ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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IO() L'EXPOSITION DE BRUXELLES Palais de Justice de Bruxelles LES PALAIS DE JUSTICE DE BELGIQUE La plus haute expression de la force sociale est le droit, disent les théoriciens qui dans nos univer- sités forment les jeunes juristes, et le fait est qu’on peut assez exactement mesurer le degré de civilisa- tion d’un peuple et la santé de cette civilisation à la façon dont fonctionne la justice chez ce peuple. En aucune patrie de notre moderne Europe le droit et l’application du droit ne le sont tels que le souhaitent les philosophes, parce que rien sur la terre n’est semblable à ce que souhaitent les philo- sophes; mais dans les pays qui passent pour mar- cher à la tête de la civilisation, les lois réalisent du moins dans une certaine mesure nos conceptions présentes de la justice, et le respect relatif que leur assurent l’habitude et les gendarmes vaut à l’orga- nisme social l’ordre et la paix dont il a besoin. Or, chez des nations de constructeurs comme la nôtre, tout grand sentiment collectif se traduit par la splendeur des bâtisses. Aux époques de foi reli- gieuse, nous avons bâti des cathédrales. Notre con- ception de l’indépendance communale et de la liberté civile nous a valu les magnifiques hôtels de ville qui dressent leur tour légère sur la plaine fla- mande. Dans la splendeur de nos Palais de Justice se reflétera notre conception du droit. * * * Si l’on se place à ce point de vue, auquel il ne faut pas se tenir trop absolument, je n’ai pas besoin de le dire, le Palais de Justice de Bruxelles donne- rait à penser aux générations futures que les der- nières années du XIXe siècle virent en Belgique un essor juridique incomparable. Peut-être, du reste, les générations futures seront-elles de cet avis. Qu’en savons-nous? Peut-être le siècle prochain mettra-t-il à côté de Lycurgue et de Démosthène, de Cicéron et de Papinien, les statues de MM. Le Jeune, Picard, Woeste et Nys dans le péristyle du Palais de Justice, embelli par la patine du temps. Palais de Justice de Bruxelles '— L’Escalier Le fait est que lorsqu’on songe'à ce qu’était l’ancien Palais de Justice aujourd’hui démoli, on se fait une mesure assez précise du développement de la Belgique dans les dernières années du XIXe siècle, développement qui n'a fait que s’ac- centuer depuis. Il y avait beaucoup de choses provisoires dans la Belgique d’avant 1880, et rien ne donnait mieux la sensation du provisoire que cet ancien couvent aménagé tant bien que mal pour le logement des cours et tribunaux. C’était une invraisemblable succession de cours, plus ou moins herbues et plus ou moins moisies, de couloirs et de salles poussié- reuses. Rien ne donnait mieux l’image du maquis de la procédure que cet étrange monument, sans cesse transformé et retransformé pour les besoins du service. Il était plein, d’ailleurs, de coins pittores- ques et savoureux, un vieux mobilier où tous les styles se rencontraient et qui semblait avoir été acheté au bric-à-brac, garnissait les salles et les bureaux : c’était l’antre rêvé des « masuirs », comme on dit au Palais. Les vieux magistrats n’ont pas quitté sans regret ce vieux logis, car les vieux magistrats regrettent toujours quelque chose ; mais, si attaché que l’on soit aux vieilleries, il faut convenir que la justice d’aujourd’hui est beaucoup mieux logée. Quoi qu’il en soit, le Palais de Justice est certai- nement le plus grand effort monumental que l’on ait fait depuis plus d’un siècle en Belgique, et quand bien même on ferait à cette œuvre gigan- tesque certaines objections au nom de la science architecturale, il faut convenir que c’est une des constructions les plus caractéristiques de son époque. Assurément, ce n’est pas l’œuvre d’un véritable