Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
«QuF
föft
(Phot. Valentine et Sons.)
LA GRANDE TERRASSE.
CE QU’ETAIT LA SECTION BELGE
Deux puissances sont perpétuellement aux
prises, la Nature et l’Humanité. Celle-ci vient
d’être encore une /ois la victime. C’est le Feu
qui a été choisi pour mauvais génie ! A la
place que couvraient les efforts laborieux des
hommes de France, d’Angleterre et de Belgique,
unis dans une pensée de progrès contre les
âpretés matérielles de la vie, maintenant règne
seul le vide brutal de l’espace, au-dessus des
débris du labeur humain.
Ce fier portique qui s’élevait, donnant accès
aux galeries, dont l’image s’est gravée dans
toutes les mémoires, est remplacé par moins
que des ruines: des débris! On arrive, on lève
les yeux, et l’on sent ses paupières se mouiller!
Aucune architecture n’arrête plus, momentané-
ment, les regards, ils passent outre sur les
nuages, il semble que le ciel soit redescendu,
triomphant, reprendre la place, qu’on lui avait
enlevée !
Elle est terrible, cette nature, qui doit toujours
avoir raison! Rien ne lui échappe, ni personne,
l’être le plus petit, l’homme, le bâtiment, la
ville, toujours, tôt ou tard, elle engloutit l’un
après l’autre dans son éternité!
Tantôt, c’est le tremblement de terre. Quel-
ques frissons d’un coin du monstre planétaire,
et des villes sont en flammes, tout s’écroule!
Ou bien c’est l’Océan qui se dresse, s’allonge
par le rivage jusqu’au cœur d’une ville, sapée,
écrasée, réduite en boue!
Désastres perpétuels! Devant vous qu’elle est
sublime, cette humanité que rien ne rebute, qui
toujours cherche, fait mieux, édifie, reconstruit
avec un inlassable courage!
Les Eléments, auteurs de ces cataclysmes,
les vaincre, voilà notre vraie tâche. Serions-nous
trop d’être tous, unis, pour une défense com-
mune? L’ennemi est au dehors de l’humanité.
Son intrusion, cette fois, ne fut-elle pas, peut-
être, plus insolente que jamais, quand pour re-
conquérir un bout de ciel et de terre, il osa
envoyer le Feu, parmi les nations unies!
Comme nous achevions de célébrer, dans un
élan enthousiaste, l’admirable concours des in-
dustries belges à l’Exposition, il ne s’était pas
écoulé deux heures que la flamme destructrice
s’élançait vers le ciel.
Nous donnons les pages suivantes, telles
qu’elles ont été écrites, à titre de documentation,
et, hélas! de commémoration.
*
* *
Une toute petite nation qui arrive à s’égaler
aux plus grandes, voilà ce qui se voit à l’Expo-
sition, et n’est pas un des spectacles les moins
merveilleux ! Les jaloux diront : « Ce n’est pas
difficile, la Belgique, dont vous parlez, est chez
elle et fait l’Exposition chez elle ! » Non, ce
n’est pas une illusion ; cet effort est grandiose,
il est réel, la Belgique a pris, industriellement,
place au rang des grandes nations. Au cours des
nombreux banquets où l’on s’est congratulé,
internationalement, les étrangers ont été les pre-
miers à constater cette égalité, et ils y ont rendu
hommage généreusement.
Ces paroles ne furent pas de simples com-
pliments de politesse. Nous avons le sentiment
qu’elles furent l’expression de la réalité et c’est
pour le prouver que nous entreprenons de résu-
mer ici, en un coup d’œil général, l'exposition
des sections belges. En quelque branche indus-
trielle ou scientifique, sans oublier lettres et
beaux-arts, on ne saurait citer que bien peu de
choses, — et aucune essentielle, — qui ne soient
représentés par les industries, les sciences et
les arts de Belgique.
Nous n’avons pas de cuirassés, c’est vrai,
et l’on devrait nous savoir gré de cette sagesse,
— mais nous avons steamers et navires de com-
merce, c’est-à-dire voyage et ravitaillement.
Nous n’avons pas, dans les galeries, d’aéroplanes
à nous qui aient fait leurs preuves, mais nous
avons eu la quinzaine de Stockel, ce qui est
mieux, puisque c’est la pratique. Il ne nous man-
que guère, parmi les grandes inventions, que la
télégraphie sans fil. Ici. la partie est renversée :
nous en avons la théorie, au laboratoire d’élec-
tricité Goldschmidt, mais c’est la h rance qui
en a la réalisation.
Ces lacunes avouées, nous voici tout à fait a
l’aise devant les grandes nations. Que les plus
grandes villes nous apportent n’importe quel
projet, nos ingénieurs en feront les plans ; nos
constructeurs, les machines ; nos savants, les
analyses, et nos poètes, les chansons.
Et combien sommes-nous d’hommes de toutes
professions, en Belgique, pour soutenir toutes nos
prétentions mondiales ? Comme on a l’habitude
de comprendre les femmes dans le dénombre-
ment des habitants d’un pays, nous ferons de
même, car, aujourd’hui, tant d’entre elles tra-
vaillent, que ce serait injustice de ne les pas
compter au nombre des éléments de fortune du
pays ; eh bien, nous ne sommes, devant les
grosses populations étrangères, pour soutenir la