ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

Søgning i bogen

Den bedste måde at søge i bogen er ved at downloade PDF'en og søge i den.

Derved får du fremhævet ordene visuelt direkte på billedet af siden.

Download PDF

Digitaliseret bog

Bogens tekst er maskinlæst, så der kan være en del fejl og mangler.

Side af 462 Forrige Næste
L’EXPOSITION DE BRUXELLES w^ 11 II as 11 II II M II 11 Deuxième cour du Palais de Justice de Liège constructeur, et les ingénieurs de l’avenir auront sans doute fort à faire à la maintenir debout. On y chercherait en vain la logique rationaliste des grandes œuvres classiques ou la logique intime du moyen âge. Rien de plus disparate au point de vue du style On y trouve du romain, du grec, du babylonien, de l’italien, mais peut-être ce mélange bizarre est-il la véritable formule du style moderne. Les esthéticiens, les théoriciens de l’art ont démontré que les grandes œuvres architecturales du passé étaient presque tou- jours la manifestation d’un grand sentiment collectif, ou du moins l’expression d’une civilisation. Les tem- ples et les palais de l’Inde expriment à merveille le panthéisme mystique et con- fus d’une race assombrie par le tourment de l’uni- versel; les ruines des mys- térieux palais de l’Asie-Mi- neure nous évoquent plus puissamment que toute une littérature les sombres mo- narchies religieuses de l’an- tique Orient; les merveil- leux temples grecs nous donnent la sensation pro- tonde d’une religion claire, lumineuse et véritablement appollinienne; les cathé- drales gothiques nous expliquent les sociétés occi- dentales édifiées sur le double principe de la foi catholique et de la raison expérimentale. Les palais de la Renaissance forment le cadre obligé 1’ ..,.- Première cour du Palais de Justice de Liège dans nos sociétés en travail. Nous n’avons plus ni religion, ni foi politique, ni foi morale commune. La religion du progrès elle-même trouve des con- tradicteurs. Aucun de nous n’a cette confiance de la vie élégante et fastueuse des rois gentils- hommes d’il y a trois cents ans, et Versailles nous offre l’image encore vivante de la monarchie centraliste et de l’ordre classique. De mêmel’Opéra de Paris ou le Palais de Justice de Bruxelles donneront à nos arrière-neveux l’impression exacte de la société anarchique et mercantile où nous vivons encore. Notre époque, en effet, ne connaît guère de grands sentiments collectifs. Ils s’élaborent encore P^: IT ■ ... dans la durée qui animait les constructeurs de jadis, lesquels voulaient faire « éternel ». Nous ne savons ce que sera demain et, dans notre igno- rance, nous ne demandons qu’à jouir du présent et briller dans le présent. C’est pourquoi nos monuments sont fastueux et baroques, produits bizarres d’un âge inquiet qui se sent éphémère. Quoi de plus caractéristique de cet âge que ce Palais de Justice de Bruxelles, conçu comme un décor, comme un magnifique décor? Si ce n’est pas, en effet, l’œuvre d’un constructeur, cgijantesjue et pompeux bâtiment est incontestable- ment l’œuvre d’un artiste et d’un grand artiste. On dirait la réalisation d’un rêve de Piranesi ou de Gus- tave Doré ; avec ses allées de colonnes gigantesques, ses escaliers inutiles et mons- trueux, les entassements de ses chapiteaux, de ses por- tiques, de ses sculptures, la superposition de ses plates- formes et de ses terrasses, ne matérialise-t-il pas un songe babylonien, de même que l’église de Laeken, autre œuvre de Poelaert, inache- vée et inachevable, semble avoir été inspirée par un de ces dessins absurdes et ma- gnifiques que Victor Hugo traçait de sa plume grandiloquente entre deux chapitres de Notre-Dame de Paris? Au point de vue de la saine doctrine architecturale, c’est un monument absurde, c’est entendu. Mais il n’en