ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 113 LA REINE MARY. LE PRINCE DE GALLES. GEORGE V. LA PARTICIPATION ANGLAISE Bien que l’idée première des expositions uni- verselles soit une idée française, conséquence nécessaire du succès qu’obtenaient, depuis 1798, les expositions nationales, c’est l’Angleterre qui organisa, en 1851, la première exposition uni- verselle. Elle eut un retentissement extraordi- naire et provoqua chez toutes les nations une émulation qui ne s’est pas éteinte. Depuis lors, il est vrai, la Grande-Bretagne, qui eut encore une exposition universelle en 1862, a cessé de jouer dans ce mouvement des expositions le premier rôle — elle n’a plus guère eu que des expositions partielles, comme l’exposition anglo- française en 1908 et l’exposition anglo-japo- naise qui est en ce moment ouverte à Londres, — mais dans toutes les grandes foires interna- tionales elle continue à oc- cuper une place des plus éminentes, non par l’étendue ou par l’éclat de sa partici- pation, mais par la logique d’une sage ordonnance, par une sorte d’élégance sobre où l’on trouve l’empreinte de l’antique puissance éco- nomique de la Grande-Bre- tagne. C’est le cas à Bru- xelles. On dirait que le peuple anglais, n’ayant plus besoin de chercher à illusionner l’univers sur la valeur de son industrie ou de son commerce, se contente, à chacun de ces « tournois pacifiques », pour employer le cliché usuel, de dire : « Nous sommes toujours là I Nous continuons à mériter de tenir, avec quelques au- tres nations, le premier rang dans la civilisation contem- poraine. » Peut-être y a-t-il là une de ces illusions commodes qui nous permettent de clas- ser nos idées, et de contenter le besoin que nous avons de mettre de la logique dans l’univers, mais il semble que chaque peuple ait son rôle dans l’histoire de la civilisation, que chaque peuple, en quelque domaine,' puisse servir aux autres de modèle. L’Angleterre enseigne au monde l’art de la politique, et ce juste équilibre de la puissance matérielle et de la puissance morale qui fait les peuples forts. En cet admi- rable morceau d’éloquence historique, qui sert d’introduction à son Histoire de l’Angleterre depuis l’avènement de Jacques II, Macaulay annonce, avec une fierté simple, qui est très anglaise et qui commande le respect : « Je dirai comment le nouveau régime (celui qui suivit la Révolution de 1688) fut, pendant LA SECTION ANGLAISE. — VUE GÉNÉRALE. de longues et orageuses années, défendu avec ’succès contre ses ennemis domestiques et ses ennemis étrangers ; comment, sous ce régime, s’établit un équilibre parfait entre l’autorité de la loi, la sécurité de la propriété et une liberté de discussion et d’action individuelles inconnue jusqu’alors ; comment sous les auspices de cette alliance entre l’ordre et la liberté s’épanouit une prospérité dont les annales des affaires humaines n’avaient pas encore fourni l’exemple; avec quelle rapidité notre pays, d’un état d’ignomi- nieux asservissement, s’éleva au rang d’arbitre des puissances européennes et vit grandir simul- tanément son opulence et sa gloire militaire ; comment, par une bonne foi sagace et opiniâtre s’établit graduellement un crédit public, source de merveilles que les hom- mes d’Etat de tous les âges antérieurs sans exception au- raient jugées impossibles ; comment un commerce gi- gantesque donna naissance à un pouvoir maritime tel que toute comparaison avec les autres pouvoirs maritimes anciens et modernes serait vaine et puérile ; comment, après des siècles d’inimitié, l’Ecosse fut enfin unie à l’Angleterre, non seulement par des liens légaux, mais par les liens indissolubles de l’intérêt et de l’affection; comment, en Amérique, les colonies anglaises devinrent rapidement plus puissantes et plus riches que les royau- mes que Cortès et Pizarre avaient ajoutés aux posses- sions de Charles-Quint ; et comment en Asie des aven- turiers anglais fondèrent un empire aussi splendide et même plus durable que celui d’Alexandre.