Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
LA FAÇADE AVANT L’INCENDIE.
plaine des attractions américaines, etc., etc.
Il importe qu’on le sache et qu’on le répète :
l’Exposition de Bruxelles n’est pai morte, elle
n’a subi qu’une amputation, et son existence
n’est nullement en danger.
Avant quinze jours, la plus grande partie
du mal sera réparé. A Bruxelles-Kermesse, il y
aura un campement forain du plus pittoresque
effet ; on peut compter pour cela sur l’ingé-
niosité de nos artistes. Une partie de l’exposition
anglaise sera reconstituée dans la salle des fêtes,
et pour ce qui concerne la reconstitution de la
section belge, architectes et ingénieurs sont déjà
à l’œuvre.
Et maintenant que voilà les choses mises au
point, donnons quelques détails sur les péripéties
de la catastrophe.
L’incendie
Jamais il n’y avait eu autant de monde à.
l’Exposition que pendant la journée de diman-
che. La plus forte recette avait été jusqu’à
présent de 60,000 francs. Or, on avait encaissé
dimanche, à 6 heures du soir, 91,375 francs !
Ajoutez à cela les abonnés et vous aurez une
idée de la foule qui se pressait dimanche soir
dans les jardins. Tous les cafés regorgeaient
de monde. On avait peine à avancer dans les
allées. Dans les rues de Bruxelles-Kermesse,
à Luna Parle, partout, on s’écrasait littéralement.
Et dans cette foule joyeuse qu’animaient les
fanfares et les flonflons des orchestres, un cri
soudain vient jeter l’alarme : Au feu !
Il était alors 8 h. 3/4. Au dessus de l’aile
gauche du palais de la section belge, du côté
de Bruxelles-Kermesse, une langue de feu vient
d’apparaître. La flamme lèche la corniche qui
s’embrase. En quelques instants, l'ircéndie s’est
propagé avec une telle rapidité que tout le
monde en reste stupéfait. La foule, en présence
de ce spectacle terrifiant, est comme atterrée.
Bientôt, toute l’aile gauche ne forme plus qu’un
brasier. Un cordon de feu court en serpentant
le long de la corniche de la façade monu-
mentale. En moins d’un quart d’heure, c’est
l’embrasement général de tout le vaste hall.
Des flammèches emportées par le vent vont
propager le sinistre. Pendant que d’un côté
les flammes gagnent la section anglaise, une
pluie de brandons s’abat sur Bruxelles-Kermesse.
Sous l’action de la chaleur, les poutrelles de
LA FAÇADE APRÈS L’INCENDIE.
LA SECTION BELGE. — APRÈS L’iNCENDlE.
fer qui forment l’ossature de la colonnade se
tordent. Toute la façade s’écroule avec fracas,
découvrant le brasier sur toute son étendue.
En présence de ce spectacle, devant cette mer
de feu, on comprenait quels efforts formidables
allaient devoir être déployés par les pompiers
qu’on voyait arriver de toutes parts avec des
dévidoirs, des pompes à vapeur, des auto-pom-
pes, des échelles Porta.
Un immense nuage de fumée planait au-dessus
du Solbosch. Sur le ciel se détachait une large
bande lumineuse, d’un rouge pourpre d’aurore
boréale.
Le sinistre allait-il encore prendre des pro-
portions plus vastes ? L’Exposition tout entiere
allait-elle disparaître ? C’était la question que
se posaient les milliers de curieux qui assistaient
de loin, derrière les cordons de police qu’on
avait aussitôt improvisés, à ce pénible spectacle.
*
* *
Lorsque l'incendie éclata, il y eut dans les
rues de Bruxelles-Kermesse' un moment de pa-
nique folle. On se ruait en masse vers les sorties.
Des femmes furent bousculées. Tout le monde