ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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392 L’EXPOSITION DE BRUXELLES par le rond-point de la rue de la Loi et l’avenue d’Auderghem, vers le Solbosch. La ligne de tramways vers Watermael sera établie jusqu’au cimetière d’Ixelles, donnant également accès à l’Exposition. Dans le goulot de l’avenue Louise, entre la porte Louise et la place Stéphanie, les voitures de tramways se suivront d’une façon presque continue. Un accident aux charrues est toujours possible, spécialement là où existent de nom- breux aiguillages. Ces accidents mettraient tous les services en déroute et interrompraient les communications vers le Nord, le Midi, le Centre, Uccle, etc. ; c’est pourquoi une ligne provisoire, de secours, en câble aérien, sera établie en cet endroit pendant la durée de l’Exposition. Pour la facilité du public, toutes les voitures se rendant à l’Exposition porteront, à l'avant, une grande lettre X en rouge. Le soir, le disque d’avant de la voiture sera également rayé d’un X rouge. Une vaste gare, semblable à celle de Boits- fort, sera établie à l’intérieur de l’Exposition, où aboutiront et d’où partiront la plus grande partie des lignes : des dispositions sont prises pour que les visiteurs qui prendront les tram- ways puissent entrer à l’Exposition et en sortir sans bousculades ni difficultés. Une excellente mesure. M. Beco, gouverneur du Brabant, a fait ac- corder un abonnement gratuit à l’Exposition à tous les employés de province, grands et petits. Ceux-ci avaient demandé trois demi-jours de congé par semaine les après-midi des lundi, jeudi et samedi. Deux demi-jours leur ont été octroyés : les jeudi et samedi. Les fonctionnaires communaux de l’agglomé- ration bruxelloise seraient heureux que leurs administrations respectives voulussent leur ac- corder congé deux demi-jours par semaine les lundi ou jeudi et le samedi. Ils commenceraient ces jours-là à travailler dès 8 heures du matin pour finir à i heure de l’après-midi, heure à laquelle tous les ouvriers auraient pu faire leurs courses aux administrations diverses. Peut-être pourrait-on pour cette année décré- ter le service d’été. Etant donnée l’année exceptionnelle de l’Ex- position, nous espérons que les administrations prendront en bonne considération la demande des modestes mais utiles fonctionnaires. La gare du Midi Le ministre des chemins de fer a décidé de faire exécuter certains travaux à la gare du Midi, en vue de rendre plus aisé le transport des voyageurs qui y débarqueront pendant la durée de l’Exposition, dit la Chronique des travaux publics. La sortie actuelle des voyageurs, où station- nent les voitures de place, va être désaffectée, et l’on en utilisera l’emplacement pour prolonger jusqu’à la hauteur des voies actuelles du grand hall les deux voies latérales. D’autre part, une série de voies nouvelles vont être construites à côté, dans les vastes terrains occupés par le service des marchandises, en vue d’assurer, les jours de grande affluence, le service des trains extraordinaires. Ces travaux vont être entrepris sans retard, afin qu’ils soient achevés pour le début de mai. LES PROGRÈS DE L’ÉLECTRICITÉ I. — La Production. La dernière exposition de Bruxelles fut, autant et plus encore que les précédentes, l’occasion d’un triomphe pour celle qu’on a poétiquement et justement surnommée la « Fée Electricité ». F. Van Rvsselberghe. Si habitués qu’ils fussent déjà aux miracles du fluide de Galvani, ce n’est pas sans un étonnement admiratif que les visiteurs ont con- staté que tous les compartiments de la grande kermesse mondiale étaient tributaires de l’élec- tricité par la lumière, la force, par les facilités, la sécurité et le confort que donne l’usage du téléphone, du télégraphe, des sonneries, avertis- seurs, ventilateurs, monte-charges et ascenseurs, ainsi que par l’emploi des mille accessoires ingé- nieux, dont l’énumération serait interminable, mais que nous rencontrons à chaque instant, et qui sont devenus indispensables à la vie moderne. Depuis treize ans les électriciens ont marché à pas de géant ; les inventeurs ont dépensé assez de génie pour nous émerveiller encore, les techniciens ont réalisé assez d’heureuses appli- cations pour faire de la science électrique une des premières et des plus précieuses par ses applications toujours plus nombreuses, plus étonnantes et plus favorables au progrès. Les premières applications du fluide électrique tendirent principalement à diminuer les incon- vénients de la distance ; la télégraphie et la téléphonie électriques, inventées respectivement vers 1840 et 1875, furent suivies de l’invention de la dynamo par laquelle Gramme, ce grand méconnu, donnait la clef qui permit de résoudre un problème cher à maint utopiste : le transport de la force à distance. Sa machine, qui ne porte même plus son nom, a succédé, en effet, aux appareils de laboratoire (Pixii, Clarke), et donné aux ingénieurs le moyen d’utiliser les forces naturelles à une distance presque indéfinie du lieu de leur production. * * * Depuis dix ans se dessine un mouvement ten- dant à déplacer les centres de certaines indus- tries. Le grand souci de la fabrication réside dans une parcimonieuse économie, dans l’abais- sement continuel des prix de revient. Aussi, depuis longtemps, les hommes ont-ils songé à utiliser les forces naturelles (vent, eau), et plus tard ont-ils employé les machines thermiques dont la concurrence a ruiné les antiques moulins. Par un singulier retour des choses, l’électricité a permis que les meuniers prissent leur revan- che, et, sous le nom de houille blanche, les heureux propriétaires de chutes d’eau se prépa- rent à vendre partout force et lumière. En Suède, en Norvège, en France, en Suisse, en Amérique et un peu partout se trouvent en nombre plus ou moins grand des pics neigeux, des glaciers élevés fournissant, par la fonte des neiges ou des glaces, des chutes d’eau d’une puissance variable, pouvant aller jusqu’à douze millions de chevaux (Niagara) : la dénomination pittoresque, mais absurde, de houille blanche a été donnée pour caractériser cette forme d’éner- gie tirée de la glace blanche, par opposition au charbon, extrait et employé par ceux qui s’in- titulent eux-mêmes « les gueules noires ». L’idée d’utiliser les forces hydrauliques n’est, certes, pas nouvelle, mais pour que le rende- ment devînt assez rémunérateur pour légitimer une installation, il fallait deux inventions : la turbine à eau et la dynamo. Ces deux organes, qui semblent avoir été faits exprès pour marcher de concert à cause de leur équivalente rapidité de rotation, sont arrivés tous deux à un haut degré de perfection. Tandis que les anciennes roues à aubes ont ruiné les meuniers, les nouvelles machines livrent la force au prix ridiculement bas de 7 fr. 50 par cheval-an. Comme dispositif, rien n’est plus simple : une canalisation appropriée amène, sous une pression variable qui peut atteindre des centaines de mètres, l’eau à la turbine ; celle-ci, générale- ment verticale et d’un rendement de près de 80 pour cent, tourne à une vitesse de plusieurs centaines de tours à la minute et actionne la dynamo, placée au-dessus du niveau des plus Zénobe Gramme. hautes crues et tournant environ dix fois plus vite. Le courant produit est parfois utilisé sur place à l’éclairage public ou au fonctionnement d’une usine située dans la vallée. Parfois, au contraire, l’énergie est transportée au loin: l’emploi des courants triphasés à de très hauts