Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
par le rond-point de la rue de la Loi et l’avenue
d’Auderghem, vers le Solbosch.
La ligne de tramways vers Watermael sera
établie jusqu’au cimetière d’Ixelles, donnant
également accès à l’Exposition.
Dans le goulot de l’avenue Louise, entre la
porte Louise et la place Stéphanie, les voitures
de tramways se suivront d’une façon presque
continue. Un accident aux charrues est toujours
possible, spécialement là où existent de nom-
breux aiguillages. Ces accidents mettraient tous
les services en déroute et interrompraient les
communications vers le Nord, le Midi, le Centre,
Uccle, etc. ; c’est pourquoi une ligne provisoire,
de secours, en câble aérien, sera établie en cet
endroit pendant la durée de l’Exposition.
Pour la facilité du public, toutes les voitures
se rendant à l’Exposition porteront, à l'avant,
une grande lettre X en rouge. Le soir, le disque
d’avant de la voiture sera également rayé d’un X
rouge.
Une vaste gare, semblable à celle de Boits-
fort, sera établie à l’intérieur de l’Exposition,
où aboutiront et d’où partiront la plus grande
partie des lignes : des dispositions sont prises
pour que les visiteurs qui prendront les tram-
ways puissent entrer à l’Exposition et en sortir
sans bousculades ni difficultés.
Une excellente mesure.
M. Beco, gouverneur du Brabant, a fait ac-
corder un abonnement gratuit à l’Exposition à
tous les employés de province, grands et petits.
Ceux-ci avaient demandé trois demi-jours de
congé par semaine les après-midi des lundi,
jeudi et samedi.
Deux demi-jours leur ont été octroyés : les
jeudi et samedi.
Les fonctionnaires communaux de l’agglomé-
ration bruxelloise seraient heureux que leurs
administrations respectives voulussent leur ac-
corder congé deux demi-jours par semaine les
lundi ou jeudi et le samedi. Ils commenceraient
ces jours-là à travailler dès 8 heures du matin
pour finir à i heure de l’après-midi, heure à
laquelle tous les ouvriers auraient pu faire leurs
courses aux administrations diverses.
Peut-être pourrait-on pour cette année décré-
ter le service d’été.
Etant donnée l’année exceptionnelle de l’Ex-
position, nous espérons que les administrations
prendront en bonne considération la demande
des modestes mais utiles fonctionnaires.
La gare du Midi
Le ministre des chemins de fer a décidé de
faire exécuter certains travaux à la gare du
Midi, en vue de rendre plus aisé le transport
des voyageurs qui y débarqueront pendant la
durée de l’Exposition, dit la Chronique des
travaux publics.
La sortie actuelle des voyageurs, où station-
nent les voitures de place, va être désaffectée, et
l’on en utilisera l’emplacement pour prolonger
jusqu’à la hauteur des voies actuelles du grand
hall les deux voies latérales. D’autre part, une
série de voies nouvelles vont être construites
à côté, dans les vastes terrains occupés par
le service des marchandises, en vue d’assurer,
les jours de grande affluence, le service des
trains extraordinaires.
Ces travaux vont être entrepris sans retard,
afin qu’ils soient achevés pour le début de mai.
LES PROGRÈS DE L’ÉLECTRICITÉ
I. — La Production.
La dernière exposition de Bruxelles fut, autant
et plus encore que les précédentes, l’occasion
d’un triomphe pour celle qu’on a poétiquement
et justement surnommée la « Fée Electricité ».
F. Van Rvsselberghe.
Si habitués qu’ils fussent déjà aux miracles
du fluide de Galvani, ce n’est pas sans un
étonnement admiratif que les visiteurs ont con-
staté que tous les compartiments de la grande
kermesse mondiale étaient tributaires de l’élec-
tricité par la lumière, la force, par les facilités,
la sécurité et le confort que donne l’usage du
téléphone, du télégraphe, des sonneries, avertis-
seurs, ventilateurs, monte-charges et ascenseurs,
ainsi que par l’emploi des mille accessoires ingé-
nieux, dont l’énumération serait interminable,
mais que nous rencontrons à chaque instant,
et qui sont devenus indispensables à la vie
moderne.
Depuis treize ans les électriciens ont marché
à pas de géant ; les inventeurs ont dépensé
assez de génie pour nous émerveiller encore, les
techniciens ont réalisé assez d’heureuses appli-
cations pour faire de la science électrique une
des premières et des plus précieuses par ses
applications toujours plus nombreuses, plus
étonnantes et plus favorables au progrès.
Les premières applications du fluide électrique
tendirent principalement à diminuer les incon-
vénients de la distance ; la télégraphie et la
téléphonie électriques, inventées respectivement
vers 1840 et 1875, furent suivies de l’invention
de la dynamo par laquelle Gramme, ce grand
méconnu, donnait la clef qui permit de résoudre
un problème cher à maint utopiste : le transport
de la force à distance. Sa machine, qui ne porte
même plus son nom, a succédé, en effet, aux
appareils de laboratoire (Pixii, Clarke), et donné
aux ingénieurs le moyen d’utiliser les forces
naturelles à une distance presque indéfinie du
lieu de leur production.
*
* *
Depuis dix ans se dessine un mouvement ten-
dant à déplacer les centres de certaines indus-
tries. Le grand souci de la fabrication réside
dans une parcimonieuse économie, dans l’abais-
sement continuel des prix de revient. Aussi,
depuis longtemps, les hommes ont-ils songé à
utiliser les forces naturelles (vent, eau), et plus
tard ont-ils employé les machines thermiques
dont la concurrence a ruiné les antiques moulins.
Par un singulier retour des choses, l’électricité
a permis que les meuniers prissent leur revan-
che, et, sous le nom de houille blanche, les
heureux propriétaires de chutes d’eau se prépa-
rent à vendre partout force et lumière.
En Suède, en Norvège, en France, en Suisse,
en Amérique et un peu partout se trouvent en
nombre plus ou moins grand des pics neigeux,
des glaciers élevés fournissant, par la fonte des
neiges ou des glaces, des chutes d’eau d’une
puissance variable, pouvant aller jusqu’à douze
millions de chevaux (Niagara) : la dénomination
pittoresque, mais absurde, de houille blanche a
été donnée pour caractériser cette forme d’éner-
gie tirée de la glace blanche, par opposition au
charbon, extrait et employé par ceux qui s’in-
titulent eux-mêmes « les gueules noires ».
L’idée d’utiliser les forces hydrauliques n’est,
certes, pas nouvelle, mais pour que le rende-
ment devînt assez rémunérateur pour légitimer
une installation, il fallait deux inventions : la
turbine à eau et la dynamo.
Ces deux organes, qui semblent avoir été faits
exprès pour marcher de concert à cause de leur
équivalente rapidité de rotation, sont arrivés
tous deux à un haut degré de perfection. Tandis
que les anciennes roues à aubes ont ruiné les
meuniers, les nouvelles machines livrent la
force au prix ridiculement bas de 7 fr. 50 par
cheval-an.
Comme dispositif, rien n’est plus simple : une
canalisation appropriée amène, sous une pression
variable qui peut atteindre des centaines de
mètres, l’eau à la turbine ; celle-ci, générale-
ment verticale et d’un rendement de près de
80 pour cent, tourne à une vitesse de plusieurs
centaines de tours à la minute et actionne la
dynamo, placée au-dessus du niveau des plus
Zénobe Gramme.
hautes crues et tournant environ dix fois plus
vite. Le courant produit est parfois utilisé sur
place à l’éclairage public ou au fonctionnement
d’une usine située dans la vallée. Parfois, au
contraire, l’énergie est transportée au loin:
l’emploi des courants triphasés à de très hauts