ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 63 ûjjlGJi,S DE L’AVANT- PORT DARSE PROJETÉE foseDulue Canal maritime de munninini wp Bruges a Zeebrugge nnnnnniiiiinnnninnr 10 kilom DARSE PROJETÉE J3 DE ZEEBRUGGE jiEnminmiiiiiinnim^ jniniiîŒününr Profondeur 8^00 BASSIN ocvoLUTion/ g /V CHENAL EUai^S^ S' BASSIN D'ÈCHWME Port' DACCÈS BRUGES ET ZEEBRUGGE 1 DASSIN \ D'ÉVOLUTION si ..t-ws-^ OUEST BÀSS/N ^l --^3o-oo__^-r—'H BASS/N EST ^Profondeur 8%c ^rs Gant < Plan général du nouveau Port de Bruges Quel est le prophète qui eût osé, il y a quinze ans à peine, prédire que la Venise du Nord, alourdie par des siècles d’efforts stériles, se retrou- verait, au début du XXe siècle, reliée à la mer plus sûrement et plus largement qu’elle ne le fût au temps de sa plus entière splendeur? L’histoire nous remémore l’image de Bruges la riche, de Bruges la puissante, se mirant dans les eaux du Zwyn et accueillant jusqu’au cœur de la cité les flottes et les caravelles! Ce sont là souve- nirs lointains reproduits par de nombreux témoi- gnages; mais notre époque n’a pas suscité 1 admi- rateur patient qui reconstituera le monument intégral du passé de Bruges et rendra à l’antique Venise du Nord l’hommage que Louis Hymans et Genard ont rendu à Bruxelles et Anvers en décrivant leur histoire .1 travers les âges. Si Georges Rodenbach a largement popularisé le renom de Bruges, c’est avec le qualificatif de La Morte qu’il y a intéressé les esprits curieux ou énervés, et c’est par une œuvre de dépression morale que l’art littéraire a illustré la ville où les ingénieurs et les hommes d’action veulent ramener l’énergie assoupie et la vie intense du mouvement commercial et industriel. Non point que ces activités neuves puissent se superposer aux œuvres vénérables et aux monu- ments rongés par les âges. L œuvre de rénovation se sentirait mal à l’aise sous les gothiques cloche- tons ou les pignons espagnols qui foisonnent dans le vieux Bruges; et l’esprit artistique local ne pour- rait à son tour se prêter à une affectation nouvelle de ces souvenirs d’un passé qui reste ancré au cœur des Brugeois. L’avenir respectera le passé, et c’est en se juxta- posant que le centre du repos séculaire, jaloux de ses trésors anciens, et le noyau de l’activité nou- velle avide d’un essor non limité se compléteront l’un l’autre; Bruges bientôt ajoutera à sa couronne médiévale, faite de souvenirs, de monuments, de sommeil et de rêves, le fleuron plus moderne du travail, de l’industrie, du réveil et du progrès. Ce que fut Bruges au temps de sa splendeur commerciale, nul ne le pourrait dire avec quelque certitude, car la plupart des monuments aujour- d’hui existants sont postérieurs à l’époque de la grande activité maritime de la ville. Nous savons que dès le XIe siècle une popula- tion étrangère importante s’implanta dans la ville, y amenant, avec l’activité du trafic, l’opulence du succès, et cherchant à y maintenir la permanence d’un commerce qui ne succomba que sous les coups redoublés de la politique et des forces de la nature. On peut fixer vers iq35, sous le règne de Philippe le Bon, le point culminant de la situation prépondérante que Bruges avait acquise dans tout le nord-ouest de l’Europe. Elle était placée aux bords du Zwyn, sur l’un des bras de l’Escaut, en relation directe avec la mer; chez elle s’échan- geaient les produits du Levant avec ceux du Nord; Gênes, Venise, la France, l’Angleterre, les Anglais et les Français, comme les Hanséates du Nord s’y donnaient rendez-vous et s’y livraient à d’actifs et fructueux échanges. Mais le commerce exige, pour se développer ou pour se maintenir, le calme politique, la sécurité des organisations sociales en dehors même des conditions naturelles qui permettent à la naviga- tion de remonter dans les terres. Dès le XIVe siècle, le commerce souffrit des conditions politiques : les Flamands supportaient avec humeur la domination française, et les inci- dents souvent sanglants des démêlés entre seigneurs et sujets ou entre partisans, « Leliaerts » et « Clau- waerts », n’étaient point faits pour maintenir l’atmosphère sereine favorable au développement des affaires. Des émigrations se produisirent vers. Anvers, elles s’accentuèrent sous Philippe le Bon,, et presque seuls les Gênois restèrent fidèles à Bruges. Ces défections successives furent l’objet de- suppliques au souverain et en 1477 l’ordonnance du 25 mai enjoignit à ceux qui avaient émigré à Anvers de rentrer en Flandre. Cet appel impératif ne fut pas écouté, et les Bru- geois vexés songèrent à « embouteiller » Anvers