ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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272 L’EXPOSITION DE BRUXELLES Le drapeau fédéral et les massiers suivent. Puis viennent les diverses sociétés, qui défilent pendant une demi-heure. Ce sont, en premier lieu, les délégués tchè- ques, représentant la Fédération des Sokols- tchèques de Prague. Ils sont vêtus d’un joli costume : veste rouge, recouverte d’un dolman. Puis ce sont les délégations allemandes, fran- çaises, anglaises, russes, italiennes, luxembour- geoises, monégastes, hollandaises et roumaines. Les sociétés belges ferment le cortège. Voici les représentants de la Société de gym- nastique de Tunis, tout de blanc habillés, le dos recouvert d’urt burnous de flanelle blanche, le béret basque sur la tête. Les gymnastes hollandais, jeunes gens et fil- lettes, forment de jolis groupes. Les costumes des gymnastes allemands, suisses et italiens ne sont pas moins curieux. Tout cela forme un ensemble très pittoresque et châtoyant de costumes éclatants de blancheur, sur lesquels tranche la sévérité des costumes sombres. Les drapeaux, les étendards, les fanions aux couleurs bariolées viennent ajouter une note gaie dans ce tableau, qui a vraiment fort grande allure. La tenue irréprochable, la grande correction et l’admirable discipline de tout ce monde ont très favorablement impressionné la foule énorme qui s’était massée sur tout le parcours du cor- tège. Celui-ci a suivi les boulevards du Centre, le Marché-aux-Herbes, la rue de la Madeleine, le Coudenberg, la place Royale et la rue de Namur, puis s’est rendu à la caserne des grenadiers, où une répétition générale des exercices d’en- semble a eu lieu. La dislocation a eu lieu ensuite. Ce cortège fut très réussi et parfaitement organisé, et il comptera parmi tous ceux qui ont défilé dans notre capitale. Dimanche après-midi, la fête fédérale a eu lieu à la plaine des Sports, où les gymnastes sont arrivés en cortège. Après le salut au drapeau, on a procédé à la remise du drapeau fédéral à la Fédération bruxelloise, puis ont commencé les exercices d’ensemble, exécutés avec une merveilleuse cohé- sion. Les sections de dames ont apporté à la fête l’appoint d’exercices infiniment gracieux. Après un défilé on ne peut mieux réglé, cette fête, qui a obtenu un très gros succès, s’est terminée vers 7 heures. Le soir, dans la salle des fêtes, 3,000 gym- nastes évoluaient idevant un public compact, lors- que la nouvelle de l’incendie y parvint. Aussitôt, on interrompit la fête et la foule s’écoula en bon ordre. Les opérations du Jury. Le duc d’Ursel, commissaire-général du gou- vernement belge, porte à la connaissance des commissaires-généraux des sections étrangères et des exposants tant belges qu’étrangers que les opérations du jury international des récom- penses sont continuées normalement. Les doubles des listes des récompenses, déposées au siège du commissariat-général du gouvernement, rue de Berlaimont, 12, sont à l’impression pour la publication ultérieure du palmarès. Faute de la remise d’une trentaine de listes des récompenses, les opérations des jurys de groupe ne pourront commencer qu’à la fin de ce mois ; les convocations nécessaires seront envoyées en temps utile aux commissaires-gé- néraux des sections étrangères et aux membres des jurys et groupes. Le jury supérieur pourra être réuni vers le 10 septembre et, dans ces conditions, les opé- rations générales du jury international des récompenses pourront être clôturées avant le 20 du même mois. Les bureaux du commissariat-général du gou- vernement sont installés provisoirement au palais des fêtes (entresol de l’aile droite). 200,000 francs pour I franc. Dans combien de ménages modestes ne dé- pense-t-on pas inutilement un franc, parfois en une seule journée : il y a tant d’occasions d’ou- vrir son porte-monnaie pour l’une ou l’autre bêtise dont on ne garde aucune satisfaction ! Pour ce même franc, cependant, l’on peut se procurer un billet de la Tombola de l’Expo- sition, un billet qui vous, fera participer aux chances du prochain tirage, un billet qui, peut- être, vous fera gagner un des lots, un des gros lots, et pourquoi pas le tout gros lot de 200,000 francs ? Quelqu’un le gagnera sûre- ment ; ce peut être vous aussi bien qu’un autre... On s’arrête à temps à l’idée de devenir riche, et l’on se dit qu’en tout cas les lots secon- daires sont nombreux, très nombreux, et qu’ils ont une valeur de 24 à 4,500 francs... Parmi l’argent qui roule et se gaspille, con- naissez-vous beaucoup de francs dépensés qui hantent autant le souvenir et qui donnent autant de satisfactions que le franc donné pour un billet de la Tombola ? Résurrection. De la Gazette: Il y a une chose qu’il faudrait dire aux étran- gers, qu’il faudrait leur dire très sérieusement, leur répéter avec persévérance. A première vue, elle paraîtra un peu paradoxale peut-être. Pour- tant, au fond, elle ne sera que l’expression de la vérité. C’est que si le feu a cruellement éprouvé un bon nombre d’exposants, il n’a pas diminué très sensiblement les attraits que l’Exposition pouvait offrir aux curieux venus à Bruxelles pour la visiter. Ne vous récriez pas et veuillez y ré- fléchir un instant. Mettons à part, bien entendu, la Section an- glaise. Sa destruction est une grande perte, nous l’avons dit et nous le répétons. Mais c’est de beaucoup la principale perte. C’est ce qui fait le grand trou dans l’ensemble. Il y a aussi la bijouterie française. Quelques vitrines charmantes ont disparu là. C’est grand dommage. Mais il s’agit d’une spécialité seu- lement. L’intérêt de la Section française, si riche et si variée, n’en est pas sensiblement atténuée : il y reste assez de choses à admirer. La destruction de l’Alimentation française, d’autre part, est une perte matérielle. On s’y extasiait, en passant, sur la multiplicité des pro- duits exquis de la culture du sol fertile de nos voisins. Il faut déplorer l’anéantissement de tant de bonnes choses, de tant de spécimens d’ali- ments et de liquides de choix. Mais enfin, si prestigieux que fût cet ensemble de bouteilles, il n’apparaît pas qu’on vînt beaucoup voir l’Ex- position pour l’examiner en détail. On passait, en se disant : — Que de flacons 1 On dégustait quelque chose à l’une ou l’autre des buvettes qui pourront aisément et prestement être réta- blies. Et l’on allait voir autre chose. Mais la Grande Galerie Belge, monsieur ? Sans doute, elle était magnifique ; et l’on est désolé en songeant aux millions qui se sont envolés là, en fumée. Mais peut-on dire que ses étalages aient dis- paru ? Non, parce que ces étalages n’étaient, en somme, que la reproduction de ceux de nos magasins bruxellois et qu’on y voyait peu de choses qui n’eussent leur équivalent dans nos rues passantes. Bruxelles est, par excellence, la ville des belles vitrines et des montres somptueuses. Le com- merce de luxe bruxellois avait fait de grands sacrifices pour figurer à l’Exposition, ce n’est pas contestable. Il avait voulu contribuer digne- ment à son éclat : et c’est dans la Grande Galerie qu’il avait concentré ses efforts. Mais ceux qui connaissent leur Bruxelles peuvent-ils dire qu’il leur y eût apporté beaucoup de révélations inat- tendues ? J’ai profité du beau temps, hier après-midi, pour faire un tour en ville. J’ai flâné par la rue Royale, la Montagne de la Cour, la rue de la Madeleine, le Marché-aux-Herbes, la rue des Fripiers et la rue Neuve ; je suis revenu par le boulevard du Nord et le boulevard Anspach, la rue de l’Ecuyer, la rue de Loxum... Je regardais avec émerveillement les vitrines splendides : bijoux, toilettes, tissus, objets d’art, fantaisies, ameublements, tapis, pâtisseries, ta- bagies... Et devant les richesses étalées, j’ai eu l’im- pression nette que les étalages de la Grande Galerie étaient encore là, que ses exposants n’avaient réuni au Solbosch que quelques échan- tillons choisis, sans doute, mais nullement uni- ques, des choses attrayantes et opulentes qu’ils offrent sans cesse aux désirs des allants et ve- nants ; bref, que les rues de Bruxelles sont une grande exposition permanente de luxe et d’élé- gance. Devant toutes ces vitrines, sur les trottoirs où l’on ne circulait qu’avec peine, il y avait la même cohue ébahie qu’aux plus beaux jours dans le dédale des allées de la Grande Galerie : et vraiment, les splendeurs de la Section belge n’étaient pas amoindries puisqu’elles subsistaient là tout entières. Le Phénix renaissait de ses cendres ! Et l’étranger, en faisant le petit tour de la ville, y pouvait retrouver à loisir tout ce que le feu avait détruit là-bas de la Section belge. Il faudrait lui faire entendre cela, à l’étranger, et lui dire : — Vous, au moins, vous n’aurez rien perdu et vous pouvez toujours venir : Bru- xelles et l'Exposition en valent la peine.