ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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278 L’EXPOSITION DE BRUXELLES en minorité. Le piano automatique également est en petit nombre ! On fabrique aussi des har- monicas en Belgique. Et magnifiques ! Qui donc joue de l’harmonica, à part les petits Savoyards qui ne sont certainement pas les acheteurs fu- turs de ces somptueux instruments ? On nous a assuré qu’il y a beaucoup de familles où l’usage de l’harmonica est courant comme musique de chatabre. Quels instruments de musique ne fait- on pas d’ailleurs, en Belgique. Voyez ces vi- trines, où tous font brillantes figures, — c’est le cas de le dire, — cors de chasse, trompettes, clairons, bassons, grandes et petites flûtes. D’al- lures plus calmes, à côté de ces étincelants col- lègues, les basses, contre-basses et violons, doux et mélancoliques. La céramique aussi a ses gloires. Elle forme de ses carreaux de gigantesques tableaux. On peut admirer sans réserve une chasse au cerf, de douze mètres carrés, composée de septante- six carreaux peints à la main, avec contour cerné d’une légère arête pour empêcher les émaux de fondre au feu l’un dans l’autre. Représentée aussi, la faïencerie de Nimy, toujours populaire ; les belles faïences de La Louvière et de Bru- xelles, d’antique renommée. Brillent dans leur stand les orfèvreries d’église, candélabres de cuivre, ciboires dorés, dinande- ries, châsses. Le carton-pierre a été choisi pour la reproduction des scènes bibliques, une adora- tion des mages, très orientale de couleurs, et des têtes d’apôtres, aux expressions extatiques ou douloureuses. La ferronnerie met, à côté des cuivres lui- sants, sa note noire et sévère. Rampes d’esca- liers, bougeoirs, hautes lampes et fleurs de fer. Art en évolution sérieuse qui s’agrémente d’une souplesse nouvelle dans l’interprétation des formes. Dans un autre ordre d’idées, ne sont pas moins intéressantes les expositions de nos grandes ad- ministrations : le ministère des finances, les cham- bres de commerce de Bruxelles et d’Anvers, l’œuvre de l’Exportation belge et celle de l’Ex- pansion belge. De claires statistiques précisent les résultats de leurs travaux et nous éclairent sur la diffusion de nos produits et de nos hom- mes par le monde. Grand succès pour le stand de l’administration des Monnaies. On sait qu’en cette fabrication de l’argent et de l’or mon- nayés, la Belgique s’est depuis longtemps acquis une clientèle mondiale. Elle a frappé, des pre- mières, pour beaucoup d’Etats d’Europe et d’outremer et garde nombre de ses importants clients. Et maintenant les modes ! En ce qui les concerne, la tâche de la Bel- gique était peut-être plus délicate qu’en aucun autre domaine. Qu’est-ce que l’art de l’ingénieur, du constructeur de machines, en regard du pro- blème d’habiller convenablement une femme à la mode ? La France, l’Angleterre ont de lointaines traditions en ces matières ; mais la Belgique a, de longtemps, oublié ses costumes nationaux et la tâche était plus difficile pour elle. Tout de suite, elle s’en est tirée avec un goût exquis. Elle n’a pas attendu pour cela aujourd’hui ! Mais peut-être jamais on ne vit autant de raffi- nement dans l’harmonie des couleurs qui com- posent une toilette, autant de grâce dans le drapé des étoffes, et des... mannequins aussi séduisants pour faire valoir ces toilettes dans les boudoirs de verres. Et nous avons, comme à Paris, à Londres, à Vienne, tout ce qu’il peut y avoir de plus charmeur en indiscrètes créations de grandes faiseuses. Toutes les importantes maisons de Bruxelles et de la province ont tenu à figurer dans ce musée du luxe. Elles ont compris les modes comme l’expression la plus raffinée des séductions qu’une capitale peut offrir aux re- gards. La femme est devenue pour elles un être d’exception et de fortune, peut-on dire, à mettre sous verre et on l’y a mis. Bruxelles et Paris ont eu l’idée d’ajouter à tous ces prestiges celui — VUE INTÉRIEURE. LA SECTION BELGE, de la lumière artificielle, qui éclaire les teints, — même ceux de cire, — fait châtoyer les étoffes et scintiller les parures. Expositions, installées comme des temples à la déesse ! Oh ! les hommes, ils ne sont pas oubliés ! Ils ont aussi leurs vitrines, moins étincelantes ; mais certains costumes s’en rattrapent hardiment et hautement. Habits rutilants des gouverneurs de province ; habits brodés de ministre plénipo- tentiaire, où il y a plus de palmes d’or que de drap I Les habits militaires, brillants, voyants, tapants, flambants ! On dit que la chaussure la plus célèbre est l’espagnole ; peut-être ; mais comment mieux faire que toutes ces bottines que voilà, dont on devine la souplesse, cuir ou peau, dont la forme varie avec une constante élégance. Il y en a pour Cendrillon et pour les autres ! Et la lingerie la plus fine et la plus délicate du monde, ne la fabrique-t-on pas aussi chez nous ? On entend dire qu’il n’y a fin linon, belle chemise, beau corset qu’à Paris ! Non pas I Paris, plus grand, a plus de magasins, voilà tout ! Quant aux laines, on les traite avec une douceur exquise chez nous, et l’on s’y con- naît à les rendre moelleuses et chaudes, dans un pays où il tombe toujours, avec la pluie... de l’eau et du froid ! Heureusement, dans les salons, il ne pleut pas, on y donne des bals, les femmes y vont décolletées, et il faut de la dentelle ! Autre industrie, aérienne, féérique, d’ancienne renommée ! Au point de Bruxelles se sont ajoutés tous les autres et ils n’y ont rien perdu ! Dans ces bals on a chaud, on s’évente ; voilà l’industrie des éventails, où se déploient rubans et plumes, et s’est exercée, en de jolis sujets mythologiques, l’habileté des artistes décorateurs ! La simplicité a sa part aussi, dans le vête- ment, la lingerie, la chaussure à bon marché. Tous ces articles voisinent avec les tissus pour les confectionner. Les tissages de coton, de lin, de laine, de soie produisent les popelines, les draps, les coutils, les satins, les toiles, les velours, les couvertures dites de Venise, en bourre de soie ; les tissus d’exportation détrônent la coton- nade de Manchester ; les Flandres fabriquent les pagnes bariolés, lignés, aux vives couleurs destinés au Congo et aux autres colonies du monde entier. Au point de vue de l’alimentation, on sait depuis Rubens et Jordaens que rien de ce qui « est de gueule » ne manque en Belgique. L’abondance légendaire n’y est pas que sur les toiles des maîtres flamands des anciens âges, elle est sur les tables. Et que n’y a-t-il pas à manger, à Bruxelles ? Et à boire ? Nous voici petit et minuscule au pied d’appareils de dis- tillation, luisants comme des canons de tor- pilleurs et hauts comme des tours ! Où es-tu, Grandgousier ! Puis, un diorama de meunerie, commenté de nombres fantastiques relatifs à une seule association : un million de francs par jour de farine pour la boulangerie 1 Un million de kilogrammes de sous-produits de farine résultant quotidiennement de la meunerie. Capital engagé, 75 millions de francs, et chiffre d’affaires an- nuel avec la place d’Anvers, 300 millions de francs ! Nos moulins travaillent les blés d’Amé- rique, d’Australie, de Belgique, de la Russie et des Indes. Nous fabriquons des montagnes de sucre pour l’étranger. Telle usine qui en exportait annuel- lement, en Angleterre, moins de deux millions de kilogrammes, porte ses prévidons pour 1910 à plus de seize millions de kilogrammes. L’ex- portation générale du sucre, qui était en 1897 de seize millions de kilogrammes, est montée, en 1910, au chiffre de 27 millions 500 mille kilogrammes I Nous pouvons tirer de là des indi- cations qui nous sont fournies par les sections de l’agriculture, sur le nombre croissant des champs de betteraves sucrières. Quant aux chocolateries, elles apportent la note gaie. Toutes les usines en marche ne dé- garnissent pas de curieux, acheteurs et gour- mands, gourmets, qui tous croquent ou dégustent, au ronflement des machines. C’est la section où s'empilent les pains d’épices, miellés et frui-