ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 273 PAVILLON DE LA VILLE DE BRUXELLES. LA PARTICIPATION DE LA VILLE DE BRUXELLES Un mot heureux d’Emile Verhaeren a carac- térisé un des grands phénomènes de notre époque. Nous sommes au temps des villes tenta- culaires. Partout, dans le nouveau comme dans le vieux monde, les grands centres urbains attirent automatiquement à eux toutes les forces d’un pays. 11 n’est rien qui n’y concoure, la centralisation administrative, aussi bien que le développement des institutions de crédit, les complications croissantes du travail intellectuel, nécessitant de grandes accumulations de docu- ments, aussi bien que le goût des théâtres et des plaisirs, le progrès industriel, autant que la ferveur démocratique, et il n’est pas jusqu’au développement des chemins de fer et de l’auto- mobile qui, permettant aux habitants des cam- pagnes et des petites villes de faire de la grande cité le centre ordinaire de leurs affaires et de leurs plaisirs, ne contribue à la mons-, trueuse prospérité des capitales. Il y a cinquante ans, il y avait à Wavre, à Nivelles ou à Louvain beaucoup de gens qui n’avaient été à Bruxelles qu’une fois dans leur vie ou même qui n’y avaient pas été Bu tout. Aujourd’hui, les Gantois, les Liégeois, les Montois y viennent en grand nom- bre, deux ou trois fois par semaine pour voir un client, pour dîner avec un ami, pour aller au théâtre. Cela peut présenter de graves dan- gers. Dans ces centres congestionnés comme Paris, Berlin, Londres ou New-York, où des millions de vies humaines s’entassent littérale- ment les unes sur les autres, les grandes mala- dies sociales, l’alcoolisme, le paupérisme, la tu- berculose, le ferment révolutionnaire, se déve- loppent avec une incroyable rapidité. Mais, par contre, c’est aussi dans ces grandes cités où toutes les manifestations de la vie sont mer- veilleusement intenses, que la pensée, la culture, la science, se développent avec le plus de force et de grandeur. D’autre part, c’est là que l’ingé- niosité humaine fait ses merveilles et lutte avec le plus de succès contre les fléaux que l’intensité même de la civilisation urbaine a engendré. Aussi, l’administration des grandes villes est- elle devenue aussi compliquée, aussi délicate que celle d’un état, plus compliquée même à certains égards, parce qu’elle reste forcément dans la dépendance de l’Etat qui ne laisse pas du reste que de manifester à son endroit une certaine méfiance. C’est cette méfiance qui a fait donner à Paris, par exemple, une organisation spéciale qui rend sa tutelle plus sévère que celle des autres communes de France. Aussi les grandes villes, au point de vue administratif, ont-elles souvent montré l’exemple aux Etats les plus or- gueilleux. C’est ce qui donne tant d’intérêt à leur participation aux expositions universelles. Certes, leurs pavillons n’ont pas toujours cet éclat, ce pittoresque qui séduit le gros des visi- teurs, mais, pour qui sait regarder, ils enseignent avec une véritable éloquence ce que peut l’effort collectif. Bruxelles, sous ce rapport, ne le cède à aucune autre ville, et quand on songe au terri- toire restreint qu’elle occupe au milieu de sa ceinture de faubourgs, au petit nombre de ses habitants et aux charges que lui impose son rôle de capitale, on reste confondu des progrès qu’elle a accomplis dans tous les services publics qui lui incombent : police, voirie, travaux pu- blics, instruction publique, bienfaisance, régies communales. Fort bien logés dans une charmante cons- truction du style flamand du XVIIe siècle, les divers services de la ville de Bruxelles ont rnis leur légitime ambition à montrer les perfection- nements incessants qu’ils ont apporté à l’exercice de leur fonction. Dès l’entrée, deux salons sollicitent le visiteur. A droite, c’est le salon d’honneur lambrissé de chêne par les élèves de l’école de menuiserie et orné de quatre admirables panneaux brodés par Mme de Rudder : le Printemps, l’Eté, l’Au- tomne et l'Hiver. A gauche, ce sont les souvenirs du Vieux-Bruxelles : vestiges d’anciennes de- meures aujourd’hui démolies, pièces d’archives, aquarelles ou tableaux représentant certains as- pects de la ville d’autrefois. Mais si Bruxelles a un très beau passé, dont quelques souvenirs émouvants demeurent, il a un présent fort hono- rable et un plus bel avenir. C’est au présent et à l’avenir que sont consacrées les grandes salles du pavillon. Chacun des grands services publics a son compartiment. La police montre, par des aqua- relles, quelles furent les transformations, ou, si vous voulez, l’évolution de l’uniforme de ses agents ; la bienfaisance établit, par des tableaux statistiques et d’intéressants graphiques, les fluc- tuations et les progrès de l’administration chari- table et compare éloquemment la situation de Bruxelles et des autres grandes villes du pays. Un examen attentif de ce stand permet de me- surer l’intensité de l’effort accompli dans la capitale belge pour lutter contre le paupérisme, la tuberculose et les autres grandes maladies sociales. On l’a dit si souvent que c’est devenu un truisme dont on sourit : la première de celles-ci c’est l’ignorance. Aussi, un des plus grands soucis de la ville de Bruxelles, depuis soixante ans, a-t-il été le développement de ses écoles. Elle a fait dans ce but d’énormes sacrifices qui n’ont pas été inutiles. L’organisation scolaire de la ville de Bruxelles est considérée comme un modèle, et ses imperfections n’ont pour ori- gine que l’organisation générale de l’enseigne- ment en Belgique. Le souci de l’administration communale bruxelloise ne se borne pas à l’en- seignement primaire et à l’enseignement moyen des jeunes gens. A une époque où l’instruction féminine était encore extrêmement négligée pres- que partout, la ville de Bruxelles ouvrait deux établissements d’enseignement supérieur pour jeunes filles, véritables lycées donnant à leurs élèves une instruction moyenne complète et leur permettant non seulement de se consacrer à l’enseignement, mais aussi d’accéder aux études supérieures. D’autre part, elle se préoccupait également de l’enseignement technique. A côté de la vieille académie des Beaux-Arts qui a formé tant d’artistes de valeur, elle a fondé