ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

Søgning i bogen

Den bedste måde at søge i bogen er ved at downloade PDF'en og søge i den.

Derved får du fremhævet ordene visuelt direkte på billedet af siden.

Download PDF

Digitaliseret bog

Bogens tekst er maskinlæst, så der kan være en del fejl og mangler.

Side af 526 Forrige Næste
L’EXPOSITION DE BRUXELLES 279 tés ; les biscuits, les fondants, les pralines, les pâtisseries. Là on arrive avec peine à combler Je gouffre toujours béant des appétits ; toutes les nations se rencontrent avec la commune envie de tout avaler. La dégustation des cafés et chocolats est colossale dans les simili-Sèvres ; les sirops clairs brillent dans le cristal, les gâ- teaux, parmi les guirlandes fleuries et les sémil- lantes pâtissières. Ce que le pays ne produit pas, ne s’y trouve pas moins que le reste, vins de Champagne, vins de tous vignobles; liqueurs de toutes provenances. N’oublions pas les vins de Huy, les bières courantes dans les grands hôtels. Aurait-on négligé le faro et le lambic ? Vitrines et pyramides de conserves éclatent vivement avec leurs étiquettes colorées, claironnant viandes et poissons, légumes et fruits ! Les jambons fumés embaument, dorés, éti- quetés, avec leur pedigree. Une boulangerie, aiguisant l’appétit, fonc- tionne dans les environs. On fait la pâte, on vernit le « cramique » au blanc d’oeuf, on lance à la fournaise, on cuit, on mange. Non loin se trouve l'exposition des fours por- tatifs, pour campagne, pour famille, pour... ma- niaque. Nous avons connu un homme soucieux de sa santé et qui pour l’entretenir, à sa guise, ne mangeait que du pain pétri et cuit par lui- même. Il passait à peu près la journée à cette besogne et assurait qu’elle est unique au monde. De la farine à l’amidon, ce n’est qu’un pas. Un atelier de repassage, installé, avec de blan- ches jeunes filles, montre, à la raideur du tuyau- tage de leurs bonnets, l’excellence de l’empois. Nous voici aux produits chimiques. Colles di- verses, résines pour vernis, huiles, naphtaline, couleurs d’aniline, cirages, gélatine, soufre, aci- des nombreux, etc., etc., comment pourrions- nous nommer tous les produits qui sortent de nos usines ! Le domaine de la chimie est im- inense et toutes les industries ont besoin d’elle pour composer, précipiter, réagir ; les fabriques de bougies, les teintureries, les tanneries l’uti- lisent. La section de la tannerie nous montre à quel niveau est arrivée cette industrie en Belgique. Des appareils fonctionnent dans le stand, un chariot à planer le cuir. Des tableaux instructifs montrent aux éleveurs les dégâts irréparables causés à la peau des bestiaux par le varon, par la bouse, par l’aiguillon. Un éléphant tanné au chrome fait la curiosité pittoresque de la section. C’est presque un éléphant blanc. L’Ecole de pharmacie de Liége expose une série de produits pharmaceutiques ; ceux-ci sont accompagnés de capsules, pilules, ampoules de toutes couleurs, noix et résines à mâcher, herbes à teindre de toutes les parties du monde. I-’art dentaire est à la hauteur des cabinets américains si réputés. On en pourra voir un spé- cimen où ne manque que le dentiste et le patient. L’industrie du papier et du livre vont de pair. Le livre, à Bruxelles, n’a plus rien à envier aux imprimeries de Londres, Paris, ni Leipzig. Paris, depuis nombre d’années, fait d’ailleurs im- priiner fréquemment à Bruxelles, où la main- d’œuvre est à meilleur compte. Quant au cli- chage et aux reproductions de gravures en "couleurs, les procédés les plus parfaits sont utilisés pour les clients qui veulent bien y mettre le prix. Ce qui, dans ce genre, donne encore la supériorité à Paris, c’est que ses ar- tistes y sont plus « illustrateurs » que les nôtres. Le compartiment des livres et gravures, ainsi que celui de la photographie, qui lui fait suite, sont des plus propres à séduire les amateurs qui y passeront des heures à l’examen des œuvres vives et variées de ces arts. Cartonnages, encres et papeterie en général, articles de classe et de bureaux, modestes outils d’une classe nombreuse de gens laborieux. Pour faire contraste, la bijouterie, où l’ar- tillerie et la gendarmerie nous surveillent, faisant leur service, toutefois, sans mousquet ni canon 1 Les diamants reposent dans les vitrines et, de- vant les parures, les femmes rêvent, immobiles, elles aussi ! Cependant que retentit, inlassable- ment, le cri du jour, la prophétie alléchante des marchands de billets de la tombola : « Deux cent mille francs pour un franc I » La Belgique est loin encore d’être repré- sentée par cette riche nomenclature. Le ma- chinisme triomphant, dont tout à l’heure nous avons chiffré l’active collaboration, il faudrait aller là-bas l’examiner, le dénombrer, le dé- tailler. Rien qu’en passant, écoutez-le souffler, taper, forger, scier, couper, percer, imprimer, dans le hall des machines. Complète comme pays producteur, la Belgique a voulu être complète aussi à l’Exposition, ce grand tournoi industriel, scientifique et artistique. Elle y a merveilleusement réussi ! Après tout ce qui vient d’être énuméré, un nouveau pavillon s’ouvre devant nous, immense, divisé en galeries parallèles, et là-haut, sous les velums, flotte encore et toujours la banderolle verte avec les lettres d’or : Belgique. C’est Belgique jusqu’au bout ! Les cycles, au- tomobiles, l’aviation, les armes, la grosse et la petite métallurgie, tout y figure. Nous rencon- trons des modèles réduits des types des bateaux belges, tant pour les services de l’Etat que pour le commerce. On a tenu à représenter les ba- teaux du service intérieur du Congo, ainsi que le navire-école belge L’Avenir, quatre-mâts. Dans cette section, Bruxelles a ses modèles de dirigeables, le Ville de Bruxelles et le Bel- gique., \, Un portail immense, fait de fascines, donne accès au groupe « Armée », qui représente avec avantage la Belgique militaire ; fourgons, ca- nons, obus, télégraphe de campagne, équipe- ment du soldat. Les trophées de la campagne arabe ajoutent une page d’illustration curieuse à l’Histoire militaire du pays. Les sports apprendront au public belge, par leurs exploits, leurs triomphes, leurs coupes, combien ils ont d’admirateurs et de passionnés en Belgique. Enfin, arrivons à une dernière section : Eco- nomie sociale, enseignement, sciences, hygiène. Que d’horizons encore nous ouvrent ces quatre titres ! Peut-être auraient-ils dû être placés au portail même de l’Exposition, car les sciences, l’enseignement, l’économie sociale, l’hygiène sont les quatre grandes sources où un pays, pour prospérer, doit puiser des leçons sans cesse. Ces sections, dont les documents ont besoin d’être médités, devaient être mises dans une atmosphère plus recueillie que les grandes et turbulentes conceptions du commerce et de l’in- dustrie. On leur a donné de petits apparte- ments paisibles, dont les murs se sont chargés de graphiques, de schémas, de statistiques, de tableaux instructifs, de figures intéressant toutes les sciences. Exposition des instituts scienti- fiques, des Universités, des Facultés, des Aca- démies, outillage, des sciences, salon des lettres, écoles professionnelles, où l’on ne saurait se lasser d’admirer les travaux exécutés par de jeunes ouvriers des deux sexes, artisans accom- plis de douze et de quinze ans ! Continuons par les établissements sanitaires, les crèches, les bi- bliothèques populaires et finissons par le labo- ratoire populaire d’électricité, par où nous termi- nerons cette rapide revue des sections belges. Et voici une porte et voici le plein air ; allons respirer, sous ce ciel qui doit être beau, cette atmosphère vivante d’un pays si actif ! Mais ce n’est pas tout ; cette petite Belgique a édifié plus de choses qu’un homme robuste n’a la force d’en absorber par le regard en un jour ! II y aurait encore le frais et coquet pavillon des Eaux et Forêts, le palais des Arts de la Femme, les Beaux-Arts au parc du Cinquan- tenaire et ce fleuron, à Tervueren : le Musée colonial, avec son annexe, le matériel colonial ! Nombre à part, l’Exposition, c’est la Bel- gique ! Et la Belgique c’est la production incessante, l’abondance, l’émulation, l’ardeur, la patience et le courage, disent les austères statistiques, qui savent parfois, dans les grandes occasions, se métamorphoser en fées charmantes, qui attes- tent d’un mot, d’un chiffre irrécusables I PARTIE CENTRALE DE LA NOUVELLE FAÇADE, D’APRÈS UNE ESQUISSE DE M. ACKER.