ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

Søgning i bogen

Den bedste måde at søge i bogen er ved at downloade PDF'en og søge i den.

Derved får du fremhævet ordene visuelt direkte på billedet af siden.

Download PDF

Digitaliseret bog

Bogens tekst er maskinlæst, så der kan være en del fejl og mangler.

Side af 526 Forrige Næste
L’EXPOSITION DE BRUXELLES 275 dement il pouvait la résoudre au Musée Gold- schmidt. Il y avait, en effet, plusieurs modèles de trams, des trams de lilliputiens, bien entendu, mais correctement exécutés, avec tous les rouages, si bien que le tram roulait sur ses rails et faisait grincer son trolley, dès que le visiteur agissait sur un bouton électrique — comme d’ailleurs il s’en trouvait un devant chaque petite machine — et mettait la voiture en communication avec le courant de la ville. La petite voiture, prise en mains, était démontable ; il n’y avait plus qu’à sonder le mystère de ses organes et des explications supplémentaires étaient fournies au besoin par le personnel savant du Musée. Quel meilleur enseignement ? On pouvait même casser, sans qu’il en coutât rien. Le généreux fondateur prenait à sa charge cette inévitable conséquence de son beau rôle d’éducateur. Aux ateliers de construction étaient adjoint des ateliers de réparation. Il ne nous faut pas oublier de faire remarquer que tous ces petits modèles, cassés ou détériorés par des curieux maladroits, étaient inédits, que la plu- part ne sont pas dans le commerce, que beau- coup n’avaient jamais été exécutés, car l’idée était bien neuve de construire autant d’appareils qu’il y a de principes à représenter dans un traité d’électricité. On peut imaginer l’ingéniosité qu’il a fallu au constructeur ! Aujourd’hui, le petit Musée a provisoirement déménagé et nous en retrouvons une partie à l’Exposition. Il a même changé de nom et pris une dénomination plus large et plus significative de son but. C’est le Laboratoire populaire d’élec- tricité. Installé dans le compartiment de l’Ensei- gnement supérieur de la section scientifique belge, il y a grand succès, tant de la part des adultes que des écoliers. La laboratoire nouveau a aussi sa galerie des machines. Il y a foule compacte, à certaines heures, quand tous les appareils fonctionnent, produisant une rumeur active, bien qu’ils soient tous à une échelle ré- duite. Des ronflements emplissent l’air, des lam- pes s’allument, des étincelles pétillent, des tram- ways circulent sur leurs rails. Grands attroupe- ments devant les groupes électrogènes, dont la vue sera utile à toute personne qui se propose de visiter avec plaisir, — ce fruit de la compré- hension, — la salle des grandes machines. On ne se fait pas idée de ce que l’on peut apprendre en une heure pour la vue ; c’est une constatation qui se vérifie tous les jours, quand les écoles, qui viennent visiter le laboratoire, ont reçu les explications de leur cicerone. Parmi les grandes actualités, figurent diffé- rents appareils que l’on fait fonctionner sur demande pour toute personne. On fera bien de profiter de cette occasion : un appareil de photo- télégraphie, dont le fonctionnement est basé, comme on sait, sur les propriétés du sélénium ; un appareil de télémécanique, employé à la com- mande à distance des appareils électriques ; enfin, un poste de télégraphie sans fil et un autre de téléphonie. Au nombre des appareils scientifiques qui jouissent d’une certaine popularité, figure le four électrique. On en trouvera un spécimen, pareil a celui dont s'est servi Moissan pour obtenir les très hautes températures nécessaires à la fusion et aux réactions de certains corps, l’alu- mine, pour la fabrication du rubis artificiel, etc. L’arc jaillit entre les deux charbons mobiles et, grâce à la propriété dont jouit l’aimant d’agir sur les courants électriques, c’est au moyen de celui-ci que l’on dirige la flamme dans l’in- térieur de la capsule. Il y a encore, dans le sous-sol, une cave que l’on pourrait appeler magique, qui est consacrée aux expériences de luminosité et de fluores- cences. Tous les jours on y fait, devant les LE STAND DU LABORATOIRE GOLDSCHMIDT. intéressés, une série d’expériences. C’est d’abord le fonctionnement de l’appareil de télévision, ou phototélégraphie, récemment inventé par le pro- fesseur Korn et que nous avons cité plus haut. Puis, c’est une série de ballons de verre, dans lesquels sont enfermés différents corps, diffé- rentes vapeurs, dans un vide plus ou moins poussé, et qui deviennent le siège des plus jolis phénomènes dès qu’on met les ballons en con- tact approprié avec un courant électrique. Voici un papillon, voici un bouquet de fleurs qui s’illuminent des teintes les plus délicates, délicieusement immatérielles, dans la nuit arti- ficielle de la cave. Par l’électricité, c’est couleurs et lumière ! En soi, ce ne sont que des ailes et des corolles d’aluminium recouvertes de diffé- rents sels qui ne sont rien au jour et que l’absence d’électricité fait retomber dans la nuit ! Le petit trolley, qui sert à véhiculer l’élec- tricité d’un appareil à l’autre, est amené main- tenant au-dessus d’un autre ballon de verre et les fils sont mis en contact. Où il y avait l’obscurité, jaillit un rubis irréel, d’une beauté merveilleuse de couleur ! C’est le simple éclai- rement de l’alumine et de quelques sels de chrome. Des expériences d’allures plus mystérieuses encore suivent celles-ci : une croix de métal est disposée sur la paroi d’un ballon de verre et l’on met le contact avec l’électricité. Le ballon s’illumine. Les ions, milliards de corpuscules composant l’électricité, viennent frapper les pa- rois intérieures du ballon, illuminé d’une fluo- rescence verte. On fait tomber la croix après un instant. Mais son image reste tracée sur la paroi du verre où elle était appliquée. Pourquoi, com- ment cette trace ? Ces ions infiniment petits, que personne n’a jamais vus et qui, dit-on, ont bombardé le verre pendant le passage de l’élec- tricité, ont été arrêtés par la pièce de métal collée au verre, et là où il n’y a pas, eu d’ions transportés, il y a une tache d’om- bre, tandis que le verre est fluorescent tout autour. On en déduit une des preuves de l’existence matérielle de l’électricité, sous forme de corpuscules dénommés ions. Le globe éteint, il ne reste pas une trace, si petite soit- elle, de ce bombardement d'une paroi polie de verre, par des milliards d’ions ! Puis voici un autre tube qui s’illumine. Un rayon de lumière électrique le traverse, comme un rayon de lune entré dans une chambre obscure par la fente d’un volet. L’expérimenta- teur joue avec ce rayon, le fait dévier, avancer, reculer, au moyen d’un aimant qu’il change de place ; il fait ce qu’il veut du rayon devenu docile ! Autre expérience avec les ions. Ils bombardent sans bruit une petite plaque d’aluminium qui, sous leur influence, s’échauffe et rougit. Tou- jours les ions, travailleurs invisibles ! Nous ne parlerons pas des tubes de Gessler, des rayons X, des étincelles qui jaillissent des doigts d’une personne qui en touche une autre, en contact avec le courant électrique ; ce sont des phénomènes trop connus, bien qu’ils soient tou- jours saisissants et toujours aussi mystérieux. Oui, le créateur du Laboratoire populaire d’électricité a mille fois raison, les livres ne contiennent que de vagues portraits des choses et quand celles-ci nous apparaissent, fussent- elles vieilles comme le monde, elles sont toujours nouvelles ; le Livre pour conserver ; la Nature pour étudier.