Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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des 1866 préconisé une communication directe de
Gand avec la mer en creusant le canal Heyst-Gand
pour remplacer le canal de Terneuzen. Son projet
repoussé à Gand, il présenta en 1877 l’idée d’une
liaison directe de Bruges avec la mer aux environs
de Heyst. Les Brugeois s’enthousiasmèrent pour
l’idée du baron de Maere, et, en gens avisés et pra-
tiques, ils fondèrent, en dehors de toute visée poli-
tique, le « Meeting Brugeois », qui groupa les
représentants des sociétés brugeoises; à sa tête tut
placé M. Gustave Van Nieuwenhuyse, l’un des
hommes les plus justement considérés et des mieux
qualifiés pour remplir cette importante mission.
L’Administration communale elle aussi, et a sa
tête son infatigable bourgmestre, M. le comte
Visart de Bocarmé, appuya énergiquement les
vœux de ses concitoyens. Dès lors commença la
grande bataille! Raillés par les uns, repoussés par
les autres, trouvant à peine de-ci de-là quelque
fragile appui, les Brugeois ne perdirent pas cou-
rage. Mais leur cause, s’il lui vint peu à peu des
sympathies, se heurtait à une bien grave objection.
la très grosse dépense qu’entraînerait la réalisa-
tion de leur projet était-elle bien justifiée par les
besoins ou les aspirations du commerce brugeois?
Les pouvoirs publics pouvaient-ils, pour la seule
utilité apparente d’une ville sans industrie, presque
sans commerce, sans « huiterland » a desservir,
affecter de nombreux millions à de gigantesques
travaux d’un port local? Le projet de Maere força
l’attention du gouvernement. Des 1878 une com-
mission fut constituée pour son examen : elle
constata que l’étonnante fixité séculaire des fonds
sous-marins justifiait le choix de l’emplacement
pour l’entrée du canal maritime de Bruges, mais
elle se prononça contre le dispositif de 1 entrée du
port préconisé par M. de Maere, et qui consistait
en une double jetée convergente analogue à celle
de Ymuiden.
La discussion technique se poursuivit et la téna-
cité des Brugeois ne désarma pas. L’habileté
qu’eurent les promoteurs de placer cette question
vitale au-dessus des partis eut l’heureuse consé-
quence que ceux-ci rivalisèrent d’ardeur. Il serait
trop long de rappeler les joutes parlementaires qui
se livrèrent autour de cette affaire. Ce fut en 1890
•que « Bruges-port de mer » prit une tournure
nouvelle. Depuis des années, le département des
Travaux publics, auquel présidait alors M. Léon
De Bruyn, avait envoyé au dehors ses ingénieurs,
trop astreints jusqu’alors à se confiner dans les
limites techniques et territoriales de la Belgique.
Avec MM. Bovie et Dufourny, ingénieurs en chef
des Ponts et chaussées, j’eus la bonne fortune de
visiter la plupart des ports d’Europe. Des idées
nouvelles et plus larges s’implantèrent. La trans-
formation de la navigation, le progrès des navires
à vapeur, les besoins des services réguliers, l'utilité
des ports côtiers se dessinaient et s’affirmaient, et
ce fut en cette année 1890 qu’au Sénat et devant
la Chambre des représentants, M. De Bruyn,
ministre des Travaux publics, et M. le comte de
Smet de Naeyer, l’ancien chef du Cabinet,
développèrent les considérations qui, au point de
vue des intérêts généraux du pays, pouvaient
rendre l’actualité à la question de Bruges-port de
mer, en faisant éclore la conception du port
d’escale placé sur la côte même à l’entrée du canal
maritime de Bruges.
Une fois lancée dans cette voie, la question
marcha rapidement; en mars 1891 une commis-
sion élabora le programme d’un concours interna-
tional pour recueillir des propositions de construc-
tion de nouveaux ports
Les projets furent déposés le 3o mars 1892, et
le dispositif élaboré par MM. les ingénieurs Louis
Coiseau et Jean Cousin fut adopté. Il reçut depuis
lors de notables extensions, qui, sans mettie en
cause son principe, lui ont donné une ampleur qui
est mieux en rapport avec les progrès de la navi-
gation et les besoins du trafic moderne. Une con-
vention du Ier juin 1894 Lit signée entre 1 État, la
ville de Bruges et MM. Louis Coiseau et Jean
Cousin pour la construction des ports et du canal
maritime. La loi du 11 septembre i8g5 approuva
cette convention, et moins de dix ans apres les
gigantesques travaux étaient assez avancés pour
permettre au premier steamer d’accoster aux nou-
veaux quais de Bruges.
Une fois de plus la Belgique aura réalisé une
conception qui passera à bon droit parmi les solu-
tions les plus audacieuses de l’art de l’ingénieur !
Et si dans le passé l’histoire a associé les noms des
souverains aux événements qui marquèrent 1 évo-
lution séculaire de Bruges, jamais elle ne rendra
justice plus complète qu’en plaçant au frontispice
du livre où s’inscriront les annales de Bruges res-
suscitée le nom de Léopold II.
*
* *
Le port de Zeebrugge est l’un des plus beaux
travaux d’ingénieur réalisés ces dernieres années.
Commencé en i8p5, il a été officiellement inau-
guré il y a deux ans.
Ce port est caractérisé par une jetée courbe de
2,487 mètres de développement, embrassant une
rade de i38 hectares de superficie; l’enracinement
de cette jetée est situé à 85o mètres à l’ouest de
l’axe du chenal d’accès à l’écluse maritime, son
musoir est distant de 1,100 mètres de la laisse
de basse mer.
Grue Titan