Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
des écoles professionnelles pour les deux sexes :
écoles de couture, de modes, d’art industriel,
écoles de menuiserie, d’horlogerie, de reliure,
que d’autres encore 1
Les travaux de ces établissements sont exposés
au Solbosch dans le pavillon de la ville et dans
cette exposition on a moins cherché à étonner le
visiteur par la perfection technique des objets
exposés — ce qui est toujours facile en choi-
sissant dans chaque classe le chef-d’œuvre ex-
ceptionnel de l’élève d’élite — qu’à le mettre
au courant des méthodes employées.
C’est ce qui donne au pavillon de la ville
un intérêt tout spécial au point de vue de la
pédagogie technique. Mais les travaux publics
ne sont pas moins intéressants. Un Bruxellois
qui reviendrait dans sa ville natale après vingt
ans d’absence ne la reconnaîtrait point. Depuis
les grands travaux auxquels le bourgmestre Ans-
pach a attaché son nom, depuis le voûtement
de la Senne et le percement des boulevards du
Centre, la ville n’a cessé de se transformer.
Si, d’une part, elle rendait à sa Grand’Place sa
valeur exceptionnelle de bijou archéologique, elle
se modernisait d’un autre côté par de larges
percées, des dégagements heureux, des créations
grandioses dignes d’Haussmann. Le seul re-
proche qu’on pourrait à la rigueur adresser à
l’administration, ce serait d’avoir commencé trop
de travaux à la fois, et peut-être de n’avoir
pas toujours montré le souci du pittoresque
émouvant ou amusant que l’on trouvait dans les
vieux quartiers. Mais, sous ce rapport, on ne
peut guère opposer aux raisons des ingénieurs
que des raisons de sentiment qui varient selon
les individus : une ville ne peut vivre sans se
transformer, et Bruxelles vit avec intensité. Aussi
les travaux en cours seront-ils suivis d’autres
travaux, et le pavillon de la ville à l’Exposition
comporte quantité de maquettes et de plans
extrêmement intéressants. Il y a notamment un
projet de dégagement du Palais de Justice vers
la rue Haute et la rue Blaes qui feraient de ce
vieux quartier populaire un coin de ville vrai-
ment monumental. Malheureusement, dira-t-on,
l’exécution de |Ce beau projet aurait pour premier
effet d’exiler encore loin de la capitale quelques
milliers de familles ouvrières.
Cette question des logements ouvriers est,
dans une ville comme Bruxelles, resserrée entre
ses faubourgs et contrainte par sa situation de
capitale même à de grands travaux de luxe,
un des plus graves problèmes contemporains.
Il n’a peut-être pas reçu encore de solution
définitive, mais, du moins, il a été sérieusement
envisagé, et l’on trouve dans le pavillon du
Solbosch une maquette fort bien exécutée d’un
PAVILLON DE LA VILLE DE BRUXELLES.
groupe de maisons de rapport destinées à des
logements ouvriers à bon marché. Ces maisons,
assurément, n’ont pas le charme intime et riant
des cottages de Port-Sunlight ; ce sont de vraies
maisons de ville, de grandes casernes où l’on
pourra caser des centaines de ménages dans
la promiscuité forcée du « carré », de l’étage ;
mais tant qu’on voudra construire des logements
à bon marché dans le centre des grandes villes,
on devra bien se résoudre à cette forme de
l'habitation en commun.
Au reste, si' les appartements des nouvelles
maisons de rapport ne valent pas les cottages
de Port-Sunlight et autres lieux, ils sont, du
moins, bien supérieurs aux infâmes taudis dont
se contentent encore forcément un si grand
nombre de nos concitoyens, et l’effort que fait
l’administration bruxelloise pour donner des
logements salubres aux citoyens les plus pauvres
est vraiment digne de tous les éloges. Au reste,
X
s’il serait absurde de dire que les grandes villes
sont en train de résoudre tous les problèmes
sociaux qui sollicitent notre temps, du moins
remarquera-t-on que c’est là qu’on a le plus
sérieusement travaillé à leur juste solution. Et
ce spectacle est un de ceux qui inspirent le
plus de confiance dans l'avenir des sociétés
humaines. Il montre que là où le développement
de la vie collective engendre le plus de maux
se trouvent aussi les plus ingénieux remèdes.
L. Dumont-Wilden.
LE LABORATOIRE POPULAIRE D’ÉLECTRICITE
créé à Bruxelles par M. Robert GOLDSCHMIDT
Le musée de la chaussée d’Etterbeek. — L’ensei-
gnement du fait et l’enseignement du livre — Le
laboratoire. — Expériences quotidiennes de photo-
télégraphie et de télégraphie sans. fil. — La cave
magique.
L’idée date de plusieurs années. Un jour,
nous fûmes informé, au cours d’une visite aux
Instituts Solvay, qu’un ancien étudiant de l’Uni-
versité libre de Bruxelles voulait réaliser, pour
la masse du grand public, un mode d’instruction
plus vivant que par le livre. Ce jeune homme,
nous dit-on, installe un Musée scientifique dans
un immeuble de la chaussée d’Etterbeek et, par
goût autant que par conviction dans le succès
de cette branche spéciale, il consacre ses efforts
et ce musée à l’électricité.
Pendant cinq années, M. Robert Goldschmidt
développe ses installations, améliore ses métho-
des de présentation, souvent refond l’ensemble.
On attend toujours l’ouverture, la grande ouver-
ture publique. Mais le créateur, préoccupé de
présenter une chose parfaite, n’a jamais le temps
de songer à une ouverture plus ou moins solen-
nelle. Et puis, le fait même d’ « ouvrir » n’in-
dique-t-il pas quelque chose de définitivement
établi, tandis que M. Goldschmidt estime qu’il
est encore si loin de ce qu’il faudrait réaliser I
Et l’on fut admis à la visite du Musée sur
présentation de sa carte.
Toute personne désireuse de se renseigner
sur un point quelconque du sujet électricité
ne faisait pas en vain une visite au Musée.
Rien n’y manquait ! Tous les principes formulés
dans les livres, dans le Ganot des écoles, étaient
ici présentés sous la forme naturelle du phéno-
mène. Par exemple,' on nous dit que l’électricité
semble être de la nature de l’aimant, car elle
reproduit les mêmes phénomènes que celui-ci.
Eh bien, voici une série d’aimants et de dispo-
sitifs spéciaux qui vont nous permettre de voir
certaines expériences que plus loin nous repro-
duirons cette fois à l’aide de forces électriques
et nous serons convaincus, bien mieux que par
l’affirmation théorique ! Le Musée ne s’en tenait
pas à la démonstration des éléments ; on y pou-
vait vérifier tous les principes les plus com-
pliqués, à l’aide des appareils les plus gros,
ou les plus délicats selon les circonstances. Tout
s’y trouvait.
Un simple artisan, presque sans instruction,
pourvu qu’il ait de l’intelligence, pouvait sortir
de là déjà fort bien instruit des merveilles de
l’électricité. Comment marche un tram élec-
trique ? S’il s’était posé cette question, rapi-