Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
Une visite aux Ateliers
de Constructions Electriques de Charleroi
Leur participation à l’Exposition universelle de Bruxelles
Je viens de visiter l’usine des Ateliers de
Constructions Electriques de Charleroi et j’essaie
de caractériser le genre de sa fabrication. C’est
de l’industrie de précision en grand. Et quelle
Machine d’extraction électrique, système ILGNER, des Charbonnages de Bascoup.
Puissance : 2100 HP.
multiplicité, que d’incessantes modifications dans
les opérations, combien minutieuses, qu’accom-
plissent les ouvriers et les machines-outils !
Les Ateliers de Constructions Electriques de
Charleroi donnent un démenti éclatant à la lé-
gende propagée à l’étranger par nos concurrents
et qui représente notre industrie comme n’étant
capable que de produire les mastodontes de la
mécanique : locomotives, machines de charbon-
nages, moteurs d’usines, etc. Non, dut-il en
déplaire infiniment à ces détracteurs, les Ateliers
de Constructions Electriques de Charleroi riva-
lisent avec n’importe quelle firme étrangère dans
cette fabrication scientifique et délicate, née de
l’application de l’électricité aux industries les
plus variées.
Qu’on sache que la fée Electricité n’accomplit
tous ses prodiges que grâce à l'ingéniosité et à
l’habileté des hommes. Aussi le spectacle offert
par les Ateliers de Constructions Electriques de
Charleroi, où l’on voit l’intelligence et la ma-
tière provoquer les phénomènes industriels que
la magie de l’électricité a permis, aussi, dis-je,
ce spectacle, où la réalité semble s’allier au
surnaturel, est-il profondément attachant et émo-
tionnant I
Le personnel, qui exécute sous les ordres
techniques d’une pléiade d’ingénieurs les mille
travaux que comporte une construction élec-
trique, est (composé d’élérpents d’élite. La plupart
de ces quinze cents ouvriers sont diplômés de
l’Ecole industrielle supérieure de Charleroi —
cette institution qui est une véritable université,
pratique. Sans doute, n’apprendrons-nous pas
non plus, sans une pointe de fierté que presque
toutes les innombrables machines-outils — ces
merveilles de la mécanique moderne — au la-
beur dans l’immense ruche d’activité des ateliers
de Charleroi sont de fabrication belge. La
vaillante firme qui s’est donné pour mission de
défendre contre tous les protectionnismes étran-
gers notre industrie électrique, fait œuvre du
nationalisme le plus louable en donnant, à mé-
rites égaux, la préférence aux machines-outils
belges, dédaignées sans raison par tant de nos
industriels, recourant aux marques américaines,
Groupe électro-moteur.- Pompe centrifuge A. C. E. C. Rateau, d’une puissance de 475 HP.
capable de refouler par heure, 200 mètres cubes d’eau, à une hauteur de 385 mètres.
anglaises et allemandes. Voilà qui est récon-
fortant, n’est-il pas vrai ? Aussi regrettera -t-on
que l’exemple des Ateliers de Constructions
Electriques de Charleroi ne soit pas davantage
suivi.
« Bien faire et ne pas laisser dire » semble être
la devise de cette société à laquelle M. le baron
Edouard Empain, président du conseil d’admi-
nistration, a donné l’impulsion et aussi une ligne
de conduite conforme aux intérêts généraux du
pays. Et il convient d’autant plus de louer cet
éminent homme d’affaires d’avoir su exécuter ce
programme que la société Electricité et Hydrau-
lique, à laquelle succéda l’organisme social
actuel, avait connu, on s’en souvient, toutes les
vicissitudes qu’éprouvent trop souvent à leurs
débuts les industries nouvelles. Je crois ne pas
exagérer, au surplus, en disant que le jour où
M. le baron Empain a décidé d’adopter, en
quelque sorte, l’entreprise de Charleroi, il a
assuré désormais l’existence de l’industrie élec-
trique belge.
*
* *
Parcourons maintenant, si vous le voulez bien,
amis lecteurs, l’énorme domaine où s’appliquent
au travail, dans une bruissante forêt de méca-
niques, des légions d’ouvriers.
Dans ce hall, de nombreuses machines décou-
pent à l’emporte-pièce les dentelures des min-
ces tôles de fer , doux qui, assemblées, forment
les noyaux intérieurs des dynamos.
Une encolleuse de papeterie a au préalable
assuré l’isolement de ces tôles, en couvrant d’une
feuille de papier un de leurs côtés.
Mais, bientôt, les opérations deviennent si
compliquées qu’on ne pourrait songer à les
décrire dans une relation du genre de celle-ci.