Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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la claire forêt, tandis que Mlle Mathilde Van
Dyck, accompagnée par Mme Franck, la har-
piste-solo de la Monnaie, chantait d’une belle
voix la Chanson des Fées, de Vidal.
Ce fut pour tous un' spectacle inoubliable,
longuement acclamé, non moins que les maîtres
de céans, MM. Vaxelaire père et fils, dont la
simplicité et la bonne grâce furent le meilleur
charme de cette belle journée.
La tombola.
La Commission de la Tombola a commencé
l’achat des lots secondaires destinés aux sept
premières séries. Déjà un bon nombre d’acquisi-
tions ont été faites dans les sections étrangères,
comme l’attestent les étiquettes qu’on rencontre
de tous côtés.
Il y aura, pour les séries dont nous parlons,
7,000 de ces lots. Leur valeur totale sera de
1,190,000 francs. Un tirage spécial aura lieu
après l’Exposition pour les répartir entre les
gagnants.
Les billets de la huitième série sont en vente
et s’enlèvent rapidement dès à présent.
La fête de la rose.
Dimanche dernier, au début de l’après-midi,
le quartier de Bruxelles-Kermesse, pavoisé aux
couleurs belges et bavaroises, se fleurissait de
roses. Au centre de la place était suspendue
une énorme couronne de roses, d’où partaient
vers les maisons et les mâts des guirlandes
piquées de roses.
La balustrade qui se trouve devant le salon
de l’Esplanade du « Chien Vert » avait été
enlevée et la terrasse transformée en un élégant
bosquet de roses.
Le salon de l’Esplanade, où était dressée la
table de thé pour la Reine, était délicieusement
garni de roses, et des palmiers, des plantes, des
fleurs achevaient la décoration très réussie de la
place d’entrée.
A 3 h. 1/2, il a fallu interdire l’entrée du
quartier, afin de ménager un passage à la Reine
sous l’arc de triomphe.
Un quart d’heure après arrivait l’auto royale.
La Reine, en délicieuse toilette de satin blanc
recouverte d’un manteau de gaze noire, était
accompagnée de la comtesse van den Steen de
Jehay et du baron de Woelmont. Elle fut reçue
sous l’arc de triomphe par le duc d’Ursel, le
baron Janssen, M. Maurice Lemonnier, M.
F. Rotiers, président du conseil de Bruxelles-
Kermesse, qui offrit à la Souveraine un bouquet
de roses et d’orchidées, M. Bogaerts, adminis-
trateur-delegué, et M. Eugène Keym.
La foule fit à la Reine une ovation vibrante ;
les musiques jouaient la Brabançonne, couverte
par le bruit des vivats.
Sur la terrase du « Chien-Vert », sur celle
du Marché, aux fenêtres de l’étage de la maison
du conseil, les dames agitaient leurs mouchoirs,
et dans le lointain de la rue de la Senne, on
voyait des chapeaux et des mouchoirs saluant
de loin la Souveraine, qui jamais peut-être ne fut
acclamée avec plus d’enthousiasme.
Sur l’estrade, ayant comme fond le salon
de I Esplanade, merveilleusement fleuri, la Reine
Fît saluée par la baronne Janssen, et, immé-
diatement, défila le plus gracieux cortège qu’on
Puisse imaginer. Il était composé d’abord des
musiques du quartier, puis de deux cents enfants
des écoles communales de Bruxelles, fillettes
garçonnets de 11 à 13 ans, délicieusement
habillés de soie, de gaze, de velours, ayant tous
des perruques, blondes ou brunes. Bas et chaus-
sures étaient assortis aux costumes.
M. Victor Reding, l’organisateur de cette fête
idéalement jolie, avait composé un programme
exquis. On y vit la naissance de la Rose, un
groupe de néréides, la couleur des roses, les
nymphes, les épines, un épisode de la guerre
des deux Roses, les chevaliers de la maison
LA REINE À BRUXELLES-KERMESSE.
de Lancaster, et ceux de la maison d’York,
Henri Tudor et Elisabeth d’York, le duc de
Guise et Henri IV, des archers, l’ordre de la
Rose du Brésil, etc., etc.
Routes les couleurs tendres et éclatantes se
fondaient harmonieusement. Chaque groupe était
précédé de beaux cartels enrubannés et, sous
un dais d’étoffe d’or, apparurent Elisabeth
d’York et Henri Tudor précédés de seigneurs
et de dames de la cour et d’un mignon cardinal.
Le public les applaudit longuement. Quand tous
les enfants furent massés devant la tribune royale,
les choristes de la Monnaie, qui se trouvaient
sur une estrade fleurie, entonnèrent le chœur
des Roses de « Samson et Dalila », tandis que
toutes les petites roses, les seigneurs, les dames
de la cour, les bannières, les cartels s’inclinaient
devant la Souveraine.
Celle-ci voulut encore assister au défilé pen-
dant lequel la musique joua un morceau de
belle allure du baron Buffin.
La Reine fit appeler M. V. Reding qu’elle
félicita vivement, de même que M. Bogaerts,
l’administrateur-délégué, et se fit présenter
l’architecte, M. Van Ophem, qu’elle complimenta
sur la réussite de son œuvre, — le « Chien-
Vert » et ses- dépendances avec la ruelle —
regrettant de ne pas voir M. Jules Barbier,
malade, l’auteur des plans du quartier.
Puis la Souveraine alla prendre le thé dans
le salon de l’Esplanade, disant à tous le plaisir
qu’elle avait pris au défilé de ce joli cortège
et promettant à son retour de voyage d’aller
visiter le quartier.
Quand la Reine reparut sur l’estrade, les
acclamations éclatèrent et reprirent frénétique-
ment au moment où on la vit embrasser une
ravissante petite mulâtresse qui était venue lui
offrir une rose.
Des fleurs encore furent offertes par des habi-
tants du quartier à la Souveraine qui monta
en auto au bas de l’estrade, et partit dans un
tumulte de bravos et de cris enthousiastes.
L’Exterritorialité a l’Exposition.
Le Bullelin du Comité belge des Expositions
à l’étranger publie une intéressante consultation
juridique due à M. Aug. Braun, avocat à la
Cour d’appel, sur la question suivante: « Les
exposants étrangers, dans leur section, sont-ils
en droit de se considérer comme étant sur leur
territoire national ? » Voici la réponse de M.
Aug. Braun :
Vous nous avez demandé notre avis au sujet
des difficultés suggérées par un exposant français
à l’occasion de l’exécution, par l’huissier Charles,
de certaines décisions judiciaires.
L’opposition dont il s’agit est fondée sur ce fait
que les exposants français, dans leur section, de-
vaient être considérés comme étant sur le territoire
français ; que ce principe d’exterritorialité, doublé
de celui de l’immunité diplomatique, était de nature
à mettre obstacle à l’exécution des décisions rendues
par les tribunaux belges.
Cette objection, qui reproduit une vieille thèse
de droit aujourd’hui abandonnée, ne doit pas être
prise en considération.
Les tribunaux ont eu, à diverses reprises, à
s occuper de cette question et la portée en est
aujourd’hui bien définie.
En 1867 déjà, le tribunal de la Seine, saisi
d’une question identique par un exposant autrichien,
décida que les différentes parties du palais de
l’Exposition affectées aux produits étrangers
n avaient jamais cessé d’être soumises aux lois
françaises.
« L’exterritorialité, comme le dit un ouvrage récent,
n’est autre chose qu’une manière de qualifier le
privilège de l’inviolabilité des envoyés étrangers,
destiné à faciliter leurs missions. La notion de la
continuation du sol de la .mère-patrie est erronée.
» Les ambassades elles -même,s ne sont pas « terres
étrangères », elles sont soumises aux lois du pays.
» Le crime qui y serait commis serait réprimé
par la Justice locale. On peut donc affirmer d’une
manière absolue que, suivant le droit commun, les
lois civiles et pénales, les arrêts gouvernemen-
taux, les décisions de justice, sont applicables dans
l’enceinte des expositions. »
Le tribunal civil de la Seine (12 juin 1890
d’Astorg c/Levat) a décidé « que les produits
étrangers ne bénéficient d’aucune exterritorialité ;
qu’ils sont le gage commun des créanciers de
l’exposant et peuvent être l’objet d’une saisie-
exécution. » ■
Le jugement du 19 août, visé plus haut, a décidé :