Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
253
A peine une exposition est-elle close que vous
vous préparez à participer à une autre, avec la
volonté bien arrêtée, je dirai plus: avec la certi-
tude de courir à une nouvelle victoire.
Messieurs,
La population parisienne a fait récemment au
Roi et à la Reine des Belges un accueil chaleureux.
Cette réception, ai-je besoin de le dire, n’a fait
que fortifier encore les sympathies dont votre pays
jouit parmi nous.
Aussi, est-ce du fond du cœur que je porte la
santé de l'homme éminent et respecté qui incarne
pour vous l’idée de la patrie.
Messieurs,
A M. le Président de la République !
M. Pinard, se faisant l’interprète des dix mille
exposants de la section française, remercie la
Belgique de l’accueil bienveillant qu’elle leur
a fait. Il fait ensuite l’éloge du ministre du
travail, de M. le baron Janssen et des directeurs-
généraux Keym et van der Burch.
S’il est vrai, dit -il en terminant, que tout homme
a deux patries: la sienne et celle qui répond le
plus à ses affinités; nous pouvons dire qu’après la
France c’est la Belgique que nous aimons le plus.
Je bois au succès de l’œuvre grandiose entreprise
par les Belges et à laquelle ils ont donné toute
leur âme.
Ce fut le baron Janssen qui prit ensuite la
parole :
A voir cette assemblée et presque cette multitude
de citoyens français réunis à l’heure même où sont
jugés les produits de la science, de l’industrie, de
l’art, du labeur et du sol de la France, dit-il,
j’éprouve la sensation de respirer ce soir l’atmo-
sphère si cordiale et si amie de votre pays, et la
salle des fêtes de l’Exposition de Bruxelles m’ap-
paraît tout à coup comme un prolongement improvisé
de votre souriante patriel<
Et, en effet, messieurs, n’avons-nous pas sous les
yeux des hommes qui représentent à peu près tous
les départements de votre beau pays de France,
toutes ces anciennes provinces qui, rapprochées
entre elles, au cours des siècles, par l’amitié des
hommes et l’assimilation des idiomes, ont fondé
ensemble cette noble et grande individualité histo-
rique qui s’appelle la nation française? <
Or, il n’est point de peuple, messieurs, qui donne
autant que le vôtre l’impression de la forte et
indestructible nationalité. On peut se tromper sur
l’origine de tel ou de tel étranger, il faut être bien
ignorant ou bien inattentif pour se méprendre sur la
qualité du citoyen français, et il est tout à fait
impossible de ne pas sentir battre le cœur de la
France dans une réunion de Français aussi nom-
breuse que celle à laquelle vous nous avez fait
l’honneur de nous convier.
C’est que par l’unité du caractère national, par
la configuration géographique, par la souveraine
clarté de la langue, par la lente accumulation des
souvenirs, par le libre gouvernement d’elle-même,
la France est, dans la plus complète acception du
terme, une patrie, une association formée et main-
tenue par la solidarité de la gloire et de la souf-
france, un être moral vivant d’une vie propre dans
la vie générale de l’humanité.
On ne se trompe pas, messieurs, à ces caractères
de votre nation, et j’ajoute qu’il faut être bien
indifférent ou bien étranger à l’histoire pour ne
les point respecter et pour ne les point aimer !
Je salue donc en vous la belle et noble nation
française, mais je salue aussi, au nom du comité
exécutif, ce que votre nation a apporté à l’Exposi-
tion de Bruxelles de puissance industrielle, de génie
inventif, de talent distingué et d’élégance souve-
raine.
Votre magnifique et captivante section a fait
apparaître aux yeux de tous les traditionnelles
qualités de votre race ; elle en a souligné les
incessants progrès ; elle a montré chez vous l’al-
liance féconde- de l’invention et de l’exécution, du
talent et du métier, de l’idée et de la mise en œuvre.
Elle a montré au monde attentif que vous avez su
conserver à cet admirable mot d’ « artisan » son
antique parfum et sa. saveur pénétrante.
Vous qui représentez ici le travail artiste, vous
avez témoigné du soin pieux avec lequel, entre vos
mains, se perpétue le goût français, ce goût tradi-
tionnel et ancestral, fait de simplicité, de mesure,
de proportion. Ah ! messieurs, ce goût-là, protégez-
le contre les recherches ambitieuses et les compli-
cations maniérées ! Laissez-lui sa droiture primitive
et son élégance naturelle, et si vous l’entendez
parfois calomnier ou méconnaître, n’en soyez point
inquiet: il finira toujours par triompher, car il
est une indestructible partie de votre héritage sécu-
laire et il a la force immanente de l’éternel beau !
BEAUX-ARTS. — L’ENTRÉE
DE LA SECTION FRANÇAISE.
Les produits de la France subissent en ce moment
le sévère examen des jurys.
Je ne crains pas pour vous le jugement de ceux
que leur expérience, leur savoir, leur autorité inves-
tissent du pouvoir de vous juger. Messieurs les
membres du jury s’inspireront de la sereine justice,
de cette justice dont l’antiquité disait déjà qu’elle
consiste dans la volonté ferme et constante de
rendre à chacun ce qui lui est dû, et, dès lors, je
ne doute point que la moisson de lauriers soit pour
vous abondante et glorieuse !
D’avance, je me réjouis de vos succès: je m’en
réjouis pour vous ; je m’en réjouis pour les hommes
de savoir, d’énergie et de méthode qui ont formé
à Bruxelles la superbe section française.
Et ayant bu à M. Chapsal, Dedet, Pinard,
M. Janssen ajoute :
Je vide mon verre à tous ceux qui ont fait si
belle, si séduisante, si triomphante la section fran-
çaise de l’Exposition de Bruxelles et spécialement
à vous, messieurs les membres du jury: vous êtes
investis de la plus haute des missions, en ce tour-
noi ; juges des camps, vous dispenserez aux vain-
queurs les trophées de gloire.
Et je me prends à regretter écharpes et bannières
des champs clos de jadis! La Belgique les eût
tissées de soie, les eût brodées des ors et des pier-
reries de sa reconnaissance.
A vous, messieurs les exposants, qui avez donné,
une fois de plus, la mesure de ce que la France
recèle de forces toujours prêtes et d’initiatives
toujours disposes!
A la France ! Au peuple français !
C’est M. Chapsal, commissaire-général, qui
clôt la série des toasts en buvant à la Belgique.
Les termes de son discours sont intéressants à
noter.
En participant, a-t-il dit, d’une façon aussi com-
plète à l’Exposition de Bruxelles, la France a
voulu faire une double manifestation.Elle a voulu mon-
trer d’une part la vitalité de la production française
et, de l’autre, témoigner de son amitié à la Bel-
gique. Le double objet que nous poursuivons a été
réalisé.
La section française fait apparaître toutes les
branches de l’activité de notre pays. Le visiteur
de notre section peut se mettre en contact avec
la source vive de la France. Nous avons voulu nous
mesurer sur tous les terrains avec nos rivaux. Je
remercie tous ceux qui ont permis l’accomplissement
de cette tâche ; les exposants sont venus à nous
et le gouvernement leur en sait gré.
L'Exposition de Bruxelles nous fera faire un pas
de plus dans la voie de l’activité intellectuelle et
matérielle et elle répandra sur le monde des germes
de progrès et de solidarité.
Je bois au travail et, ce faisant, je bois à la
Belgique.
Le Banquet Guatémaltèque.
Mardi soir, 2 août, M. Thiéry, commissaire-
général de la participation guatémaltèque, offrait,
à la Taverne Royale, le traditionnel banquet,
agrémenté de jolie musique.
Parmi les invités, MM. le ministre Hubert,
le général Cuvelier, Francotte, Ravené, président
de la commission allemande, de Escoriaza, com-
missaire-général de l’Espagne, Maurice Lemon-
nier, vice-président du comité exécutif, etc.
M. de Arcé, représentant le Guatémala auprès
du gouvernement belge, s'était fait excuser. En
son nom, M. Charlier, secrétaire-adjoint de la
section guatémaltèque, but un toast au Roi et
à la Reine. Puis M. Hubert, après avoir levé
son verre à M. Estrada Cabrera, président de
la République, fit l’éloge de la participation
guatémaltèque, de même que M. Lemonnier.
M. Thiéry, en un discours chaleureux, exposa
les ressources du Guatémala et ses progrès in-
cessants. Il exprima le regret que le marché des
cafés guatémaltèques fut à Hambourg plutôt qu’à
Anvers, alors que les cafés entrent en franchise
en Belgique, tandis qu’ils payent 50 francs par
100 kil. en Allemagne. Mais les Allemands ont
une ligne de navigation de Hambourg à Puerto-
Barios.
M. de Escoriaza, doyen des commissaires-
généraux, porta, en un toast « panlatin », la
santé du Guatémala et de M. Thiéry.