ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 131 L’ART A L’ÉCOLE Rien de ce qui touche à l’enfance ne nous laisse indifférents. De quelque point de vue que soient envisagées les multiples questions intéressant l’éducation du premier âge, parents et maîtres sont attentifs aux progrès et aux initiatives. Il n’est pas douteux que celui d’entre tous les congrès dont Bruxelles sera le siège cet été qui' se préoccupera de rechercher les moyens de rendre « l’école saine, aérée, rationnellement construite et meublée, attrayante et ornée ; de former le goût par le décor ; d’initier l’enfant à la beauté des lignes, des couleurs, des formes, des mouvements et des sons », — ce congrès- là aura le plus d’unanimes sympathies. ont pris à cœur de régénérer les modes d’édu- cation iniale, se trouve le souci exprimé de la sorte par M. Georges Lyon: « Il faut que la préoccupation d’art entre, pour s’y fixer, dans le programme de tout éducateur. » Sans prétendre évidemment faire de tout enfant un aspirant-artiste, nous devons aban- donner l’affectation trop fréquente de l’excès contraire qui consiste à afficher, avec un air de supériorité, un parfait mépris de l’art, de la culture esthétique, de la beauté plastique et de la nature. Le souci utilitaire, l’avenir positif ne peuvent évidemment être négligés ; mais les for- mules arides, les spectacles matériels seuls ne suffisent pas à meubler harmonieusement un dans le discours qu’il prononçait l’été dernier au congrès que la Société de l’art à l’école tenait à Nancy: « Il y a chez l’enfant une extraordi- naire puissance d’imagination ; cette faculté que les mauvais propos, les spectacles dégradants de la rue, l’imagerie obscène de certains étala- ges conduiraient trop facilement à des rêveries malsaines, vous vous en emparez, pour la diri- ger, l’entraîner vers des visions limpides, calmes et bienfaisantes...» * * M. Frantz Jourdain, un spécialiste de l’archi- tecture scolaire, qui a exposé notamment en Allemagne, au dernier Salon d’automne à Paris et présente à Bruxelles cette année des spéci- NOUVEAU MOBILIER SCOLAIRE. Il est le troisième du genre organisé par la Société nationale française de l’art à l’école, la- quelle compte en Belgique de nombreux adhé- rents recrutés dans le monde de l’art et de l’en- seignement. Par une délicate attention, M. Léon Riotor, Qui est la cheville ouvrière de cette association que préside M. le sénateur Maurice Couyba et que patronne le gouvernement de la République, a confié à quelques-uns de nos compatriotes le soin de l’organisation technique sur place de ces intéressantes assises. A la tête de ce comité se trouvent M. Coorman, directeur général de 1 enseignement primaire ; M. Alfred Mabille, directeur des Beaux-Arts de la ville de Bru- xelles et le signataire de cet article. Les questions mises à l’étude sont : i° l’archi- tecture scolaire ; 20 le mobilier ; 3° la décora- tion fixe de l’école ; 40 la décoration mobile ; 5° l’imagerie, les récompenses, les livres. Plusieurs de ces points seront traités, en outre, par la 3e section d’un autre congrès, celui de l'/l/f public. Cette section traite de la « culture physique » et plus spécialement de !< 1 emplacement des écoles » : architecture, dis- positif et aménagement des locaux, mobilier et décoration permanente ; hygiène artistique et esthétique de l’enseignement ; le dessin à la base des matières scolaires ; exercices physiques et manuels ; projections lumineuses, cinématogra- phie ; décoration temporaire des classes ; illus- tration des livres et des cahiers ; les devoirs ; les excursions et les jeux scolaires ; l’école dans la nature ; éducation artistique et profession- oelle ; moyens ; écoles professionnelles corpo- ratives ; brevets de maîtrise. A la base des préoccupations de tous ceux qui jeune cerveau, une mémoire en gestation. Il faut prendre garde de ne point atrophier la puissance d’émotion, c’est-à-dire de déformer les carac- tères. Il n’y a d’homme complet, on l’a souvent montré, que celui dont toutes les facultés se sont développées simultanément, en un parfait équi- libre. * * * Plusieurs fois déjà la Société de l’art à l’école a participé à des expositions. Nous la voyons figurer à nouveau, et de façon très importante, à Bruxelles en 1910, dans la section française de l’enseignement. Elle y montre son matériel scolaire : mobilier, planches murales, livres, etc. Elle présentera des plans et des modèles d’écoles et de classes types mariant le plus ingénieuse- ment et le plus fructueusement du monde l’hy- giène, l’utilité, l’agrément et le confort. Le but constant poursuivi par ces apôtres du rajeunissement des méthodes éducatives est d’accoutumer l’œil des élèves à contempler sur les murs des écoles, sur les cahiers et jusque sur les témoignages de satisfaction et les bons points des reproductions des grands maîtres, des scènes glorieuses de l'histoire nationale, des images symboliques, des représentations de la vie agreste, des paysages harmonieux. Ce n’est pas uniquement le goût de l’art que l’on incul- que de la sorte, mais on imprime dans l’esprit des enfants le goût des belles couleurs, des lignes pures, des altitudes sereines, c’est-à-dire l’aversion de tout ce qui est incohérent, violent ou grossier. M. Paul Gervais, directeur du cabinet du mi- nistre de l’instruction publique et des beaux- arts de France, le disait en excellents termes mens de classes modèles, a résumé comme suit les conditions que celles-ci doivent, selon lui, remplir. C’est à Stuttgard qu’il en a rencontré le type le mieux réalisé : Les murs d’un blanc ivoire enduits d’un humble crépis tyrolien ; de larges baies sans chambranles ; un auvent sup- porté par une fruste charpente ; des chevrons apparents donnant une forte saillie à la couver- ture aux tuiles roses ; des géraniums aux fenê- tres ; des plantes grimpantes, glycines, capu- cines, volubilis et pois de senteur, jetant sur la façade la féerie de leur éblouissant et radieux décor. A l’intérieur, des murs badigeonnés à la chaux d’un ton crème rompu ; arrondis au pla- fond et dans les angles ; des boiseries sans moulures, uniformément peintes d’un joli vert amande, ainsi que les tables et les bancs ; la chaire du maître placée dans un window penta- gonal, exhaussée d’une marche et entourée de fleurs champêtres plantées dans des pots de terre cuite unie ; d’amples rideaux de percale orange pour arrêter l’indiscrétion du soleil. Près du vestiaire une salle de douches revêtue de faïences claires et brillantes et, dans un réduit voisin, un vacuum pour se débarrasser chaque jour de la poussière et des microbes... * * * Nous n’avons peut-être pas cette école idéale à montrer aux congressistes qui visiteront, sous la direction de MM. Coorman et Mabille, quel- ques-uns des établissements modèles les plus récents de notre pays ; mais je crois que nos hôtes n’emporteront cependant pas un mauvais souvenir de ce que nous avons déjà réalisé dans la voie de la meilleure éducation esthétique pour laquelle ils combattent. Paul André.