Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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LA SCULPTURE
Nous voici à peu près parvenu au terme de
notre excursion dans ce pays de splendeur dont
l’Art nous avait entr’ouvert les portes. Nous par-
lerons aujourd’hui de la sculpture, c’est-à-dire
d’une des plus admirables manifestations des
MIGUEL OSLÉ. — PÊCHEUR. — SECTION ESPAGNOLE.
arts plastiques, celle qui demande à la forme
sa beauté très pure.
Les œuvres de la statuaire sont nombreuses
à notre salon triennal. A elle seule, la Belgique
n’en a pas envoyé moins de 189. Et cependant,
il ne nous semble pas qu’une conception maî-
tresse s’impose. Certains artistes sont absents.
Nous ne voyons pas Rombeaux. Nous retrou-
vons, par contre, des groupes déjà exposés,
et dont nous eûmes l’occasion de dire la valeur :
le Vase (Bacchanale) de M. Godefroid Devreese,
les animaux de M. Jean Gaspar, le Monument
aux victimes du Navire-Ecole, de M. Charles
Samuel. Voici encore du même sculpteur la
sévère et grave Méditation. A quelques pas,
s’érige la Fontaine, du comte Jacques de La-
laing, dont on voit une reproduction au Sol-
bosch, dans le square de la ville de Gand. Deux
femmes nues encadrent une colonne d’où l’eau
s’épanche. Leur attitude est singulière. Il est
évident que, dans la pensée de l’artiste, chacun
des personnages puisait le liquide à la fontaine,
mais il semble bien pourtant que l’une des
jeunes femmes agite le bras d’une pompe, tandis
que l’autre se désaltère. Conception qui, de toute
évidence, perdrait de sa poésie.
Le Dernier baiser (légende d’Orphée), de
M. Paul Du Bois, est une œuvre délicieuse,
d’une inspiration pleine de grâce et de fraîcheur.
Les qualités de cet artiste s’y déploient avec
cette facilité abondante qui est une des carac-
téristiques de son talent.
Les Aveugles, de M. Guillaume Charlier,
constituent un groupe important qui de loin
attire l’attention. La conception est très belle.
Des aveugles, en troupe vagabonde, sont con-
duits par un jeune garçon. Leurs visages sont
erilpreints de la douceur douloureuse et grave
que doit donner aux hommes privés de la lu-
mière le recueillement de la vie intérieure. Ils
vont, mélancoliques et austères, comme de vi-
vants symboles de misère, vers le but inquiétant
que le destin leur a marqué.
Une impression de grâce nous est donnée
par une œuvre de M. Maurice Collard, la Rê-
verie, d’un sentiment tendre et délicat. M. Aloïs
De Beule imagine le Recueillement sous l’aspect
d’une jeune femme, vêtue à la façon du moyen
âge et coiffée de la cornette qui, encadrant le
visage de l’ornbre de ses ailes, fait mieux res-
plendir sa lumière.
On connaît le buste que le scupteur Jean De
Bremaecker fit du chanteur De Cléry dans le
rôle de François du Chemineau. Nous retrouvons
ici ce masque énergique, d’une si douce sérénité,
et nous nous arrêtons encore devant l'Eternel
féminin, où le même artiste répandit un charme
si précieux.
La Toilette, de M. Marnix d’Haveloose, est peut-
être l’œuvre la plus aimable du Salon. Il n’y a
guère de force et de vigueur dans ce groupe de
trois jeunes femmes occupées aux soins de leur
coquetterie, mais il y a tant de joliesse, tant de
jeunesse ! Un peu de mièvrerie ne nuit pas
à l’ensemble de ces figures et le charme qui s’en
dégage nous paraît prenant et tout à fait sédui-
sant.
M. Marcel Rau a deux bustes qui sont char-
mants et une allégorie du printemps qui ne l’est
pas moins. Nous aimons le joli mouvement,
l’envol plutôt, de ces deux personnages qui sym-
bolisent la saison nouvelle par leur jeunesse
spontanée et allègre.
Voici le rappel d’un artiste mort il y a peu
de temps, la Judith souveraine, de M. Emile
Namur ; le rappel d’un sculpteur vivant, un des
meilleurs, le Masque de Beethoven et la Tête
de l’Automne, de M. Victor Rousseau. Un autre
nom illustre, celui de M. Thomas Vinçotte, nous
est évoqué par le buste en marbre de M. Monte-
fiore. Nous passons devant l’impressionnante
Famine, de M. Jules Van Biesbroeck. Puis nous
revoyons, après l’avoir admirée déjà au Salon
de Pour l’Art, la gracieuse théorie dansante de
jeunes femmes portant des guirlandes de fleurs
que M. Philippe Wolfers dénomma si poétique-
ment l’Eternelle Idylle. Et dans cette note idéa-
liste, celle qui décidément prédomine parmi les
envois de nos sculpteurs, nous signalerons pour
finir la Jeunesse, de M. Emile Vloors.
Passons en France. Rodin est là avec un
admirable buste de Dalou. De loin il nous attire
par sa vérité, son humanité. Cette tête d’artiste,
qu’un autre artiste sculpta dans le marbre, con-
tient tout un monde de pensées et d’idées. On
la sent vivre surtout d’une vie extraordinaire. On
l’imagine s’animant subitement, prenant corps et
s’avançant vers nous, douée d’une existence et
d’une force à nulle autre égale, celle que Rodin
lui a prêté.
Plus loin, nous rencontrons une autre œuvre
de ce grand artiste, la Cariatide de la Porte
d’Enfer, c’est une de ces humanités torturées,
ramassées sur elles-mêmes, que le sculpteur se
plaît à imaginer, sorte d’exacerbation de la force
par laquelle se signale un talent débordant de
force créatrice.
Encore des noms connus : ceux de M. Albert
Bartholomé, l’auteur de ce chef-d’œuvre : A nos
morts, qui orne le cimetière du Père-Lachaise
à Paris. L’artiste revient avec une prédilection
marquée à l’inspiration qui le lui fit imaginer.
Sa conception est mélancolique et gracieuse.
Elle nous rappelle les morts aimés qu’il ne faut
pas craindre et que la séparation nous a rendu
plus chers. Elle s’attache à cette espérance que
les êtres qu’une affection lie ici bas se retrouvent
plus tard et que tout n’est pas fini lorsqu’est
retombé sur un cadavre la lourde pierre d un
sépulcre. Cela s’appelle l'Union dans l’au-delà,
et cela nous montre deux époux, deux fiancés
peut-être, unis après le trépas dans une même
ferveur passionnée.
Nous nous arrêtons encore devant une char-
mante Tête de femme et devant le Faune ivre de
M. Jean Injalbert, et c’est parce que le temps
nous presse et que tant d’œuvres encore nous
sollicitent, que nous passons un peu rapidement
‘devant la Pompéi, de M. Georges Loiseau Bailly,
joli symbole de la cité détruite réalisé par une
jeune femme pleurant auprès d’une colonne
antique ; devant la Danseuse, de M. Jacques
Perrin ; la Jeunesse, de M. Pierre Poisson, la
Nymphe à la Source, de M. Henri Levasseur ;
le Bain, de Jacques Loysel ; la Baigneuse, de
CHARLES SAMUEL. — MODÈLE EN PLATRE
POUR LE MONUMENT AUX VICTIMES DU NAVIRE ÉCOLE.