Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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croyait que le feu s’était déclaré dans le quartier
même. Et c’est compréhensible, car le premier
foyer de l’inçendie se trouvait presque en face
de l’entrée principale de Bruxelles-Kermesse.
Au fur et à mesure que les curieux qui sor-
taient de ce côté étaient rassurés, ils se mas-
saient devant le bâtiment en feu. La gendar-
merie, la garde militaire et la police eurent
beaucoup de peine à refouler cette masse com-
pacte. Mais bientôt arrivèrent des différentes
casernes de la capitale de fortes escouades de
soldats et grâce à ce renfort, les jardins de
l’Exposition purent être évacués. Il y eut bien
encore des bousculades, mais tout se passa dans
un calme relatif.
La mesure était nécessaire. En effet, déjà
des pillards profitant de la panique à Bruxelles-
Kermesse et du désarroi qui régnait du côté
de l’avenue des Nations, se constituaient « sau-
veteurs ».
*
* *
A io heures, le grand hall de la section
belge, les bureaux attenants du comité exécutif
et la section anglaise présentaient l’aspect d’une
formidable fournaise. A tout instant, on enten-
dait des détonations comme des coups de canon.
C’étaient des compteurs à gaz et des bonbonnes
d’acide carbonique qui faisaient explosion.
Mais le vent a tourné ; il souffle maintenant
dans la direction de Bruxelles-Kermesse. La
coquette petite ville est condamnée.
Les flammes attaquent les clôtures du côté
de la place du Marché et en même temps les
étincelles qui tourbillonnent par-dessus les ins-
tallations de Luna Parle y créent de nouveaux
foyers d’incendie.
En dépit des efforts des pompiers, la flamme
avance, terrible et rapide. Le corps de garde
s’embrase et un torrent de flammes balaie au
bout de quelques minutes toute la place du
Marché, où deux heures auparavant on dansait
gaiement aux sons de l’orchestre rustique. Les
jolies maisonnettes disparaissaient dans un oura-
gan de feu. Il n’y a plus que les carcasses
et ces squelettes s’abattent bientôt à leur tour.
Mais dans le fond, du côté des attractions de
Luna Park, on entend des rugissements épou-
vantables. Dans la foule qui de l’avenue du
Solbosch contemple le désastre, c’est une nou-
LA SECTION ANGLAISE. — APRÈS L’INCENDIE.
velle crainte. La ménagerie Bostock brûle ! Les
fauves vont s’échapper.
Le personnel de la ménagerie a déjà sauvé
tous les animaux inoffensifs. Bœufs, zèbres,
rennes, éléphants, etc., sont en lieu sûr dans
des écuries des environs. Il ne reste plus que
LA SECTION ANGLAISE
AVANT L’incendie.
les fauves. Les pauvres bêtes affolées par les
lueurs de l'incendie bondissent dans leurs cages.
Elles sont vouées à la mort, car des gen-
darmes, massés devant la ménagerie, ont le
mousqueton prêt. On ne tirera qu’à la dernière
minute et si c’est d’absolue nécessité.
Les flammes dévorent la clôture de bois. On
entend des rugissements, des hurlements, puis
c’est le silence.
Les boiseries s’écroulent. Les cages apparais-
sent au milieu d’un tourbillon de flammes. Tous
les fauves ont péri asphyxiés.
Bientôt, de la vaste arène Bostock, il ne reste
plus que les ferrailles rougies et tordues des
cages et les corps carbonisés et recroquevillés
des fauves. Trois crocodiles enfermés dans une
caisse sont étendus sur le sol, à peu près intacts.
Le feu qui détruit leur prison et les a fait mourir
est resté presque sans action sur leur carapace
écaillée.
Le scenic-railway et toutes les autres attrac-
tions de Luna Park flambent également. Le
feu n’épargne de Bruxelles-Kermesse qu’une
rangée de maisons de la rue de la Senne et le
quartier situé en contrebas du Chien-Vert. Une
nouvelle saute de vent s’est produite. C’est à
cette circonstance que cette partie, ainsi que
le restaurant du Chien-Vert doivent d’échapper
à la destruction.
*
* *
Mais l’incendie poursuit ses ravages. Le
grand restaurant Duval, situé près du palais
de l’alimentation française, devient la proie des
flammes et celles-ci se communiquent, vers onze
heures un quart, au palais de l’alimentation fran-
çaise. Au bout d’une vingtaine de minutes, de
tout le bâtiment plus rien ne reste debout.
Pendant que le feu ravage le pavillon de la
ville de Paris, contigu au pavillon de l’ali-
mentation, le pont, qui sépare la section fran-
çaise du restaurant Duval, s’écroule, miné par
les flammes. Des pompiers arrosent sans relâ-
che les ruines du pont. L’incendie est arrêté
de ce côté, mais un autre sinistre, tout aussi
grave, est signalé. Quinze maisons de l’avenue
du Solbosch, pour ainsi dire enclavées dans les
terrains de l’Exposition, prennent feu. Et les
pompiers doivent combattre ce nouveau désastre.
A l’avenue des Nations, où est massée une
véritable armée de pompiers, l’incendie est coupé
également. Quelques petits pavillons seulement
sont réduits en cendres.
A 2h. 1/2, tout danger d’extension du sinistre
a disparu. La part du feu est faite.
Le Roi et la Reine.
Les télégrammes envoyés au Roi des Belges
à l’occasion de l’incendie de l’Exposition ne