ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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248 L’EXPOSITION DE BRUXELLES LA PARTICIPATION SUISSE Tout effort, toute manifestation venant d’un pays tel que la Suisse doit, pour plusieurs rai- sons, retenir notre attention d’une façon toute spéciale. Nous sommes évidemment un peuple qui occupe une place à part et privilégiée dans le monde : il n’y a ni orgueil ni chauvinisme à le constater et à le dire. Un des derniers sous le rapport de la superficie, notre territoire arrive DANS LA SECTION SUISSE. — SANATORIUM ET en tête de liste dès qu’on énumère les den- sités de population, l’étendue relative des moyens de communication, l’importance du trafic com- mercial et, aujourd’hui, la puissance coloniale. Les vingt-huit cantons confédérés ne peuvent prétendre, sous ces quatre derniers rapports, supporter la comparaison avec nos neuf pro- vinces ; mais il n’est point illogique ni trop dis- proportionné de tenter, dans certains ordres d’idées, un parallèle entre les trois millions et demi d’Helvètes disséminés sur quarante mille kilomètres carrés de plateaux, de vallées et de montagnes et nos sept millions de Belges en- tassés sur trente mille kilomètres carrés de sol fertile et de cités rapprochées. Sans attaches aucune dans le passé ethnique ou politique, voilà deux races à qui cependant il faut reconnaître le partage de beaucoup de qualités foncières identiques. Voilà, plutôt, deux peuples constitués chacun par l’agglomérat de deux ou trois races distinctes : car, si l’endroit n’était peu propice à telle discussion, ne pour- rions-nous pas épiloguer abondamment sur l’existence ou la non-existence d’une « âme suisse » ou de trois âmes : germanique, gauloise et latine, tout comme ici nous rencontrons les partisans de 1’ « âme belge » et ceux de la trinité germanique, batave et gauloise ? Quoi qu’il en soit, personne ne niera que le Suisse, comme le Belge, est industrieux, résistant, travailleur, attaché à ses traditions, jalousement individualiste, épris de liberté, moins têtu que le Germain, moins insouciant que le Latin. C’est à ces causes d’instinctive sympathie et d’analogie secrète qu’il faut peut-être ratta- cher l’intérêt généralement pris par les nôtres à un compartiment de l’Exposition qui ne se signale, en somme, par aucune originalité immé- diate, aucune démonstration sensationnelle, au- cune exhibition tapageuse. * * * Deux choses frappent surtout le visiteur atten- tif qui parcourt l’espace restreint, mais habile- STATION CLIMATÉRIQUE POUR TUBERCULEUX. ment utilisé, de la participation suisse. Il appré- cie la multiplicité des efforts réalisés dans toutes les branches de l’activité moderne ; il apprécie le don merveilleux d’utilisation de toutes les ressources du progrès aux circonstances très spéciales du climat et de la topographie. Dès les premiers temps où les découvertes des savants de laboratoires eurent permis de for- muler les lois régissant les forces mystérieuses de l’électricité, c’est en Suisse que la pratique transforma immédiatement ces trouvailles abs- traites en applications industrielles. La présence des puissances motrices naturelles y fàisait la source de l’énergie aussi abondante qu’écono- mique. On ne s’étonne donc pas de trouver exposés nombre d’appareils de tous genres des- tinés à la production, au réglage, à la conduite, à la mesure, à l’utilisation du courant sous toutes ses formes. Les usines électriques et les fabriques d’instruments et de matières de Zurich et de quelques autres centres industriels réputés sont représentées par de remarquables envois. Il est tout à l’honneur d’un peuple de le voir, au surplus, se fournir et fournir largement l’étranger de produits manufacturés de la plus grande et neuve variété, quand dans le pays même ne se rencontrent pas les éléments initiaux indispensables, tels que la houille, les mine- rais, etc. Nous gageons que beaucoup ne s’atten- dent pas à découvrir des machines à coudre suisses, des automobiles suisses, des appareils perfectionnés de chirurgie, voire des travaux d’impression, de brochage, de clichage, de reliure dignes de rivaliser avec ceux des firmes les plus notoires. Attirons en passant l’attention sur la double influence qui s’atteste dans l’aspect des livres et des gravures placés sous nos yeux : l’art déco- ratif allemand et le français ont, à toute évi- dence, inspiré très diversement les auteurs des modèles. Ce coin des stands est aussi intéressant que significatif. Plus aisément explicable, plus traditionnelle est la multiplicité des exploitations des produits tout à fait locaux : le lait et ses dérivés. Les grandes chocolateries célèbres, les firmes con- nues des bonbons et des fromages, les maisons répandant par le monde entier les farines lac- tées nourricières, les pâtes, les biscuits ont édifié d’appétissantes architectures de boîtes et de pa- quets aux couleurs et aux devises familières. * * * Mais la Suisse, malgré tout, demeure le pays idéal du tourisme et de la villégiature. Dans une exposition universelle, moins que nulle part ailleurs, elle ne peut l’oublier ni nous le faire oublier. Alors que presque tous les stands sont occu- pés par des vitrines closes, des présentations d’objets qu’aucun vendeur, aucun employé ne garde et ne détaille au passant, un kiosque seul témoigne de l’active préoccupation de ren- seigner les curieux, de les retenir, de les édifier, de les intéresser : c’est celui de la propagande en faveur des voyages au beau pays des lacs bleus et des cimes neigeuses, des idéales sta- tions thermales, des non pareilles villégiatures montagnardes. Là s’étalent les affiches aux engageantes polychromies ; les grandes photos évoquant les sites de l’Oberland, du Valais ou des Grisons, les rives enchanteresses du Léman, du lac de Thoun, de Brienz ou des Quatre- Cantons ; les panoramas grandioses à travers lesquels sinuent ou grimpent les effarantes et quasi-diaboliques voies ferrées construites à grand renfort d’audacieux travaux d’art ; les vues d’hôtels vastes et opulents comme des palais qui couronnent des sommets qu’on eût pu croire inaccessibles. Cet office de renseignements pourvu de tous les horaires, cartes, plans, guides, itinéraires si bien faits pour rendre faciles plus qu’ailleurs les voyages en un pays géographi- quement plus difficile qu’aucun autre, synthétise admirablement l’essentielle aptitude à mettre en œuvre des ressources uniques. C’est dans cet ordre d’idées aussi qu’il faut ranger la cartographie excellemment mise en valeur par des spécimens éloquents et la fabri- cation des costumes et accessoires variés des sports hivernaux et alpestres. * * Enfin, l’horlogerie occupe une place à part et très en vedette au seuil de ce compartiment riche autant que modeste. Malgré la concur- rence acharnée que leur fait la production à vil prix des énormes manufactures américaines mo- dernes, La Chaux-de-Fonds, Saint-Imier, Ge- nève n’entendent rien perdre de leur réputation. Leur passé répond de leur avenir ; peuvent-elles laisser péricliter une industrie qui compta parmi ses artisans Jean-Jacques lui-même, de qui l’enfance pauvre se passa à limer des roues fragiles d’engrenage et à polir de fines lames de ressorts d’acier ? Paul André.