degrés ;
puis un second arrêt vers 750 degrés, etc.
La durée de ces arrêts indique la teneur de
l’acier en carbone.
On voit que les procédés de la métallographie
sont excessivement nombreux, que toutes ces
méthodes peuvent se contrôler les unes les au-
tres, mais qu’il n’en est aucune qui donne des
résultats aussi certains que la métallographie
microscopique, la dernière venue.
LA CASQUETT1ÈRE.
LA LINGÈRE.
LE TRAVAIL A DOMICILE
Nous avons dit dans quels abominables lieux
et dans quelles atroces conditions d’hygiène les
parias du travail à domicile traînent leur vie
taisérable.
La partie graphique du pavillon qui illustre
en ce moment le parc Scheyven nous révèle
des détails qui mettent le comble à l’horreur.
Ces détails concernent les salaires.
Des tableaux donnent aussi des statistiques.
C’est en Flandre que le travail à domicile est
le plus répandu. A Bruxelles, le livre et le vête-
ment ont des ouvriers en chambre ; à Liége,
il y a les armuriers.
Malines a l’ébéniste ; Lierre et Herve, les cor-
donniers ; Saint-Trond et Turnhout, les den-
tellières ; Maeseyck, les tresseurs de paille ; Ver-
viers, les tisseurs de laine ; Binche, les tailleurs ;
Leuze, les bonnetiers ; Eecloo, les coupeurs de
poils.
En Flandre, c’est la dentelle, le tissage du lin,
la ganterie et la cordcrie qui fournissent aux
habitants de taudis la besogne au foyer. Sur
47,490 dentellières, 45 pour cent travaillent à
domicile.
Sur 706,457 personnes dont se compose la
classe ouvrière, 118,620 travaillent à domicile.
Ce chiffre se décompose ainsi : 41,690 hommes,
76,930 femmes.
Voici un tableau donnant l’importance com-
parative du travail à domicile et du travail à
l’atelier dans diverses branches industrielles :
En atelier A domicile
Peaux et cuirs 58,63 p.c. 41,37 p.c
Textiles 51,32 » 48,68 »
Vêtements 73,14 » 26,86 »
Armuriers 75,60 » 24,40 »
Métaux 92,80 » 7,20 »
Bois 94,52 » 5,48 »
Des tableaux statistiques nous apprennent
effroyables ravages causés par les maladies pro-
fessionnelles ; d’autres donnent la nomenclature
des lois de protection du travail à domicile :
Australie. — 1894-95-96: Lois de la Nou-
velle-Zélande, de Victoria et de l’Australie du
Sud, relatives à la création de comités chargés
de fixer un minimum de salaire à payer aux
ouvriers à domicile. ^
^Etats-Unis. — 1891 : Loi votée dans l’Etat
de Massachusets, par laquelle l’inspection du
département d’hygiène est étendue aux locaux
des ouvriers du travail à domicile ;
1892: Loi du même Etat, stipulant que les
marchandises produites par le travail à domicile,
porteront une étiquette spéciale : « produit du
travail à domicile », avec mention de l’ouvrier,
et seront détruites dans le cas où elles auraient
été confectionnées dans un local contaminé par
la maladie; 1
1892-1,901 : Adoption d’une législature iden-