Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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LE GENIE CIVIL
Les embellissements des environs de Bruxelles
Le XIXe siècle aura été pour nous, Occiden-
taux, le siècle de la nature et il semble bien
que le XXe siècle commençant doivent voir s’ac-
centuer encore ce mouvement qui rapproche
de plus en plus l’homme moderne de 1’ « im-
mense vie des choses ».
Nos cités géantes ont pu se croire un moment
appelées à réaliser de monstrueux rêves de
pierre. Ce n’a été là pourtant qu’une erreur
passagère. Nos sciences, nos arts, nos jeux
mêmes, et jusqu’à l’éducation de nos enfants,
n’ont pas tardé à venir nous rappeler que la
vie humaine ne peut être complète, et, disons le
mot, féconde qu’à la condition que nous accor
dions à la nature la place prépondérante à la-
quelle elle a droit.
C’est pourquoi une ville de pierre, pour aussi
belle qu’elle soit, ne peut requérir maintenant
entièrement notre enthousiasme et nous paraître
vraiment belle et saine.
Il est nécessaire qu’elle joigne aux res-
sources du décor architectural la magnificence
des arbres et le charme de larges percées, si
précieuses au citadin pour l’air plus pur qu’il
y respire dans un lieu où la nature vient lui
apporter ses grands ciels découverts, ses fron-
daisons, ses verdures et ses eaux apaisantes.
S’il est difficile, sinon presque impossible par
suite des sacrifices trop coûteux que cette réa-
lisation entraînerait, de mettre le cœur même
de nos vieilles cités encombrées en concordance
avec les exigences modernes, il n’en va pas
de même pour les villes que l’on édifie à
l’heure présente, ni pour les extensions des
grands centres existants.
Aussi la tendance actuelle, chaque fois qu’une
de nos villes étend vers la campagne de nou-
velles avenues et de nouveaux quartiers, cou-
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Echelle 0?00I par mètre
le PARC DE WOLUWE
siste-t-elle à faire à la nature une part très
large, en utilisant, autant qu’on le peut, les
ressources du paysage travers^/Certes, les cons-
LE SQUARE MELLAERTS.
tructeurs de nos villes n’ont pas toujours été
aussi bien inspirés. Il suffit de regarder quelque
ancienne carte d’une région, bâtie actuellement,
pour se rendre immédiatement compte du maigre
parti qu’on a tiré, en maintes circonstances, de
ses accidents naturels.
C’est ainsi, par exemple, que si l’on examine
un plan de Bruxelles du XVIe siècle, on trouve,
de Schaerbeclc à l'abbaye de la
Cambre, un chapelet presque in-
interrompu de viviers, d’étangs,
de petits lacs alimentés par le
Maelbeek.
Si, comme le fait remarquer
M. Buis, au lieu de créer à
grands frais de déblais et de
remblais une avenue assez mo-
notone de la porte de Schaer-
beek au Bois, on avait profité
des dispositions du terrain, on
eut certainement réalisé une
promenade des plus pittores-
ques.
Qu’eut-il fallu pour cela ? Il
eut suffi de relier les étangs au
moyen d’avenues un peu plus
développées que le cadre trop
maigre de végétation conservé
autour des étangs d’Ixelles pour
conduire le piéton jusqu’au Bois
par un des plus admirables par-
cours qui se puissent imaginer.
Cette constatation, faite en
passant à propos de Bruxelles,
pourrait également s’imposer à
l’esprit pour toute autre ville.
Il serait du reste assez puéril
de s’y arrêter davantage.
Mieux vaut nous occuper un
instant de ce qui, dans ces der-
nières années, s’est créé dans le sens des idées
nouvelles autour de notre capitale.
Il est indiscutable que de grands progrès
ont été réalisés à ce point de vue.
Nous avons, en effet, su aménager autour
de Bruxelles une assez jolie ceinture de parcs,
d’étangs et d’avenues.
Nous avons maintenant le parc de Saint-
Gilles, celui de Laeken. Et le citadin, qui aime
la campagne, a aujourd'hui à sa disposition
d'admirables artères plantées et gazonnées qui
le conduisent en pleine nature.
Du côté de Laeken, c’est l’avenue de Meysse.
De l’autre côté de la ville, c’est l’avenue de
Tervueren. Là, du point culminant de l’avenue,
le promeneur peut embrasser le panorama de
la vallée de la Woluwe et de la forêt de
Soignes. Puis, laissant à sa droite le parc de
Woluwe et longeant le chapelet d’étangs qui,
dans la partie basse, constitue un des charmes
de cette région, le promeneur traverse la forêt
et aboutit au magistral parc de Tervueren. Au
cours de cette excursion, après le boulevard de
Grande-Ceinture et son rond-point traversé, le
voyageur aura rencontré l’avenue de Boitsfort
qui s’en va, en serpentant, dans la vallée de la
Woluwe, tout près de parcs, d’étangs, au milieu
de villas entourées de verdure.
Dans toute cette partie des environs de Bru-
xelles, c’est la tendance moderne qui s’est affir-
mée. Plus d’avenues rectilignes, aux profils ré-
guliers et monotones qui n’ont d’autre avantage
que d’enterrer le promeneur entre deux hideux
talus, ou bien lui font parcourir un immense
dos d’âne qui s’en vient obstruer le paysage.
Les avenues, au contraire, s’inclinent vers les
vallées dont elles respectent les courbes natu-
relles. Elles épousent les mouvements du sol
ou presque. Elles sont faites pour le paysage
et par lui. Elles sont filles de cet amour de la
nature qui, de plus en plus, malgré toutes les
apparences contraires, caractérise l’homme de
nos jours.