Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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concurrence, que un .peu plus de sept millions
et demi. Mais... il y a un mais salvateur, le
machinisme est formidable, en Belgique, et il se
fait que, par son concours, nous arrivons, par
une harmonieuse entente entre hommes et ma-
chines, à produire autant que si nous étions dix-
neuf millions d’individus !
dra puiser des enseignements au compartiment
de l’ameublement, et bien difficilement il trou-
verait mieux. Pour les salles de bains, dont
l’hygiène, avec sa propagande active, a fait un
luxe essentiellement moderne, il aura un choix
incomparable de carreaux de grès, de toutes
nuances, les plus fines et de toutes décorations ;
telles aux dessins élégants, jetes a la japonaise,
les meubles peints, les soies teintes à la main,
capricieusement, les broderies somptueuses, les
bronzes repoussés, les poteries.
On sait qu’à Bruxelles le luxe des habitations
ne le cède à celui d’aucune autre capitale. Où se
trouve la fortune entre les mains d’un homme
Voilà ce qui explique déjà bien des choses
il aura les carreaux imitant la faïence et qui
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h!
de goût, elle réalise des merveilles. Pas n’est
besoin, pour acheter, d’aller au loin. Contemplez
les grandes tapisseries-tableaux des manufac-
tures de Malines. Des Rubens, des Van Dyck,
des gothiques sont reproduits à la laine ou à
la soie. Dans le fond d’un appartement mi-
sombre, l’effet est merveilleux. Et là, ce mo-
bilier d’autres tapisseries chatoyantes, canapés,
fauteuils et chaises, où les tissus tendus des
dossiers nous montrent des perroquets éclatants
perdus dans les fleurs, des singes aimables
jouant dans les fruits, le tout encadré par la
courbe d’or des boiseries élégantes et robustes.
Ces industries, indiscutablement d’art, n’ont rien
à envier aux plus parfaites du genre.
Plus modestes sont les mobiliers bois vernis,
bois cirés, style anglais, qui font toujours fureur
par toute l’Europe, et que l’on prise pour les
colonies à cause de leur facilité d’eïnbarquement.
Pour ce qui est de faire renaître les beaux
modèles de meubles des grandes époques
Louis XIV, Louis XV, l’industrie belge est des
plus avancées. La richesse, la grâce, la ro-
buste élégance de la matière, la patine de l’or,
tout a été scruté, reproduit, et c’est là un art
auquel les amateurs de vraie beauté doivent
beaucoup. Car il faut mettre à part les efforts
des gens éclairés qui copient une forme antique
pour la perpétuer, sans lésiner sur la fabrica-
tion et l’imitation commerciale à bas prix.
Les vieux cuirs de Cordoue, eux aussi, ont
livré le secret de leurs ors profonds et chauds
COLONNADE DE LA
On objectera que tous les pays possèdent le
machinisme pour augmenter leur effort pro-
ducteur. Oui, mais tous n’en possèdent pas une
proportion aussi forte par rapport à la popu-
lation. Notre excès nous donne de l’avance.
Le tempérament, le caractère du Belge font le
reste. En Belgique, on ne souffre pas qu’un
étranger fasse mieux ! De si loin qu’on l’aper-
çoive, son initiative devient un stimulant. « Ce
qu’un homme peut faire, un autre homme peut
le faire », dit le proverbe anglais. Le Belge
s’applique immédiatement cette orgueilleuse pa-
role. Est-ce un mal, est-ce un bien ? En général,
c’est un bien, au point de vue de la lutte pour
la vie. Et ce sentiment, inné, pousse les Belges
non seulement à l’émulation entre eux, mais,
comme nous le disions, à l’émulation internatio-
nale. Et cette ardeur est bien la condition la
plus nécessaire du progrès.
En Belgique, on ne progresse pas seulement
pour vivre, car qui seulement vit ne fait pas
assez socialement ou progresse pour grandir, et
le succès couronne ses efforts.
La Belgique fabrique pour l’étranger des pro-
duits que nous ne voyons jamais sous leur
marque nationale et qui s’en vont, par le monde,
sous d’autres estampilles, ou même reviennent
chez nous, plus estimés, se faire consommer
ou utiliser sous un autre pavillon, en vertu de
ce dicton : « Nul n’est prophète dans son pays 1 »
Cette faveur nous prouve l’excellence de ses
procédés et encore autre chose, les prix avan-
tageux de la production. Et que vient-on cher-
cher donc en Belgique ? Nous pouvons répondre
hardiment : de tout !
Quiconque veut s’organiser une demeure vien-
(IViot. Valentine et Sons.)
FAÇADE PRINCIPALE.
se font un spécial mérite de n’être pas de la
faïence ! Il aura pour son salon les meubles
en mosaïque de bois, et pour panneaux de mu-
railles le bois imprimé, plus lustré que la soie,
imitant le lambris d’étoffe et le dépassant en
résistance ; pour ses grandes salles, il aura les
marbres les plus merveilleux des carrières bel-
ges ; ou, en cas d’économie à faire, il aura le
choix des marbres peints, imitant à la perfection
la nature ; les imitations de bois lui donneront
la même illusion et les mêmes avantages, le
beau à la portée de tout le monde ; de vrais
artistes lui offriront leurs travaux, copies par-
faites des bois les plus précieux, aux veines
les plus compliquées, vives et fraîches à s’y
méprendre.
Le bibelot ne lui manquera pas pour ses
cheminées, ses dessus de meubles. Terres cuites,
carrares, bronzes, le nu ou l’habillé, selon ses
goûts ; le joyeux ou le tragique. S’offriront en
foule des Ophélie, couronnées de fleurs, des
Orphée charmant les fauves, des Colin-Maillard
autour d’un tronc d’arbre, le char fleuri de
Bacchus.
Pour garnir les tables et la bibliothèque, un
choix considérable de reliures. Il trouvera sous
les cuirs les mieux ornés nos auteurs belges :
Lemonnier, Picard, Verhaeren, Maeterlinck et
tant d’autres, prosateurs et poètes. Ici, il aura
la reliure originale, faite par les femmes, le
trait, la couleur, le relief imprévus ; là-bas, dans
la section de l’imprimerie, il trouvera la reliure
sévère, classique, adornée, ornée, solide et lui-
sante de dorures, le travail des hommes, des
principaux ateliers belges. A côté des reliures
féminines, l’amateur trouvera encore les den-
a l’industrieuse Belgique. En voici que l’art a
patinés, et non les siècles ! C’est du carton,
repoussé à la main et cependant jamais les plus
authentiques n’eurent de plus beaux reflets ven-
tres de harengs saurs aux murs des vieux châ-
teaux espagnols ! Ce n’est aussi qu’un jeu, pour
les fabriques, d'imiter le satin. Voici des papiers
où le tissu satiné est si vivant, avec ses reflets
sur le fil, que le public n’a pas voulu croire
que ce n’est que du papier et, incrédule, il a
déchiré les bords des échantillons, pour voir...
Les poteries émaillées foisonnent, depuis les
sujets les plus saints aux plus plaisants, gaies
avec leurs couleurs crues sous le manteau trans-
parent d’ambre jaune. Petits sujets de table et de
jardins, industrie très recherchée.
Les tapis des Flandres reproduisent les plus
patients et les plus riches dessins orientaux,
au point noué à la main. Ici encore nous som-
mes en face d’une industrie ancienne et célèbre,
estimée par le monde. Nos tapis s’en vont à
l’étranger, qui les achète avec le même fana-
tisme que nous achetons ceux de Perse et de
tout l’Orient.
Les petits salons, les chambres à coucher, les
salles à manger se succèdent, y compris les bou-
doirs. C’est au complet, rien ne manque. Il
n’y a qu’à choisir et à payer, vous êtes meublé
en quelques heures. Vous connaissez déjà l’effet
de votre nouveau mobilier. Innovation relative-
ment récente, ces exhibitions de garnitures com-
plètes ont beaucoup fait pour former le goût,
sans compter l’avantage de la célébrité.
Quant aux pianos, ils sont tout un peuple !
Toutes les fantaisies de formes, tous les motifs
les plus divers, courant sur les bois polis ou
laqués, se sont donné cours. Nous trouvons
même la note patriotique : piano en bois d’acajou
du Congo belge ! Le piano à queue est encore