Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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dement il pouvait la résoudre au Musée Gold-
schmidt. Il y avait, en effet, plusieurs modèles de
trams, des trams de lilliputiens, bien entendu,
mais correctement exécutés, avec tous les rouages,
si bien que le tram roulait sur ses rails et faisait
grincer son trolley, dès que le visiteur agissait
sur un bouton électrique — comme d’ailleurs
il s’en trouvait un devant chaque petite machine
— et mettait la voiture en communication avec le
courant de la ville. La petite voiture, prise
en mains, était démontable ; il n’y avait plus
qu’à sonder le mystère de ses organes et des
explications supplémentaires étaient fournies au
besoin par le personnel savant du Musée.
Quel meilleur enseignement ?
On pouvait même casser, sans qu’il en coutât
rien. Le généreux fondateur prenait à sa charge
cette inévitable conséquence de son beau rôle
d’éducateur. Aux ateliers de construction étaient
adjoint des ateliers de réparation. Il ne nous
faut pas oublier de faire remarquer que tous
ces petits modèles, cassés ou détériorés par des
curieux maladroits, étaient inédits, que la plu-
part ne sont pas dans le commerce, que beau-
coup n’avaient jamais été exécutés, car l’idée
était bien neuve de construire autant d’appareils
qu’il y a de principes à représenter dans un
traité d’électricité. On peut imaginer l’ingéniosité
qu’il a fallu au constructeur !
Aujourd’hui, le petit Musée a provisoirement
déménagé et nous en retrouvons une partie à
l’Exposition. Il a même changé de nom et pris
une dénomination plus large et plus significative
de son but. C’est le Laboratoire populaire d’élec-
tricité. Installé dans le compartiment de l’Ensei-
gnement supérieur de la section scientifique
belge, il y a grand succès, tant de la part des
adultes que des écoliers. La laboratoire nouveau
a aussi sa galerie des machines. Il y a foule
compacte, à certaines heures, quand tous les
appareils fonctionnent, produisant une rumeur
active, bien qu’ils soient tous à une échelle ré-
duite. Des ronflements emplissent l’air, des lam-
pes s’allument, des étincelles pétillent, des tram-
ways circulent sur leurs rails. Grands attroupe-
ments devant les groupes électrogènes, dont la
vue sera utile à toute personne qui se propose
de visiter avec plaisir, — ce fruit de la compré-
hension, — la salle des grandes machines. On
ne se fait pas idée de ce que l’on peut apprendre
en une heure pour la vue ; c’est une constatation
qui se vérifie tous les jours, quand les écoles,
qui viennent visiter le laboratoire, ont reçu les
explications de leur cicerone.
Parmi les grandes actualités, figurent diffé-
rents appareils que l’on fait fonctionner sur
demande pour toute personne. On fera bien de
profiter de cette occasion : un appareil de photo-
télégraphie, dont le fonctionnement est basé,
comme on sait, sur les propriétés du sélénium ;
un appareil de télémécanique, employé à la com-
mande à distance des appareils électriques ;
enfin, un poste de télégraphie sans fil et un
autre de téléphonie.
Au nombre des appareils scientifiques qui
jouissent d’une certaine popularité, figure le four
électrique. On en trouvera un spécimen, pareil
a celui dont s'est servi Moissan pour obtenir
les très hautes températures nécessaires à la
fusion et aux réactions de certains corps, l’alu-
mine, pour la fabrication du rubis artificiel, etc.
L’arc jaillit entre les deux charbons mobiles et,
grâce à la propriété dont jouit l’aimant d’agir
sur les courants électriques, c’est au moyen
de celui-ci que l’on dirige la flamme dans l’in-
térieur de la capsule.
Il y a encore, dans le sous-sol, une cave que
l’on pourrait appeler magique, qui est consacrée
aux expériences de luminosité et de fluores-
cences. Tous les jours on y fait, devant les
LE STAND DU LABORATOIRE GOLDSCHMIDT.
intéressés, une série d’expériences. C’est d’abord
le fonctionnement de l’appareil de télévision, ou
phototélégraphie, récemment inventé par le pro-
fesseur Korn et que nous avons cité plus haut.
Puis, c’est une série de ballons de verre, dans
lesquels sont enfermés différents corps, diffé-
rentes vapeurs, dans un vide plus ou moins
poussé, et qui deviennent le siège des plus jolis
phénomènes dès qu’on met les ballons en con-
tact approprié avec un courant électrique.
Voici un papillon, voici un bouquet de fleurs
qui s’illuminent des teintes les plus délicates,
délicieusement immatérielles, dans la nuit arti-
ficielle de la cave. Par l’électricité, c’est couleurs
et lumière ! En soi, ce ne sont que des ailes
et des corolles d’aluminium recouvertes de diffé-
rents sels qui ne sont rien au jour et que
l’absence d’électricité fait retomber dans la nuit !
Le petit trolley, qui sert à véhiculer l’élec-
tricité d’un appareil à l’autre, est amené main-
tenant au-dessus d’un autre ballon de verre
et les fils sont mis en contact. Où il y avait
l’obscurité, jaillit un rubis irréel, d’une beauté
merveilleuse de couleur ! C’est le simple éclai-
rement de l’alumine et de quelques sels de
chrome.
Des expériences d’allures plus mystérieuses
encore suivent celles-ci : une croix de métal est
disposée sur la paroi d’un ballon de verre et
l’on met le contact avec l’électricité. Le ballon
s’illumine. Les ions, milliards de corpuscules
composant l’électricité, viennent frapper les pa-
rois intérieures du ballon, illuminé d’une fluo-
rescence verte. On fait tomber la croix après un
instant. Mais son image reste tracée sur la paroi
du verre où elle était appliquée. Pourquoi, com-
ment cette trace ? Ces ions infiniment petits,
que personne n’a jamais vus et qui, dit-on, ont
bombardé le verre pendant le passage de l’élec-
tricité, ont été arrêtés par la pièce de métal
collée au verre, et là où il n’y a pas, eu
d’ions transportés, il y a une tache d’om-
bre, tandis que le verre est fluorescent
tout autour. On en déduit une des preuves
de l’existence matérielle de l’électricité, sous
forme de corpuscules dénommés ions. Le globe
éteint, il ne reste pas une trace, si petite soit-
elle, de ce bombardement d'une paroi polie
de verre, par des milliards d’ions !
Puis voici un autre tube qui s’illumine. Un
rayon de lumière électrique le traverse, comme
un rayon de lune entré dans une chambre
obscure par la fente d’un volet. L’expérimenta-
teur joue avec ce rayon, le fait dévier, avancer,
reculer, au moyen d’un aimant qu’il change de
place ; il fait ce qu’il veut du rayon devenu
docile !
Autre expérience avec les ions. Ils bombardent
sans bruit une petite plaque d’aluminium qui,
sous leur influence, s’échauffe et rougit. Tou-
jours les ions, travailleurs invisibles !
Nous ne parlerons pas des tubes de Gessler,
des rayons X, des étincelles qui jaillissent des
doigts d’une personne qui en touche une autre,
en contact avec le courant électrique ; ce sont des
phénomènes trop connus, bien qu’ils soient tou-
jours saisissants et toujours aussi mystérieux.
Oui, le créateur du Laboratoire populaire
d’électricité a mille fois raison, les livres ne
contiennent que de vagues portraits des choses
et quand celles-ci nous apparaissent, fussent-
elles vieilles comme le monde, elles sont toujours
nouvelles ; le Livre pour conserver ; la Nature
pour étudier.