Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
« Est valable la saisie opérée à une exposition
française d’une œuvre d’art contrefaite en pays
étranger, encore bien que, s’agissant d’une Expo-
sition universelle, les produits étrangers y auraient
été admis en transit. »
En effet, les différentes parties de l’Exposition
affectées aux produits étrangers n’ont jamais cessé
d’être soumises aux lois françaises et toute consta-
Lord Burgoyne, 2 ans, par Persimmon et Lady Burgoyne,
GAGNANT DU CRITÉRIUM D’OSTENDE, APPARTENANT A M. ED. BLANC.
tation relative à un fait considéré en France comme
délictueux y est valable.
Plus spécialement en ce qui concerne l’immunité
de l’agent administratif d’une puissance étrangère :
la cour de cassation a décidé (arrêt du 23 mai
1898 ' Heiyermans c/Tacco Mestag) que le repré-
sentant officiel d’un gouvernement étranger était
justiciable des tribunaux belges.
Enfin le règlement général de l’Exposition de
Bruxelles 1910 lève tout doute quant au caractère
des agents étrangers ; il suffit, en effet, de consulter
l’article 7, paragraphe 3, ainsi conçu:
« Les gouvernements étrangers ont reçu notifi-
cation de l’organisation de l’Exposition universelle
et internationale de Bruxelles. Ils ont été invités
à y prendre part et à s’y faire représenter officiel-
lement par des commissaires. Ces commissaires,
chargés de représenter leurs nationaux et de veiller
à leurs intérêts, traiteront à l’intervention du Com-
missaire-général du Gouvernement, avec le Comité
exécutif de la Société anonyme de l’Exposition,
pour toutes les questions relatives à la répartition
de l’espace réservé à leurs pays respectifs et du
mode d’installation de chaque section nationale. »
D’autre part, l’article 4 de' l’arrêté ministériel
du 2 novembre 1908, pris en exécution de l’arrêté
royal du 6 novembre 1908 (régime douanier), dis-
pose, article 4:
« Le commissaire de chaque section est respon-
sable des droits en cas de vols ou d’enlèvements
irréguliers des marchandises. »
Il est donc clair que le Gouvernement Belge ne
reconnaît pas le caractère diplomatique des commis-
saires étrangers. Ils ne peuvent jouir d’aucune
immunité.
En conséquence, nous sommes d’avis que tout
huissier ou officier, ministériel, en vertu d’un titre
‘'exécutoire régulier, peut instrumenter dans toutes
les sections de l’Exposition internationale de Bru-
Kelles.
*
Conférence de M. le professeur Charles üide.
M. Charles Gide, professeur à l’Université de
Paris, .a fait jeudi, au Palais des Fêtes, sous
les auspices du Groupe des Congrès et Confé-
rences, une conférence d'un vif intérêt sur « les
formes de la coopération ».
Après avoir déterminé la variété de ces for-
mes, il a marqué le désaccord qui, en fait,
existe souvent entre les diverses applications
d’un même principe économique et social.
Les préférences de M. Gide vont aux coope-
ratives de consommation. Il estime que le rôle
des petits commerçants est aujourd’hui dépassé,
sans que pour cela il faille entrevoir leur dis-
parition totale ; les statistiques démontrent, au
contraire, que leur nombre ne diminue pas.
Toutefois, il n’ira plus en augmentant et beau-
coup d’entre eux en sont réduits à des moyens
artificiels, tels que la vente à crédit et les tim-
bres-rabais, lorsqu’ils ne recourent pas à cer-
taines falsifications ou tromperies de poids et de
prix.
La coopérative de consommation représente,
au sens de M. Gide, un ordre économique su-
périeur. Le sort des classes moyennes n’est pas
strictement lié au sort des petits commerçants.
Bien au contraire, la coopération crée une nou-
velle classe moyenne: celle qui, grâce à la
réunion du capital et du travail dans les mêmes
mains, accuse des qualités d’ordre et d’écono-
mie et une certaine modération de désirs et de
tempérament. 11 en sera ainsi des coopérateurs
qui doivent, dit-il, former un nouveau tiers-
état où l’égoïsme et l’individualisme joueront
un rôle moins considérable.
Si les coopératives de production recueillent,
notamment en France, les faveurs des pouvoirs
publics plus que les coopératives de consomma-
tion, ori voit cependant que plusieurs d’entre
elles ont déjà été absorbées par les coopératives
de consommation qui les réduisent à des instru-
ments de subordination par le moyen du sala-
riat. Il faudrait, au contraire, que les sociétés
de consommation fournissent aux coopératives
de production le capital et la clientèle qui leur
manquent trop souvent. La coopérative de con-
sommation ne doit pas exercer une sorte d’im-
périalisme vis-à-vis des autres types, mais l’hé-
gémonie lui appartient.
Cette savante conférence a été présentée sous
une forme très attrayante par l’éminent pro-
fesseur. M. Carton de Wiart, président du
groupe des Congrès et Conférences, en lui sou-
haitant la bienvenue, avait rappelé ses travaux
d’économie politique à l’Université de Mont-
pellier d’abord, à l’Université de Paris ensuite,
et l’avait présenté comme le théoricien le plus
autorisé de la coopération.
M. Jean Dubois, directeur-général dé l’Office
du Travail et commissaire-général du groupe
d’économie sociale, a remercié ensuite M. Char-
les Gide en rendant hommage à ce que la coo-
pérative de production avait déjà pu réaliser
en France.
La conférence de M. Buysse.
La conférence de M. O. Buysse a clôturé la
série de celles que la ville de Bruxelles a orga-
nisées en juin et juillet, et dont le programme
général était de faire connaître l’enseignement
belge à tous les degrés.
L’intérêt qu’avait offert cette démonstration a
été souligné par M. Jacqmain, échevin de l’ins-
truction publique.
Après avoir revendiqué pour l’ouvrier le pre-
mier rôle dans la production industrielle, M.
Buysse a fait l’hisforique de notre enseignement
technique. Il l’a montré naissant et progressant
dans l’industrie même, à Liége dès 1825, à
Gand bientôt après, puis dans d’autres villes,
grandes ou petites, où l’activité ouvrière se
manifestait. A l’heure présente, il y a 40,000
élèves dans les écoles techniques, industrielles
et professionnelles des divers degrés, et ce serait
une proportion assez respectable si, en l’absence
de l’instruction obligatoire, les 9/ 1 ° de ces
élèves n’étaient obligés de sacrifier deux années
à apprendre ce que l’école primaire aurait dû
leur enseigner, et ce dans des conditions particu-
lièrement désavantageuses, le soir, après une
journée de fatigant labeur, dans des: locaux mal
appropriés, etc.
Le tableau que trace M. Buysse est plutôt
sombre. L’instabilité de ces écoles, qui n’ont
pas une organisation unitaire, dont pas une
seule n’est d’Etat, subsidiées, mais avec la me-
nace perpétuelle du retrait des subventions, mal
outillées, voilà le mal et ce qui enlève une
grande part de son efficacité à l’œuvre péda-
gogique que M. Buysse et ses collègues tendent
d’accomplir. Pourtant, le besoin d’ouvriers ins-
truits n’a jamais été aussi pressant ; ce n’est
plus simplement une élite, c’est l’universalité de
l’armée du travail que la concurrence inter-
nationale exige capable d’initiative et d’ardeur
individuelles. Déjà la grande et la moyenne
industrie se sont favorablement prononcées en
ce sens, l’opinion publique commence à s’émou-
voir, et il serait criminel d’entraver le mouve-
ment qui se dessine en faveur de la multipli-
cation de ces établissements. Le jour où tous
les ouvriers sauront lire et écrire à douze ans,
où ils seront astreints jusqu’à seize ou dix-sept
à une assidue fréquentation des écoles techni-
ques, ce jour-là nous aurons plus fait pour le
progrès économique qu’en bénéficiant d’une
prospérité de brillante apparence, mais dont les
lendemains sont loin d’être assurés.
Dans l’auditoire on remarquait, outre M.Jacq-
main, MM. A. Mabille, Carton de Wiart, Camille
Huysmans, Sluys, etc.