ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

Søgning i bogen

Den bedste måde at søge i bogen er ved at downloade PDF'en og søge i den.

Derved får du fremhævet ordene visuelt direkte på billedet af siden.

Download PDF

Digitaliseret bog

Bogens tekst er maskinlæst, så der kan være en del fejl og mangler.

Side af 526 Forrige Næste
106 L’EXPOSITION DE BRUXELLES les secrets des ruines qui couvrent l’empire des shahs n’ont pas été révélés encore. Bien des tombeaux notamment, contemporains de celui de Cyrus à Pasargades et de l’hypogée de Darius LA FAÇADE DE LA SECTION PERSANE. à Persépolis, n’ont pas encore révélé tout ce qu’ils pourraient nous apprendre sur une his- toire, un art et des religions influencés de tous temps par les apports de l’étranger : que ces influences aient été hellénistiques, égyptiennes, babyloniennes ou phéniciennes. * * * Considérez les vieilles faïences rangées sur de longues étagères, dans un coin sombre où pé- nètre difficilement la lumière tamisée avec ava- rice par ces tissus bariolés et souples tendus en plafond sur à peu près toute la surface des bazars bien achalandés de la section. Par leurs formes peu variées, par leurs dessins rudimen- taires et leur coloris bleu-foncé sur un fond blanc un peu bleuté, ne semblent-elles pas emprunter un aspect de parenté avec nos Delfts occidentaux, malgré que nul rapport n’ait existé jamais, évi- demment, entre les artisans hollandais et ceux du Khorassan et du Faristan, dont même la terre dont ils se servaient n’a plus aujourd’hui, assure- t-on, d’analogue dans le pays ? Les châles de cachemire que nos mères portaient et qui, introduits en Europe au XVHIe siècle, furent longtemps leur parure élé- gante, nous en pouvons voir dans la Section d’admirables, vieux spécimens brodés à la soie, en sept ou huit tons, sur des tissus d’Asie d’une finesse sans seconde. Pouvons-nous nous empêcher de penser à nos Dinanderies, naguère au loin tant réputées, lorsque nous regardons les buires, les coffrets, les coupes, les boucles, les tasses, les manches de couteau, les anneaux de cuivre patiemment ciselés que nous offrent les vendeurs au teint mat, à la voix zézayante, coiffés du bonnet d’as- trakhan national ? Et voici les étoffes lourdes de soie brodées d’or et d’argent ; voici les vieux livres dont les pages enluminées, contemporaines parfois peut - être des quatrains voluptueux d’Omar Kheyyâm, tombent en poussière ; voici les mon- naies de métal précieux bien antérieures pus modernes iomans d’or et aux krans d'argent dont des spécimens, comme aussi ceux des timbres-poste et des banknotes de l’empile qui s’européanise, sont exposés aux regards ; voici des armes : cimeterres ébréchés, longs couteaux d’argent sortis à demi de leurs gaines enrichies de pierreries ; voici des pièces d’armures, cui- rasses, casques de fer, couvre-nuque en mailles, gantelets rouillés ; voici de .riches vestes de velours fané sur quoi l’or s’épaissit en brillants reliefs. Mais à côté de ce passé mort, vit l’actif, habile et pullulant négoce d’aujourd’hui. Mille bibelots, de ces riens qu’un peu de fil tordu, de mosaïque assemblée, de verres teintés, agencent gracieuse- ment ; des parfums ; des étoffes arachnéennes peintes avec pittoresque ; des améthystes et des turquoises peu coûteuses ; des écharpes dans la soie desquelles sont accrochées des perles ou des paillettes d’argent ; des napperons brodés de fils roses et bleus dessinant des arabesques ingénieuses et des fleurs rares ; des meubles de, bois sombre aux formes imprévues et patiem- ment ouvragés ; des plats et des vases de cuivre ; des lanternes qui prennent l’aspect d’animaux fantastiques, —■ tout cela s’entasse et se marie en une confusion pittoresque et disparate à la fois. Parmi ces étalages de bibelots, ces expositions d’objets de fantaisie et de luxe, ces pièces pré- cieuses ou ces habiles copies évoquant l’art disparu d’un peuple qui fut des plus grands et des plus riches d’entre tous ceux du monde, on est soudain étonné de découvrir, très petite, toute seule de son genre, une vitrine que gar- nissent les échantillons de tous les minerais recélés par les roches persanes. Avec les mon- naies, les timbres-poste et les billets de banque, 1 INAUGURATION DE LA SECTION PERSANE. ces menus fragments d’or, d’argent, de plomb, ces traces de mercure, de cuivre, de fer, d’an- timoine, d’arsenic et de soufre, ces morceaux de charbon, d’asbeste, de travertin, ces quelques roches ignées sont les seuls témoins de la ri- chesse commerciale et de la modernisation éco- nomique d’un pays que beaucoup de Belges sont allés doter de chemins de fer, de postes, de douanes et d’écoles. * * * Et puis, enfin, voici les mille tapis, les très vieux et les tout récents, ceux que le temps et l’usage ont fanés et usés, tandis que leur valeur n’en croissait pas moins, et ceux qui réjouissent l’œil par la fraîcheur éclatante de leurs cou- leurs savamment appariées. On se montre telle pièce unique tout en soie, de sept mètres carrés de surface, dont la con- fection a demandé six années de la vie de trois jeunes femmes de Chirâz et qui constituera un des lots de 50,000 francs de la Loterie de l’Exposition. On passe, religieusement, la paume de la main sur la douceur moelleuse des petits tapis de prière autour du clair centre en forme de portique desquels sont ti.sés, fil à fil, nœud par nœud, des attributs et des symboles cha- toyants. Ou bien du pied l’on foule d’épais tapis de laines sombres, des carpettes dont le labeur patient a usé combien de pauvres yeux de filles inlassablement penchées sur le mé.ier que nulle de nos plus merveilleuses mécaniques n’a pu supplanter jusqu’ici ! Au lendemain du jour où, en présence de M. Hubert, notre ministre du travail, S. E. Mahmoud khan, ministre de Perse à Bruxelles, inaugura solennellement la section, un grand journal allemand imprima que ce compartiment si artistiquement mis en valeur par les soins de MM. Goldzieher et Coetermans était le « coin privilégié » de l’Exposition. 11 m’a paru que l’éloge n’était pas excessif. Paul André.