Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
au « vapo » à base de dessin géométrique. Nous
préférons — et de beaucoup — à l’ensemble des
pièces créées pour la vente courante: petits
groupes maniérés, terres cuites polychromées,
vases à vernis clair çà et là décorés de motifs
aux gammes grises, quelques pièces uniques su-
perbes, des hibous notamment et des colorations
en oxydes où s’affirment de curieuses trou-
vailles.
Le minime espace réservé à la section des
Arts décoratifs français n’a pas permis de
donner au compartiment des grès et des cérames
toute l’importance désirable. Mais la parfaite
beauté des quelques œuvres exposées dans le
salonnet caractérise on ne peut mieux la diversité
et l’extrême originalité des tendances manifes-
tées chez nos voisins.
En France, les arts appliqués ne sont pas
asservis à une maîtrise unique. Si l’artiste déco-
rateur a souci d’obtenir la plus haute expression
de son art, par la création simultanée de l’œuvre
et de son milieu, il chérit par-dessus tout l’ori-
ginalité et la liberté de l’expression. L’un d’eux
caractérisait ainsi ce souci d'indépendance : une
perpétuelle création répondant à la perpétuelle
variété des êtres et des conditions dans les-
quelles ils vivent.
La façade extérieure du salon des Arts déco-
ratifs français comprend des vases décoratifs de
lignes simples, mais embellis de riches émaux
aux tons doux. Une vitrine est réservée aux
productions de la manufacture de Sèvres. Çà
et là, sur les selles et dans les intérieurs, on
remarque des grès de Lachenal, de Vallombreux,
de Decœur, et dans les cadres renfermant les
projets, on trouve de très curieuses stylisations
d’après la faune ou la flore, pour des pièces
usuelles de faïence ou de porcelaine. Nous signa-
lerons aussi les merveilleux vases de Sèvres
aux tons délicats qui décorent le salon d’hon-
neur de la section française.
Quelques usines exposent, plus loin, leurs pro-
duits et beaucoup de ceux-ci, par leur origina-
lité, par leur matière pleine et leurs colorations
harmonieuses, achèvent l’excellente impression
fournie par l’industrie française de la terre et
du feu.
La poterie exposée au pavillon hollandais ap-
paraît, à première vue, beaucoup plus modeste.
Elle est d’ailleurs moins coûteuse. C’est une
CÉRAMIQUE DE GORNICK. (AUTRICHE).
qualité qui permet à un art d’application essen-
tiellement usuelle de se vulgariser. Les formes
sont simples, les motifs décoratifs peu audacieux,
les émaux et les glaçures assez ordinaires. Il
y a pourtant quelques travaux à la barbotine
fort intéressants, pour qu’ils appliquent des mo-
tifs originaux à la confection d’objets vraiment
populaires. Certaines stylisations décoratives sont
assimilables aux motifs que Toorop a vulgarisé
dans ses batiks et que l’on rencontre dans beau-
coup de productions des écoles d’art appliqué de
la Hollande.
La section des poteries, des faïences et des
porcelaines anglaises est absolument remarqua-
ble. Non seulement les services, les objets usuels
de porcelaine sont d’un fini irréprochable, aussi
bien dans la pureté de la pâte que dans la déco-
ration, mais le compartiment des poteries pro-
prement dites présente des pièces superbes.
Les Anglais se sont spécialisés dans certaines
recherches des techniques anciennes et étran-
gères. Ils ont obtenu des résultats remarquables
et leurs pâtes et leurs vernis n’ont rien à envier
aux plus célèbres productions de la poterie chi-
noise, française, etc.
Certes, les formes des poteries varient peu.
Mais cette uniformité dans la ligne est rachetée
par une richesse de coloration et de décoration
vraiment extraordinaires. L’amateur d’émaux ori-
ginaux, de recherches dans l’utilisation des gla-
çures et des coulées d’oxydes est satisfait. Il y
a, dans les vitrines, une véritable abondance
de pièces originales, aux décors riches, des
réussites de coulées dont on trouve rarement
l’équivalent dans les autres sections et qui donne
l’impression d’une science profonde de la chimie
appliquée à l’émaillage et à la cuisson des pâtes.
Certaines firmes exposent des pièces uniques,
offrant des oxydations étonnantes, sans craque-
lure, assimilables aux plus célèbres découvertes
des céramistes chinois.
11 faut rendre aussi cette justice aux industriels
et aux artistes anglais qu’ils sont parvenus à
un remarquable degré de perfection dans la
production des pièces usuelles, des services, etc.
Mais cette perfection est purement technique,
industrielle si nous pouvons nous exprimer ainsi,
et les révélations d’un art décoratif vraiment-
neuf y sont peu caractéristiques.
Telle est, dans ces grandes lignes, la syn-
thèse de la participation étrangère aux sections
des industries de la faïence, de la cérame et
de la porcelaine. Nous nous occuperons, dans
un prochain article, de la participation belge.
Marius Renard.
LES MALADIES PROFESSIONNELLES
Conditions meurtrières du travail. — Défilé des hor-
reurs. — Deux grands coupables : le phosphore et
l’arsenic. — La déchéance physique : le plomb; le
mercure ; le sulfure de carbone ; les dérivés du
goudron ; les dérivés du soufre; les acides et les
alcalis; les désinfectants. — Le Home-Office.
De hideuses maladies guettent le travailleur
dans les usines, dans les mines, partout où
il n’est pas naturel que l’homme aille travailler.
Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front !
Telle était l’antique malédiction jetée sur Adam
et, toute pénible qu’elle fût, ce n’était encore
que demi-mal. La sueur s’essuye d’un revers
de main et tout est dit, on co'ntinue la besogne.
La situation est devenue plus grave. Tu gagneras
ton pain, grâce à Moi, la Civilisation, au préjudice
de ta santé et de celle des générations qui
naîtront de toi! Je t’affligerai de plaies qui
rendront ton visage et tes mains pénibles à sup-
porter et effroyables à voir. Je te pourrirai dans
la chair, ton squelette, et l’on aura horreur
de toi ! Tu gagneras en échange de maigres
salaires, sans joie, dans des locaux immondes.
Qu’importe à la société : il y a sur la terre tant
d’hommes qui te remplaceront pour manger à
leur tour I Tel est le résultat de la civilisation,
avons-nous dit. Non, ce serait la calomnier ;
tel est le résultat, faut-il dire, d’une demi-
civilisation. La civilisation, c’est l’air, la lu-
mière, l’espace, la ration alimentaire suffisante
qui seront un jour distribués à tout le monde.
Des professions meurtrières, y en a-t-il? A
peine. Ce qui est meurtrier, c’est l’avarice, l’in-
curie, l’ignorance, la lésine. Les usines étroites,
mal éclairées, mal entretenues, mal aménagées,
les installations insuffisantes et qui sont, au point
de vue hygiénique, parfois nulles !
Comment, dites-vous, lecteurs éblouis par les
progrès de toutes sortes qu’une' exposition offre
à nos regards charmés, comment, on n’en a
pas encore fini des maladies professionnelles ?
Cependant, nous voyons que la question d’hy-
LA FLEURISTE POUR CONFISERIE.
(EXPOSITION DU TRAVAIL A DOMICILE.)
MÉTIER DANGEREUX PAR L’EMPLOI DES ANILINES.
giène dans les usines n’est pas négligée! La
France, l’Angleterre, la Belgique aussi, exposent
des modèles de systèmes de nettoyage, de
ventilation pour les locaux où se manipulent
les matières toxiques ; des procédés sont connus,
des régimes sont déterminés pour entretenir la
santé du personnel. En effet, on pourrait tra-
vailler les plus sournoises matières dans des
conditions presque salubres, mais ces installa-
tions coûtent cher et celles qui ne coûteraient
pas cher sont tout de même plus onéreuses a
exécuter qu’elles ne sont... quand on ne les
exécute pas !
Mais il y a des lois, des règlements ? Oui.
Oui, dans la province de Liége, par exemple,
le Conseil provincial s’est occupé, avec succès,
des mesures à prendre dans les charbonnages
contre les ravages de l’ankylostomasie. Les ré-
sultats furent même si encourageants qu’en 1908
cette assemblée procéda à la nomination d’une
commission spéciale chargée d’étudier les moyens
d’intervention de la province en faveur des ou-
vriers atteints d’autres maladies professionnelles.
Chaque maladie devait faire l’objet d’un exa-
men attentif de la Commission. On s’est préoc-
cupé jusqu’ici presque exclusivement du nys-
tagmus (affection des yeux), autre maladie des
mineurs, et 'du saturnisme. Jusqu’ici, les médecins
n’étant pas parvenus à se mettre d’accord, ni
sur les causes ni sur les moyens curatifs de ces