ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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134 L’EXPOSITION DE BRUXELLES formant des cassures et des amas irréguliers au milieu de calcaires et de marnes, le plus souvent dans les terrains sénomaniens, quelquefois aussi dans les terrains sénomien, suessonien et aptien. Les minerais de cuivre, moins nombreux, se rencontrent en filons de pyrites cuivreuses, asso- LES VINS. ciées à de la blende et à de la galère, ou de cuivre gris. Dans le département d’Oran, on a trouvé dans la région d’Aïn-Sefra des couches de marnes, et de grès urgo-aptiens imprégnées d’a- zurite et de malachite ; quelques parties riches passent à la chalcosine, mais elles sont res- treintes. Les sulfures apparaissent d’ailleurs ra- pidement. Puis il y a les marbres. Les carrières de marbre ne sont pas nom- breuses en Algérie, mais du moins leurs produits sont réputés et ont toujours fait l’admiration des connaisseurs. Les plus belles carrières de marbre de cou- leur (onyx) se trouvent à Bou-Hanifia, à Kléber, à Tekbalet (près du Pont de l’Isser), à Sidi-Hamza (près de l’Oued Chouly), dans le département d’Oran ; à Aïn-Smara, à Aïn- M’lila, à El Madjen (près Oued Athménia) et au Filfila (près Philippeville), dans le départe- ment de Constantine ; enfin en Kabylie, au Bou Zegza. Tous ces onyx offrent une diversité de tons des plus riches et des plus chauds, du gris perle au rouge vif, en passant par le jaune, le vert, le bleu, le violet, le rose ; leurs dessins sont variés à l’infini et leur transparence, toute spé- ciale, les place en tête des plus beaux produits. Les magnifiques échantillons que la section algérienne présente, sont bien de nature à justi- fier cette réputation, déjà établie par la fourni- ture des marbres du grand escalier de l’Opéra, à Paris. Les progrès de la culture ne sont pas moins grands que ceux de l’industrie. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, l’Algérie a toujours été réputée pour sa produc- tion de céréales. C’est encore aujourd’hui la principale culture des trois départements algé- riens, qui produisent des céréales en quantités abondantes, exportées, en majeure partie, en France, en Angleterre et en Belgique. Les céréales sont cultivées par les Européens et par les indigènes. La culture européenne, tout à fait perfectionnée et toujours au courant des progrès agricoles, donne des produits de toute première qualité, par suite de la sélection des semences et de l’emploi des machines pour les battages. Les rendements sont aussi élevés, les résultats sont aussi beaux que ceux obtenus dans les meilleures contrées de la France et de l’étranger. La culture indigène, qui fournit une grosse part du rendement total, est plus routinière, donne un rendement moindre et des qualités moins belles à cause des labours peu profonds et du battage aux pieds des bêtes ou au rouleau. Elle tend cependant à se perfectionner et de nombreux indigènes, suivant l’exemple des colons français, emploient de plus en plus des semences sélectionnées et des machines agricoles modernes. La superficie ensemencée en 1909, en céréales de toutes sortes, s’est élevée à 2,635,661 hec- tares, dont le rendement a été de 22,263,424 quintaux métriques. Pour être les derniers en date, la culture et le commerce des primeurs n’en sont pas moins de- venus, en fort peu de temps, une des princi- pales branches de l’activité et de la richesse de 1’Algérie. La plupart des terres du littoral algérien se prêtent admirablement au développement des cultures maraîchères et fruitières et les condi- tions d’un climat extrêmement propice assurent à la production de la colonie une avance fort sensible sur celle de ses voisins. Les producteurs ont amélioré et améliorent constamment leurs procédés de culture pour satisfaire aux exigences du commerce et de la concurrence. Aussi à l’heure actuelle, les plus belles qualités peuvent-elles être fournies par l’Algérie dans des conditions de fraîcheur et de bonne conservation donnant toute satisfaction au consommateur. En 1890 l’Algérie n’exportait encore que 21,000 quintaux de pommes de terre et 26,000 quintaux de légumes frais ; les raisins de table ne donnaient lieu à aucun mouvement. En 1909 l’Algérie a exporté 144,000 quin- taux de pommes de terre, 186,000 quintaux de légumes frais, 90,000 quintaux de raisins de table. Le commerce des primeurs est alimenté prin- cipalement par les produits suivants : pommes de terre, légumes frais (artichauts, haricots verts, petits pois, tomates), fruits frais |(raisins de table et agrumes, oranges, mandarines et citrons). On peut se rendre compte au Pavillon algé- rien que l’industrie du tabac est une des plus prospères de l’Algérie. Le tabac a été de tout temps cultivé en Algé- rie ; avant les progrès de la viticulture, cette exploitation était peut-être, sinon la plus impor- tante, du moins la plus rémunératrice de la colonie. La faveur dont elle jouit encore auprès des colons des régions propices à la culture de cette plante, tient, en grande partie, aux achats considérables que la Régie métropolitaine effec- tue chaque année. En 1909 la superficie cultivée était de 12,009 hectares, produisant 124,569 quintaux de tabac. L’exportation du tabac en feuilles fut de 39,236 quintaux et celle des tabacs manufacturés de 13,811 quintaux. * * * Bref, le Pavillon algérien est un de ceux que tous doivent visiter, d’autant plus que s’y ajoute l’attrait de séances de projections des superbes photographies en couleur de M. Gervais Cour- telmont, qui évoquent les sites merveilleux et les vestiges de la belle architecture archaïque de ce beau pays du soleil et de lumière. Maints de nos compatriotes qui en sont deve- nus des villégiateurs habitués les reverront avec plaisir rendus dans leur couleur exacte et leur poésie enchanteresse. Les séances de projections ont lieu tous les après-midi. Elles sont entièrement gratuites. La direction du compartiment, très heureu- sement inspirée, a décidé de réserver la salle aux familles, sociétés, amateurs photographes qui en feront en temps utile la demande au se- crétaire du Pavillon algérien. Et, aux mille attraits que nous offre l’Exposition de Bruxelles, celui-ci ajoute un caractère nouveau et instructif et particulièrement captivant. Dans, son ensemble, le. Pavillon algérien est des plus intéressant, et il faut remercier et féli- citer ceux qui, de leur initiative, sans le concours d’aucune autorité, nous l’ont présenté si com- plet et si réussi. LES TAPIS.