Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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l’autre des mille organes d’une locomotive, forme
qui sera corrigée tant de fois par la suite... N’ai-je
pas compris qu’il est des pièces qui passent par
une centaine de mains avant d’être achevées?...
Mais, comme on s’en doute, c’est dans 1 usinage
des pièces que le progrès a apporté le plus de
transformations, et il faudrait un volume pour
décrire les opérations mécaniques que subissent la
plupart des organes d’une locomotive. Dans ce
domaine, où le « machinisme » semble être par-
venu à son maximum d’ingéniosité, les machines-
outils américaines règnent
de toute leur supériorité.
Pour peu ces machines
seraient trop parfaites, trop
« vivantes », accomplissant
en même temps tant d’opé-
rations que leur fonction-
nement est devenu extrême-
ment délicat. Et, cependant,
des perfectionnements con-
tinuels sont apportés à l’ou-
tillage. Les « Ateliers Métal-
lurgiques», sous ce rapport,
sont outillés d’une façon
absolument supérieure, et ne
reculent devant aucun sacri-
fice pour améliorer encore
et toujours ce moyen de
production par l’acquisition
des engins les plus mo-
dernes et les plus parfaits.
Les recherches ont amené
la découverte de « l’acier
rapide », résistant à de
grandes vitesses de coupe.
Les tours sur tourelles
armées de tant d’outils dif-
férents, les raboteuses, les
fraiseuses, les scies tran-
chant l’acier comme du bois,
bien d’autres appareils en-
core travaillent avec une
précision atteignant 2/iooes
de millimètre. Rien que
l’affûtage et les réparations
des pièces usées de ces
machines précieuses ont nécessité la création d’un
atelier spécial.
L’atelier moderne de construction « intellec-
tualisé » par les inventions de la science méca-
nique excite, à un point curieux, l’attachement
des ingénieurs qui en ont la direction, tout aussi
bien que celui des ouvriers qui y travaillent. C’est
sous cette impression que je passe à la division de
chaudronnerie, dont les produits semblent, par
comparaison, du bien gros œuvre. Et, cependant,
que de difficultés il y a, par exemple, à ployer
dans son galbe contrarié « la tôle de selle » d’une
locomotive! Ce tour de force de forge est
-accompli au marteau. Je faisais allusion à l’orga-
nisation du travail dans les Ateliers de Tubize. On
a la preuve de cette préoccupation notamment au
traçage des tôles, où chaque ouvrier décalque
maintenant d’après un plan. Les éléments de chau-
dières, d’abord dessinés, puis débités, sont calibrés
et enfin forés, le tout à l'aide d’outils pneuma-
tiques ou électriques. Ici le mécanisme réussit
gas
également à répondre de plus en plus aux deside-
rata des constructeurs qui ne se contentent pas
d’à peu près. Il existe, entre autres, des machines
à forer les corps cylindriques dont les mouvements
sont réglés automatiquement. Depuis quelques
années, il y a des « riveuses » ou « riveteuses »
hydrauliques faisant réaliser une économie de
temps considérable, tout en effectuant un travail
impeccable. Dans les moments de presse, que de
nuits ne fallait-il jadis passer à tarauder, perforer
et river! Mais je n’entrerai pas davantage dans
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Aux Ateliers de
Tubize — "L’outillage moderne
des détails, bien importants cependant, de la fabri-
cation des pièces constituant une locomotive.
Passons au montage. Deux brigades travaillent
ensemble dans cette division où, toujours, deux
machines sont en voie de parachèvement. Je vois
là, notamment, le châssis et le moteur d une puis-
sante locomotive type 32 Etat Belge pour train de
marchandises. Non loin, on procède au rivetage
de la chaudière.
J’ai parlé plus haut des perfectionnements de
l’outillage pour ce genre de travail. Que de trans-
formations aussi ont subi les locomotives durant
ces vingt dernières années! On sait que l’Adminis-
tration des Chemins de fer de l’Etat belge a fait
procéder à des applications du type anglais, dont
l’un des mérites est la plus grande production de
vapeur. Ce fut une révolution, car les locomotives
anglaises sont alimentées par des briquettes for-
niées de charbon demi-gras donnant une belle
flamme, tandis que jusqu’alors l’Etat Belge avait
utilisé du combustible maigre, nécessitant un
grand développement de grille; il fallut donc com-
plètement modifier les boites à feu; le foyer est, à
présent, plus étroit et plus profond.
Les Ateliers de Tubize construisent des locomo-
tives de tous types, depuis la petite machine des
Chemins de fer Vicinaux jusqu’au monstre de cent
tonnes. Nos ateliers de construction sont, du reste,
forcés de produire cette grande variété de types;
cela démontre leur souplesse de fabrication et les
connaissances techniques étendues de leurs diri-
geants. N’abuse-t-on pas même, me disais-je, en
entendant parler des exigences manifestées sou-
vent, de cette faculté extraordinaire? En Amé-
rique, pù l’on est plus pratique que dans notre
-vieille Europe, on s’en tient exclusivement à quel-
ques types d'usages différents; il est vrai que si
c’est plus commode; et plus profitable pour les
constructeurs, les. clients n’ont pas toujours lieu
de se féliciter de la durée de ces machines faites «à
la grosse ». Voilà un cas qui ne se produira
jamais pour les locomotives de « Tubize », toutes
exécutées, terminées, finies et bichonnées comme
s’il s’agissait d’un bijou de prix!
Telles sont les impressions que j’ai rapportées
de ma visite aux Ateliers de Tubize; elles font
honneur à l'industrie belge en général et aux
« Ateliers Métallurgiques » en particulier.
N’oublions pas quel’industrie belge ayant construit
la première locomotive qui roula sur le continent,
elle devait de ne point se laisser distancer.
Achille Chainaye.
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