ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L'EXPOSITION DE BRUXELLES loi par expérience qu’ils n’ont affaire ni à des ingrats ni à des oublieux. Aussi, dès maintenant, la France s’apprête à nous fournir une fois de plus, à l’occasion de la manifestation de 1910, une preuve éclatante de sa sympathie. Il n’y a là rien qui doive nous étonner d’ail- leurs : la France, en ces occasions solennelles, ne fait jamais les choses à demi ; elle s’abstient ou elle fait grand. Et cet amour-propre national, si fécond en beaux résultats, devrait servir d’exemple à tout gouvernement prenant part à ces grands concours où les nations du monde viennent étaler les pro- duits de leurs industries, les innovations et les découvertes de leurs ingénieurs et de leurs savants, en un mot, se disputer courtoisement, à la face de l’univers, les prix de l’initiative et du progrès. LA PEINTURE FLAMANDE RUBENS ET VAN DYCK (Suite) Rubens fut doué du don d’universalité. Le peintre qui nous donna a un aussi haut degré l’expression religieuse est celui-là même qui sut animer le monde mythologique des faunes, des satyres et des nymphes, celui qui vivifia de son coloris puissant les belles chairs blanches et roses des filles de Leucippe, le corps des Vénus et des amours, et nous livra l’impeccable nudité d’Hélène Froment. C’est que là également il trouva la vie dont il fut le poète inspiré. Chez Rubens le senti- ment et la matière s’allient toujours dans un rythme parfait. C’est assurément le but suprême de l’art d’exprimer de la nature la somme de poésie et d’idéal qu’elle contient, de magnifier celle-ci en n’empruntant à aucun artifice un moyen de produc- tion factice. Ce fut le secret de l’art de Léonard de Vinci, qui se révèle dans la Cène de la Madonna delle Grazie, celui des compositions de Raphaël et de Michel-Ange. Ce fut aussi celui de Rubens. Pour exprimer le sentiment, les primitifs avaient illuminé le visage de leurs saints et de leur madone d’un éclat surnaturel. C’est du dehors, si nous pouvons ainsi nous exprimer, que leur venaient leur beauté et leur lumière; c’est du dedans, du moi intérieur, que Rubens éclaire ses personnages. Le rationalisme de la Renaissance a accompli cette transformation. C’est le règne de la vie, de la vie joyeuse et reconquise, tempérée dans son essor par la seule raison. Et cirez Rubens cette harmonie de la raison et du génie s’équilibre sans cesse. Elle est apparente dans sa composition, dans son dessin, dans l’éclat de son coloris même, qui fait vivre les chairs, courir à fleur de peau le sang généreux et bienfaisant, sans cesser de s’harmoniser avec la nature, modèle supérieur de l’artiste. Beaudelaire a synthétisé dans les quatre premiers vers de ses Phares l’art grandiose de Rubens : Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse, Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer, Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse, Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer. La vie, la vie toujours, le poète l’a bien dit. Mais le fleuve d’oubli dont il parle évoque les souvenirs de toute l’humanité païenne et chrétienne, les gloires plus modernes du roi de France Henri IV, et sur les arcs de triomphe que le peintre dessine pour le triomphe du cardinal Ferdinand lors de l’entrée de celui-ci à Anvers, les fastes et les conquêtes d’une maison glorieuse. Dans ce jar- din de la paresse, on contemple toutes les éner- gies de l’antiquité, et sur cet oreiller de chair fraîche on peut parfois rêver à la pitié et à la douleur. Il imagina un monde de force et d’opulence. Son imagination ardente peupla l’univers d’allé- gories. Il créa les corps magnifiques de ses Vénus idéales. Rien ne pouvait troubler le calme de leur beauté. On la crut sans pensée, cette beauté. Elle était radieuse et satisfaite d’elle-même. Il jeta sur nos faiblesses et sur nos médiocrités son man- teau de grand seigneur-artiste. Nulle d’elles n’ap- parut dans son œuvre, et si la parole qui sembla jaillir de ses personnages fut parfois emphatique, ce langage reste un des plus beaux que parla jamais le génie d’un homme. L’art flamand a atteint avec Rubens, synthèse des efforts de plusieurs générations d’artistes, une cime dont il ne pourra que descendre. Antoine Van Dyck . Rubens et Van Dyck, deux noms qui semblent unis dans l’histoire de la peinture flamande. Rubens est le maître, Van Dyck le disciple. Et cependant quelle distance sépare, sinon parle génie, du moins par les tendances et le caractère, l’éducateur de l’élève! On dirait que la grandeur, la sublimité et l’opu- lence du maître se sont chez son continuateur résolvé en grâces et en douceurs; mais grâces et douceurs qui ne furent jamais de la mièvrerie et de la fadeur, grâces et douceurs qui exprimèrent une noblesse, une aristocratie, une puissance de pensée et un idéal. Nous ne retrouvons pas chez Van Dyck la puis- sance de conception de Rubens, sa faculté d’ani- mer par l’allégorie les forces de la nature ou de la pensée, sa prodigieuse imagination, l’amour des belles formes opulentes et riches; mais l’auteur de YErection de la Croix a tant de douceur et de charme, une émotion si communicative, qu’il paraît plus près de nous, et sinon plus près de notre pensée, plus rapproché de notre cœur. Antoine Van Dyck naquit à Anvers en i5gg. Son père était un peintre verrier fort habile, dit-on. Sa mère brodait, selon la tradition fla- mande, des tissus qui, sous sa main experte, pre- naient des tons d’or et de pourpre. Ce fut cette femme, aux doigts de fée, à l’âme d’artiste, qui dirigea la première éducation de l’enfant. Ses aptitudes se développèrent rapidement. Van Dyck fut un de ces êtres heureusement doués qui s’assi- milent de très bonne heure tous les secrets de la technique pour être plus tôt en mesure d’exprimer leurs conceptions originales. Antoine Van Dyck fréquenta d’abord l’atelier du peintre Van Baelen, puis celui de Rubens. Il gagna rapidement la confiance du maître, qui l’associa à ses travaux. A ig ans Van Dyck était membre de l’Académie d’Anvers. Sa gloire nais- sante dépassait déjà le cercle de sa ville natale, et l’Angleterre, où il devait plus tard exécuter tant d’œuvres charmantes, s’intéressait déjà à sa jeune renommée. En 1621 l’artiste, appelé à Londres par le roi Charles Ier, traversa la mer. Toutefois, son premier séjour dans la capitale anglaise ne fut pas de longue durée. Il revint à Anvers et rentra dans l’atelier de Rubens. Bientôt, sur les conseils du maître, il partit pour l’Italie, faire le pèlerinage d’art que tant de Flamands, ses prédécesseurs, avaient accompli avant lui. Mais Van Dyck ne se dirigea pas directement vers la péninsule. Il