Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
LES GRANDES INDUSTRIES BELGES
'n
LES ATELIERS MÉTALLURGIQUES
S’il est une industrie belge qui peut tirer orgueil
de sa puissance de production c’est bien celle de
la construction du matériel de chemins de fer,
tramways, etc.
Dans le chiffre formidable que représente l’ex-
portation de nos charbons, de nos aciers et des
fabricats de nos ateliers 'de-Construction métallur-
gique, ces derniers entrent pour les deux tiers.
Cette supériorité matérielle s’explique par l’impor-
tance de nos grandes usines et.par la façon dont
leurs produits sont appréciés à l’étranger. L’armée*
des ouvriers métallurgistes constructeurs est aussi
la plus forte entre les différentes catégories de
travailleurs belges. Les deux cent vingt-trois fir-
mes qui constituent la fédération des constructeurs
de Belgique n’occupent pas moins de cinquante-
quatre mille ou-
vriers; et combien
y a-t-il encore d’ate-
liers ne faisant pas
partie de cet orga-
nisme qui groupe sur-
tout les grands éta-
blissements! La seule
évocation de quel-
ques-uns de ces der-
niers éveille dans
l’imagination le colos-
sal labeur accompli,
en Belgique, dans ces
ruches rougeoyantes
et résonnantes dont le
souvenir ne s’efface
pas,* même pour
l’étranger qui n’a fait
qu’entrevoir l’une de
nos régions indus-
trielles. Au hasard de
mes souvenirs, je cite
quelques firmes les
plus méritantes et
dont la Belgique in-
dustrielle s’honore :
La Société Cocke-
rill, à laquelle nous
avons consacré une
étude déjà; la Société
Aux Ateliers de Nivelles — La construction de wagons — La menuiserie
Les Ateliers Métal-
lurgiques; la Société
de Baume et Mar-
pent; la Société des Ateliers Nicaise et Delcuve; la
Société de Travaux Dylé et Bacalan ; la Franco-
Belge; les Usines Ragheno, à Malines; la Bru-
geoise; la Compagnie Centrale de Construction, à
Haine-Saint-Pierre; les Ateliers Germain, à Mon-
ceau-s/Sambre; les Ateliers de la Meuse, à Liége;
la Société Saint-Léonard; la Société Energie, à
Marcineile; les Ateliers du Thiriau, à La Croyère;
les Ateliers de Boussu ; les Usines Canon-Legrand;
la Société Carels, à Gand; etc., etc.
Devant limiter le cadre de mes observations, je
m’en suis tenu aux établissements qui construisent
spécialement le matériel roulant et fixe pour les
administrations ou Compagnies de chemins de fei-
et de tramways.
Nos constructeurs sont arrivés à un degré de per-
fectionnement extrême, et l’étranger, qui est leur
principal débouché, ne cache pas la haute et légi-
time valeur qu’il attribue au matériel de prove-
nance belge. Combien de fois, voyageant à l’étran-
ger dans les contrées même les plus lointaines, cer-
tains d’entre nous n’ont-ils vu, soit dans une voi-
ture de tramway, soit dans un compartiment de
chemin de fer, voire sur une locomotive, la pla-
quette : « Ateliers de ., Belgique ». Cela aura,
certes, rapproche nos compatriotes de la mère-., de 12 à 15 millions de francs.
patrie et ils auront ressenti un petit frisson patries - Les Ateliers de Tubize ont livré, depuis leur
tique. Cette supériorité de construction que nos
nationaux pqt acquise grâce à un travail raisonné
et persévérant m’a donné l’idée de monographier
les « Ateliers Métallurgiques », qui se consacrent
plus complètement encore que les autres firmes à
cette spécialité, puisqu’ils sont les seuls en
Belgique à construire (sauf les rails) tout ce qui
constitue le matériel fixe et roulant de chemins
de fer et de tramways, soit électriques, soit à
vapeur. o^
Les « Ateliers Métallurgiques » comportent
trois importantes usines bien distinctes et ayant
chacune leurs spécialités.
Les Ateliers de Tubize construisent des locomo-
tives à vapeur de toutes forces et de tous systèmes
les locomotives électriques, les chaudières, les
pièces de rechange, etc., etc.
Les Ateliers de Nivelles : les voitures, wagons
et fourgons pour chemins de fer et tramways à
traction animale, mécanique ou électrique, les
voitures des wagons-lits, les caisses d’autobus, les
trains de roues, centres de roues, essieux, pièces de
rechange, ressorts, etc., etc.
Les Ateliers de la Sambre, près de Charleroi :
les ponts, charpentes, wagons, wagons-citernes et
wagons spéciaux, plaques tournantes, grues, chan-
gements et croisements de voies, appareils de
manœuvre, signaux, tanks, boulons, rivets, pièces
de forge, etc., etc.
Ces trois groupes d’usines, qui forment les Ate-
liers Métallurgiques, ont été fondés respectivement
en 1854, i858 et iSSy. Ils occupent deux mille
ouvriers environ et leur production annuelle atteint
création, des locomotives qui circulent dans le
monde entier. Ils comptent parmi leurs plus fidèles
clients, outre l’Etat Belge et la .Société Nationale
des Chemins de fer vicinaux, la plupart des gran-
des Compagnies européennes ou d’outre-mer de
chemins de fer et de tramways, ,
Les Ateliers de Nivelles ne sont pas moins
« expansionistes », et depuis vingt ans ils ont exé-
cuté d’importantes
commandes de voi-
tures ou de wagons,
notamment pour les
Chemins de fer Wur-
tembergeois, Tram-
ways Electriques de
Paris, Chemins de
fer Paris-Lyon-Médi-
terranée, Paris-Or-
léans, Chemins de fer
de l’Etat Italien, la
Grèce, la Hollande,
la Russie, l’Espagne,
le Portugal et ses
colonies, la Chine, le
Brésil, la République
Argentine, les Iles
Philippines, le Con-
go, l’Egypte, le Da-
homey.
Comme activité et
comme production,
les Ateliers de la Sam-
bre ne le cèdent en
rien à ceux de Tubize
et de Nivelles. Je me
bornerai à citer ici
seulement, la place
me faisant défaut, la
construction du Ca-
sino de Nice, du’pont
de Boom sur le Rup-
pel, du magnifique
pont jeté sur la Meuse à Heusden (Hollande), etc.
De tels ouvrages d’art suffiraient à eux seuls à
établir la renommée de l’usine, mais, bien qu’une
telle nomenclature parle à l’esprit, évoque une
initiative commerciale sans cesse en éveil, une
organisation de travail formidable et un énorme-
labeur requérant une ingéniosité de tout instant et
une inlassable énergie, j’ai voulu, en « saint Tho-
mas », toucher du doigt, contempler plutôt —
c’est moins dangereux — la vie intense qui règne
dans un de ces domaines où les machines-outils,
créations les plus merveilleuses du génie moderne,
transforment l’inerte barre de fer ou d’acier en
ces mécaniques compliquées qui sont presque de
l’horlogerie. A ce propos, la visite des Ateliers
de Tubize s’indiquait tout particulièrement.
Voici la forge où le métal sortant du four est
saisi et martelé par de rudes et habiles ouvriers
spécialistes, qui lui donnent la forme de l’un ou de