Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
L’EXPANSION INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE
L’expansion de la Belgique en matière indus-
trielle et commerciale, que la carte que nous
reproduisons objective si bien, a été le point de
départ de son essor intellectuel, économique et
social.
La prospérité de la Belgique dans l’avenir
dépendra de sa capacité à maintenir ses débouchés
Le Commerce, par G.-L. Godecharle
commerciaux en rapport avec son pouvoir de pro-
duction sans cesse grandissant.
Le problème qui se pose n’est pas aussi facile à
résoudre qu’on pourrait le supposer.
Jusqu’ici les difficultés d’écoulement ont été
assez aisément vaincues. Nos prix de revient
étaient assez bas pour nous ouvrir largement le
marché mondial.
Mais les industries qui constituèrent, à certains
moments, l’apanage presque exclusif de la pro-
duction belge, allèrent bientôt se transplantant et
se multipliant en divers points du grand marché
du monde, et tandis que notre production se
développait de plus en plus, les limites du champ
ouvert à son écoulement se rétrécissaient de jour
en jour.
L’adage qui dit que « Produire n’est rien ; ven-
dre est tout », devient le mane, thecel pharès de
notre existence industrielle.
Mais la Belgique, pour peu qu’elle le veuille,
n’a pas à craindre d’être devancée par ses con-
currents, soit dans les qualités de sa production,
soit dans l’écoulement de celle-ci.
La Belgique a pour elle le prix modéré de sa
main-d’œuvre, résultant de conditions écono-
ques favorables, l’habileté et l’activité de ses classes
ouvrières, la proximité de la plupart des matières
premières nécessaires à ses fabricats; enfin, nous
n’hésitons pas à le proclamer hautement, la valeur
technique et industrielle de ses dirigeants.
Avec de semblables éléments et tout un passé de
succès nous pouvons envisager l’avenir avec quié-
tude, mais sous réserve cependant de travailler au
développement de nos relations commerciales et
à l’amélioration des conditions de notre pro-
duction.
*
* *
Les problèmes d’économie industrielle sont
parmi les plus compliqués; les conséquences des
solutions adoptées se répercutent dans les do-
maines les plus variés et de la façon parfois la plus
inattendue.
Il ne suffit pas de développer sans cesse ses
outillages ni d’augmenter indéfiniment sa pro-
duction en vue de réduire son prix de revient;
il est nécessaire encore de s’assurer préalablement
de façon certaine du pouvoir d’absorption des
marchés auxquels on compte s’adresser.
Ce pouvoir d’absorption est loin d’être illimité
et c’est une illusion profonde que de s’imaginer
que l’on peut indéfiniment faire naître des besoins
nouveaux, même en offrant la satisfaction de ces
besoins artificiellement créés, moyennant les plus
légers sacrifices.
Un des exemples qui ont le plus frappé nos con-
citoyens, et l’un de ceux qui leur ont laissé les plus
pénibles souvenirs, est la limite étroite bornant en
réalité la puissance de consommation de l’empire
de Russie, que l’on supposait, en quelque sorte,
indéfiniment extensible.
Le pouvoir d’absorption n’est pas proportionnel
au nombre d’habitants d’un pays; il est mathéma-
tiquement en rapport, non pas avec les besoins ou
les aspirations de chacun, mais bien avec les res-
sources individuelles.
Il faudrait donc s’employer à l’établissement
de statistiques permettant aux promoteurs d’élé-
ments nouveaux de production d’apprécier de
façon positive et certaine, alors qu’il en est temps
encore, les chances plus ou moins grandes qu’ils
ont de voir réussir commercialement leurs entre-
prises, c’est-à-dire d’écouler à des conditions
rémunératrices la totalité de la production qu’ils
projettent.
La Belgique consomme à peine un quatorzième
de la production de certaines de ses grandes
industries, tandis que les treize quatorzièmes de
celle-ci doivent être exportés.
La réputation de ses ingénieurs est universelle;
elle possède une population ouvrière d’élite, la
richesse de son sol achève de la placer dans des
conditions merveilleuses de production.
Au contraire, son tempérament commercial est
très loin de correspondre à ses aptitudes indus-
trielles.
Ainsi une partie de la production belge est
écoulée par l’intermédiaire d’étrangers.
Et la prospérité de l’industrie belge est pour
une partie importante à la merci de l’Angleterre.
Ce « vassalisme » pourrait à un moment donné
nous être fatal. Il faudrait donc développer et
notre marine et nos agences à l’étranger.
Au cours de ces vingt-cinq dernières années
l’Allemagne nous a donné l’exemple de ce que
pouvait une nation laborieuse.
Quand on étudie les détails de l’organisation
commerciale allemande on demeure étonné et de
l’effort accompli et du résultat atteint.
*
* *
L’exubérance industrielle de la Belgique oblige
celle-ci non seulement à exporter ses fabricats,
mais encore à créer à l’étranger des filiales de ses
établissements producteurs.
Le choix des pays qui conviennent à cette
« transplantation » industrielle exige une étude des
plus minutieuses.
La stabilité de la production, la sécurité poli-
tique, les conditions du marché financier, les
usages commerciaux, l’abondance, la valeur et le
prix de la main-d’œuvre, l’obtention des matières
premières, les conditions climatériques, l’habita-
bilité et enfin le pouvoir de consommation de la
clientèle escomptée sont autant de points fonda-
mentaux qu’il est indispensable d’élucider avant
de prendre une décision.
Il peut être intéressant d’envisager, à titre
d’exemple, quels sont les éléments dont il y a lieu
notamment de tenir compte dans l’examen des
conditions climatériques.
Au point de vue de l’étendue du champ d’action,
il existe une différence radicale entre l’exportation
et la « transplantation » industrielle.
Il n’y a, pour ainsi dire, aucun point accessible
du globe où l’exportation ne puisse être pratiquée.
Nécessairement la nature des produits exportés
varie selon les milieux et suivant les besoins des
consommateurs.
Il en est tout différemment de la transplantation
industrielle, qui exige un ensemble de conditions
d’ordres divers, beaucoup plus considérable qu’on
ne pourrait le supposer au premier abord.
Avant tout, les conditions climatériques doivent
être satisfaisantes au double point de vue des
exigences de la fabrication et du rendement du
personnel.
Les froids excessifs comme les températures tro-
picales constituent un empêchement matériel
absolu à la création d’établissements industriels.
Tout au plus certains exploitants de gisements
exceptionnels peuvent-ils s’aventurer parfois au
delà des limites assignées par la nature à l’in-
dustrie.
Nous basant sur des données exactement
connues, nous pouvons déterminer, dans notre
hémisphère boréal, sur un même méridien, deux
points fixant, au nord et au sud, l’extrême limite
de la zone « praticable ».
Vers l’équateur, Suez semble être le point limite,
tandis que l’intersection du méridien de Suez avec
le cercle polaire arctique paraît devoir déterminer
le point nord extrême.
Si les lieux des températures minima correspon-
daient exactement aux pôles terrestres et si aucune
influence topographique ni marine ne venait modi-
fier la variation uniforme des températures, des
pôles à l’équateur, le 3oe parallèle sur lequel est
situé Suez, et le cercle polaire arctique détermi-
neraient pour l’hémisphère boréal « la zone prati-
cable » à la transplantation industrielle.
Anvers — École de Commerce
Mais l’on sait que, soumises à de multiples
influences, les lignes isothermes s’écartent consi-
dérablement de directions parallèles à l’équateur.
D’où il résulte que la zone industriellement
« praticable » est en réalité encore plus restreinte
que l’on ne croirait tout d’abord.