Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
271
» L’œuvre africaine consacrera à la gloire de
Léopold IL Le roi défunt portait en lui la mar-
que indéniable du génie..» (Longs applaudisse-
ments.)
Après avoir signalé les erreurs de l’ancien
régime, le colonel Thys conclut :
Il faut en revenir à la politique libérale, la
civilisation par le commerce. Jamais pays ne
fut plus favorable à l’application de ce système
généreux de colonisation.
Le Congo possédait, au moment de sa fon-
dation, d’immenses richesses faciles à exploiter :
l'ivoire, le caoutchouc, le copal. Les Européens
pouvaient facilement lier des relations commer-
ciales avec les indigènes, doucement, sans pres-
sion. Le programme esquissé lors de la fondation
de l’Etat et que l’on a malheureusement aban-
donné en 1891 est celui que nous devons re-
prendre.
L’Etat doit renoncer résolument à toute exploi-
tation directe et même à des exploitations en
régie, à moins d’impérieuses nécessités que rien
ne fait prévoir.
Il faut aussi que l’on abandonne le système
des grandes concessions. Cette politique devra
cependant se concilier avec les droits acquis :
on pourra trouver des solutions tenant compte
des intérêts de chacun. Plus de monopoles. Il
faut ouvrir largement la colonie à la libre-con-
currence et ne pas trop s’inquiéter de ses in-
convénients. Si les capitalistes européens en
souffrent, ils n’auront à s’en prendre qu’à eux-
mêmes. L’Etat ne leur doit que la sécurité.
Toute la législation doit être établie dans I in-
térêt des indigènes. Si une loi est mauvaise
pour les noirs, elle doit être rejetée impitoya-
blement.
La principale richesse, au Congo, c’est le
nègre. Sans lui, pas de main-d’œuvre possible,
pas d’entreprises à mener à bien.
La législation congolaise doit être simple. Le
Parlement doit conserver la direction de la
législation, mais il faut qu’on laisse une grande
initiative au gouvernement local. Si celui-ci est
bon et juste, s’il aime réellement les indigènes,
on fera de la bonne besogne. Il faut que l’on
s’attache à bien connaître le nègre et que l’on
ne se contente plus de cette appréciation de
surface : le nègre est un grand enfant. Il y a
des mœurs nègres, il y a des caractères nègres,
il y a une âme nègre, — comme il y a une âme
belge.
Du moment que nous légiférons pour les nè-
gres, c’est bien le moins que nous légiférions
pour eux.
Il ne suffit pas qu’une colonie ait de bonnes
lois. Il faut que ces lois soient bien appliquées.
Aussi nous devons donner tous nos soins au
bon recrutement du personnel africain, des agents
de l’Etat et des compagnies.
Le colonel Thys signale le danger de l’exagé-
ration du fonctionnarisme. L’ancienne adminis-
tration a toujours été maintenue dans de sages
mesures.
Le conférencier touche à la question des im-
pôts. Il faudra expliquer aux indigènes le prin-
cipe de l’impôt et ne pas se montrer trop rigou-
reux dans les premiers temps. Il ne faut pas
déterminer à présent les terres qui doivent être
occupées par les indigènes. On doit laisser aux
noirs la plus large occupation du sol.
Le colonel Thys appelle de tous ses vœux le
développement des voies de communication, la
diffusion de l’argent monnayé. Il faudra, dit-il,
améliorer la navigation sur le fleuve.
La construction des voies ferrées contournant
les chutes du fleuve sont en bonne voie.
Il importe que l’on travaille sans relâche à
poursuivre la création de chemins de fer vers
le sud du Katanga.
Nous devons concentrer tous nos efforts sur
la construction du chemin de fer des Grands-
Lacs et du tronçon Kinkoudja-Ruwé. Pour le
reste, attendons. N’entreprenons’ pas des tra-
vaux qui sont disproportionnés à notre tâche.
LA FÊTE DE GYMNASTIQUE.
Je sais que plusieurs des indications que j’ai
données n'ont rien d’inédit. Je sais aussi que
l’on.me reproche d’être trop théorique. Je sais
cependant que les idées que j’ai préconisées
sont en honneur dans beaucoup de milieux colo-
niaux et je félicite le gouvernement qui a pris
l’initiative de suivre une orientation nouvelle.
En créant le Congo, le roi Léopold a élargi
la patrie. Notre colonie nous aidera puissam-
ment dans l’avenir. Le Congo a contribué à nous
faire connaître l’étranger.
Le succès de l’Exposition de Bruxelles lui
revient pour une bonne part. Attachons-nous
à développer notre colonie avec énergie et pru-
dence.
Le roi Albert a prouvé, en se rendant au
Congo, l’intérêt qu’il porte à notre colonie. Son
voyage s’est fait avec une simplicité qui rend
hommage à l’élévation de son caractère. Il nous
a donné des preuves de la générosité de ses
vues et de la maturité de son jugement. Nous
saurons, sous sa direction intelligente, être à
la hauteur de notre tâche.
Cette conclusion a été accueillie par des ap-
plaudissements enthousiastes.
M. Carton de Wiart s’est fait l’interprète de
tous en félicitant le distingué conférencier.
La XXXIIe fête fédérale de gymnastique.
Les diverses fêtes organisées a 1 occasion de
la présence à Bruxelles de 7,000 gymnastes
belges et étrangers ont débuté samedi soir par
le cortège aux lumières.
Le cortège s’est formé boulevard de la Senne
d’où il s’est mis en marche à 9 heures, malgré
la pluie fine et pénétrante qui n’a cessé de
tomber.
Puis les gymnastes se sont dirigés, escortés
de soldats porteurs d’appareils lumineux en cel-
luloïd, par les boulevards du centre et les prin-
cipales rues de la capitale vers la Grand’Place.
Les groupes s’alignèrent au centre de la place
évacuée, tandis que les drapeaux, les étendards,
les fanions prenaient place au pied de l’escalier
des Lions.
Aux fenêtres des habitations de la Grand’-
Place s’allumèrent des feux de Bengale de toutes
couleurs.
Et, à un signal donné, les douze musiques
disséminées dans le cortège exécutèrent la Bra-
bançonne. Ce fut, dans le cadre merveilleux
de notre Grand’Place tout illuminée, un tableau
pittoresque et de belle allure.
Les délégués ont été reçus ensuite par M.
l’échevin Jacqmain en la salle gothique de l’hô-
tel de ville, où vinrent se grouper les drapeaux
aux jolies couleurs des nombreuses sociétés.
En l’absence de M. Max, M. Jacqmain sou-
haita la bienvenue aux gymnastes belges et étran-
gers. L’échevin de l’instruction publique a dit
quel intérêt la Ville porte à l’enseignement de
la gymnastique.
M. Malmendier, au nom des délégués, a re-
mercié l’hospitalière administration communale.
M. Cupérus a présenté ensuite MM. Cazallet,
qui conduit la députation française, et Moschini,
président de la Fédération italienne.
A l’issue de cette réception, le cortège s’est
reformé et a poursuivi son itinéraire.
Dimanche matin, c’est par un ciel serein
que les milliers de gymnastes participant à la
XXXIIe fête fédérale de gymnastique ont défilé
dans les rues de Bruxelles.
La formation du cortège s’est faite au bou-
levard de la Senne et au boulevard d’Anvers.
Dès 9 'heures du matin, les groupes commencent
à arriver, pour occuper les places qui leur ont
été indiquées. Ils se rangent derrière les dra-
peaux de leur société. Il en débouche de toutes
les rues avoisinantes, aux sons de joyeux pas-
redoublés.
Les commissaires, — il y en a un pour cha-
que société, et celles-ci sont au nombre de 212,
se multiplient aussi, et tout se pacse en bon
ordre et, à 10 heures, le signal du départ est
claironné.
L’Harmonie communale est en tête. Elle en-
tonne, au moment où le cortège s’ébranle, la
marche A'Entre-Sambre-et-Meuse.