ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 249 LE GENIE CIVIL Les embellissements des environs de Bruxelles Le XIXe siècle aura été pour nous, Occiden- taux, le siècle de la nature et il semble bien que le XXe siècle commençant doivent voir s’ac- centuer encore ce mouvement qui rapproche de plus en plus l’homme moderne de 1’ « im- mense vie des choses ». Nos cités géantes ont pu se croire un moment appelées à réaliser de monstrueux rêves de pierre. Ce n’a été là pourtant qu’une erreur passagère. Nos sciences, nos arts, nos jeux mêmes, et jusqu’à l’éducation de nos enfants, n’ont pas tardé à venir nous rappeler que la vie humaine ne peut être complète, et, disons le mot, féconde qu’à la condition que nous accor dions à la nature la place prépondérante à la- quelle elle a droit. C’est pourquoi une ville de pierre, pour aussi belle qu’elle soit, ne peut requérir maintenant entièrement notre enthousiasme et nous paraître vraiment belle et saine. Il est nécessaire qu’elle joigne aux res- sources du décor architectural la magnificence des arbres et le charme de larges percées, si précieuses au citadin pour l’air plus pur qu’il y respire dans un lieu où la nature vient lui apporter ses grands ciels découverts, ses fron- daisons, ses verdures et ses eaux apaisantes. S’il est difficile, sinon presque impossible par suite des sacrifices trop coûteux que cette réa- lisation entraînerait, de mettre le cœur même de nos vieilles cités encombrées en concordance avec les exigences modernes, il n’en va pas de même pour les villes que l’on édifie à l’heure présente, ni pour les extensions des grands centres existants. Aussi la tendance actuelle, chaque fois qu’une de nos villes étend vers la campagne de nou- velles avenues et de nouveaux quartiers, cou- X; SE5 Eh PLRN D'EN? ÖNS IBLE Echelle 0?00I par mètre le PARC DE WOLUWE siste-t-elle à faire à la nature une part très large, en utilisant, autant qu’on le peut, les ressources du paysage travers^/Certes, les cons- LE SQUARE MELLAERTS. tructeurs de nos villes n’ont pas toujours été aussi bien inspirés. Il suffit de regarder quelque ancienne carte d’une région, bâtie actuellement, pour se rendre immédiatement compte du maigre parti qu’on a tiré, en maintes circonstances, de ses accidents naturels. C’est ainsi, par exemple, que si l’on examine un plan de Bruxelles du XVIe siècle, on trouve, de Schaerbeclc à l'abbaye de la Cambre, un chapelet presque in- interrompu de viviers, d’étangs, de petits lacs alimentés par le Maelbeek. Si, comme le fait remarquer M. Buis, au lieu de créer à grands frais de déblais et de remblais une avenue assez mo- notone de la porte de Schaer- beek au Bois, on avait profité des dispositions du terrain, on eut certainement réalisé une promenade des plus pittores- ques. Qu’eut-il fallu pour cela ? Il eut suffi de relier les étangs au moyen d’avenues un peu plus développées que le cadre trop maigre de végétation conservé autour des étangs d’Ixelles pour conduire le piéton jusqu’au Bois par un des plus admirables par- cours qui se puissent imaginer. Cette constatation, faite en passant à propos de Bruxelles, pourrait également s’imposer à l’esprit pour toute autre ville. Il serait du reste assez puéril de s’y arrêter davantage. Mieux vaut nous occuper un instant de ce qui, dans ces der- nières années, s’est créé dans le sens des idées nouvelles autour de notre capitale. Il est indiscutable que de grands progrès ont été réalisés à ce point de vue. Nous avons, en effet, su aménager autour de Bruxelles une assez jolie ceinture de parcs, d’étangs et d’avenues. Nous avons maintenant le parc de Saint- Gilles, celui de Laeken. Et le citadin, qui aime la campagne, a aujourd'hui à sa disposition d'admirables artères plantées et gazonnées qui le conduisent en pleine nature. Du côté de Laeken, c’est l’avenue de Meysse. De l’autre côté de la ville, c’est l’avenue de Tervueren. Là, du point culminant de l’avenue, le promeneur peut embrasser le panorama de la vallée de la Woluwe et de la forêt de Soignes. Puis, laissant à sa droite le parc de Woluwe et longeant le chapelet d’étangs qui, dans la partie basse, constitue un des charmes de cette région, le promeneur traverse la forêt et aboutit au magistral parc de Tervueren. Au cours de cette excursion, après le boulevard de Grande-Ceinture et son rond-point traversé, le voyageur aura rencontré l’avenue de Boitsfort qui s’en va, en serpentant, dans la vallée de la Woluwe, tout près de parcs, d’étangs, au milieu de villas entourées de verdure. Dans toute cette partie des environs de Bru- xelles, c’est la tendance moderne qui s’est affir- mée. Plus d’avenues rectilignes, aux profils ré- guliers et monotones qui n’ont d’autre avantage que d’enterrer le promeneur entre deux hideux talus, ou bien lui font parcourir un immense dos d’âne qui s’en vient obstruer le paysage. Les avenues, au contraire, s’inclinent vers les vallées dont elles respectent les courbes natu- relles. Elles épousent les mouvements du sol ou presque. Elles sont faites pour le paysage et par lui. Elles sont filles de cet amour de la nature qui, de plus en plus, malgré toutes les apparences contraires, caractérise l’homme de nos jours.