Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
fournitures de tous genres qu’appelleront dans nos
territoires africains la présence des Européens et
leur influence, les transformations que celles-ci apé-
reront en matière de transport, de culture, de tra-
vail, d’habitation, de vêtement, d’hygiène, etc., doi-
vent solliciter l’attention de nos industriels et de
nos négociants.
Les organisateurs du Congrès ont compris qu'il
M. RENKIN, MINISTRE DES COLONIES.
importe de faire connaître aux commerçants et aux
industriels belges les besoins de notre jeune colonie.
Sous l’empire de cette idée, ils se sont attachés
à l’organisation de ce Congrès, dont la session
préliminaire s’est tenue à Anvers, il y a un an.
Le gouvernement s’associe de tout cœur à cette
œuvre de vulgarisation et d’études. Il lui accorde
volontiers son patronage. (Applaudissements.)
Depuis le 1er juillet de cette année, le régime
économique du Congo belge est profondément modi-
fié. L’abandon de la récolte en régie des produits
du domaine dans une grande partie du territoire du
Congo belge est une étape importante dans la
transformation de la colonie.
Mais, pour l’accomplir, il ne suffit pas de l’action
législative ou administrative des pouvoirs publics.
Dans l’œuvre de la civilisation, l’industriel, l’agri-
culteur, l’artisan ont un rôle important à remplir.
Et la technique doit féconder leur initiative.
Il importe que l’outillage colonial réalise les
conditions que l’expérience a démontrées néces-
saires ou souhaitables.
Nos commerçants et nos industriels doivent faire
preuve d’initiative et s’entourer de renseignements
utiles que fournit abondamment l’expérience. Ils
s’instruisent ainsi des besoins réels des populations
indigènes et des nécessités qu’entraîne la mise en
exploitation raisonnée de la terre.
Tel est le but essentiel de ce Congrès. Il doit
mettre à profit l’expérience des coloniaux pour
donner aux commerçants les renseignements utiles
à l’extension de leur trafic, aux industriels les
indications qui les mettront à même de perfec-
tionner leur outillage, aux agronomes, artisans et
ouvriers, les connaissances nécessaires à leur forma-
tion coloniale. (Applaudissements.)
Parmi les progrès à réaliser immédiatement, nous
rangeons l’amélioration des moyens de transport
et la création de voies nouvelles. Les voies de
communication sont la base indispensable du pro-
grès économique. La nature a créé certaines voies
de communication. Elle a doté le Congo d’un réseau
navigable unique au monde.
Sa bonne utilisation exige le concours de la
science.
Il incombe au travail de l’homme de tracer les
routes et de créer les chemins de fer à voie large
ou étroite, qui faciliteront et multiplieront les trans-
ports, donneront au commerce du Congo tout l’es-
sort dont il est capable.
L’automobilisme, tant terrestre que naval, a résolu
de grands problèmes. 11 est probable que cer-
taines de ses applications, modifiées ou perfec-
tionnées, pourront être utilisées dans la colonie
belge.
Des exploitations agricoles seront fondées. Le
machinisme agricole qui supplée dans une certaine
mesure à l’insuffisance de la main-d’œuvre, tend à
pénétrer de plus en plus dans les pays civilisés. Il
faudra l’introduire au Congo. Mais pour que son
installation produise tous ses résultats, il importe
que les engins satisfassent à des conditions de
solidité, de réparation, de transport facile, de mise
en pratique aisée.
L’amélioration des conditions de la vie des blancs
et des indigènes, Je confort des installations, la lutte
contre l’influence déprimante du climat sont des
problèmes qui doivent préoccuper les savants et
les médecins, mais dont la solution dépend en
grande partie des progrès que réaliseront les indus-
tries du vêtement, de la construction, de l’alimen-
tation.
Toutes ces questions sont inscrites au programme
de nos différentes sections. Elles y seront sou-
mises à un examen approfondi. Le gouvernement
a l’assurance que vous leur donnerez des solutions
fécondes.
La Belgique, par des Congrès comme celui-ci,
prouve qu’elle possède les ressources morales et
matérielles nécessaires à l’accomplissement de la
tâche considérable qu’elle assuma en annexant l’Etat
Indépendant.
En prenant une place de plus en plus impor-
tante dans l’évolution économique coloniale, elle se
montrera digne de la haute mission que le génie
du roi Léopold II lui a réservée en Afrique. (Longs
applaudissements.)
M. le major Liebrechts, conseiller d’Etat ho-
noraire du Congo et président du Congrès, se
réjouit de la présence de M. le ministre des
colonies, puis il met en parallèle les richesses
énormes du Congo et les faibles moyens dont
les indigènes disposent pour les mettre en
valeur.
Quand l’indigène trouvera un milieu où il pourra
satisfaire ses goûts, où son existence matérielle
sera améliorée, son confort augmenté, ses aspira-
tions élargies, il s’y fixera et se pliera plus volon-
tiers aux exigences d’une vie plus civilisée. Quel
moyen plus efficace d’assurer cette évolution qu’en
mettant en son pouvoir des outils perfectionnés,
qui, à l’aide d’un effort moins laborieux lui donne-
ront plus de résultats effectifs ? (Applaudissements.)
Quel prodigieux stimulant que ce rendement maxi-
mum obtenu par le minimum de fatigue. La paresse
native du nègre cédera, si nous le voulons réso-
lument, devant nos efforts continus, intelligemment
conduits.
Le problème est vaste, il exige une étude appro-
fondie. N’oublions pas qu’un peuple colonisateur
en pays barbare surtout, doit avoir une compré-
hension élevée de ses devoirs envers ses protégés.
Il doit s’imposer de lourds sacrifices, sans les-
quels sa tâche ne peut s’accomplir. Au Congo, c’est
la vie entière de l’indigène, aussi sa mentalité qui
doivent être transformées, car c’est lui-même qui
doit être le principal artisan de la régénération
de son pays : nous ne pouvons que le diriger, l'aider
de nos conseils, de nos ressources. Mettons à sa
disposition les résultats de notre expérience, les
découvertes de nos industries, et enseignons-lui à
faire fructifier un sol dont on peut dire qu’il n’en
existe sous aucun ciel, de plus généreux, de mieux
partagé par la nature. (Applaudissements.)
M. Liebrechts insiste sur les ressources d’ave-
nir qu’offre l’agriculture au Congo. Puis il
montre les progrès réalisés dans l’outillage éco-
nomique de la colonie. Nous devons nous préoc-
cuper, poursuit-il, d’assurer le plus large bien-
être matériel aux Européens. Il rend hommage
aux premiers pionniers belges, qui sont morts
de privations au Congo.
Messieurs, votre présence dans cette salle, prouve
mieux que des considérations d’ordre divers que
vous avez compris l’importance des questions que
nous allons aborder. Vous appartenez à des bran-
ches très diverses de l’activité nationale: à l’ar-
mé?, aux administrations publiques, aux corps sa-
vants, à une élite enfin, et votre unanimité constitue
une manifestation éclatante en faveur de l’idée colo-
niale, dont vous avez compris toute l’importance,
comme aussi la lourde tâche que nous avons doré-
navant assumée en Afrique.
Messieurs, puisse ce Congrès produire les fruits
que nous en attendons, puisse-t-il contribuer au
relèvement matériel et moral de la race noire, et
apporter aux nôtres, artisans d’une œuvre qui doit
faire la Belgique plus belle et plus grande, le
stimulant dont ils ont besoin, c’est-à-dire la
croyance en la sympathie agissante de leurs com-
patriotes. (Vifs applaudissements.)
M. le capitaine-commandant Tielemans, secré-
taire-général du Congrès, fait ensuite l’histo-
rique du Congrès, rappelant les travaux de la
session préliminaire tenue à Anvers.
Le comité organisateur ayant remis sa démis-
sion, l'assemblée le charge de diriger les débats
du Congrès. (Applaudissements.)
M. Liebrechts propose d’envoyer au Roi l’ex-
pression du dévouement et de l’attachement des
membres du Congrès. (Applaudissements.)
Conférence du colonel Thys.
En présence d’un public extrêmement nom-
breux parmi lequel on remarquait MM. Le-
brechts, Buls, le commandant Dubreucq, De
Lannoy, directeur du chemin de fer des Grands
Lacs ; Prins et beaucoup de personnalités du
monde colonial, le colonel Thys a donné jeudi
après-midi une superbe conférence, au palais
des fêtes de l’Exposition, sur l’œuvre africaine
de Léopold II.
Le colonel Thys a rappelé qu’il avait com-
battu énergiquement l’instauration du régime du
travail forcé au Congo. « Mais, a-t-il observé,
je ne pense pas que mon loyalisme, ni mon
patriotisme aient jamais pu être mis en doute.
LA SORTIE DES CONGRESSISTES.