ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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282 L’EXPOSITION DE BRUXELLES au « vapo » à base de dessin géométrique. Nous préférons — et de beaucoup — à l’ensemble des pièces créées pour la vente courante: petits groupes maniérés, terres cuites polychromées, vases à vernis clair çà et là décorés de motifs aux gammes grises, quelques pièces uniques su- perbes, des hibous notamment et des colorations en oxydes où s’affirment de curieuses trou- vailles. Le minime espace réservé à la section des Arts décoratifs français n’a pas permis de donner au compartiment des grès et des cérames toute l’importance désirable. Mais la parfaite beauté des quelques œuvres exposées dans le salonnet caractérise on ne peut mieux la diversité et l’extrême originalité des tendances manifes- tées chez nos voisins. En France, les arts appliqués ne sont pas asservis à une maîtrise unique. Si l’artiste déco- rateur a souci d’obtenir la plus haute expression de son art, par la création simultanée de l’œuvre et de son milieu, il chérit par-dessus tout l’ori- ginalité et la liberté de l’expression. L’un d’eux caractérisait ainsi ce souci d'indépendance : une perpétuelle création répondant à la perpétuelle variété des êtres et des conditions dans les- quelles ils vivent. La façade extérieure du salon des Arts déco- ratifs français comprend des vases décoratifs de lignes simples, mais embellis de riches émaux aux tons doux. Une vitrine est réservée aux productions de la manufacture de Sèvres. Çà et là, sur les selles et dans les intérieurs, on remarque des grès de Lachenal, de Vallombreux, de Decœur, et dans les cadres renfermant les projets, on trouve de très curieuses stylisations d’après la faune ou la flore, pour des pièces usuelles de faïence ou de porcelaine. Nous signa- lerons aussi les merveilleux vases de Sèvres aux tons délicats qui décorent le salon d’hon- neur de la section française. Quelques usines exposent, plus loin, leurs pro- duits et beaucoup de ceux-ci, par leur origina- lité, par leur matière pleine et leurs colorations harmonieuses, achèvent l’excellente impression fournie par l’industrie française de la terre et du feu. La poterie exposée au pavillon hollandais ap- paraît, à première vue, beaucoup plus modeste. Elle est d’ailleurs moins coûteuse. C’est une CÉRAMIQUE DE GORNICK. (AUTRICHE). qualité qui permet à un art d’application essen- tiellement usuelle de se vulgariser. Les formes sont simples, les motifs décoratifs peu audacieux, les émaux et les glaçures assez ordinaires. Il y a pourtant quelques travaux à la barbotine fort intéressants, pour qu’ils appliquent des mo- tifs originaux à la confection d’objets vraiment populaires. Certaines stylisations décoratives sont assimilables aux motifs que Toorop a vulgarisé dans ses batiks et que l’on rencontre dans beau- coup de productions des écoles d’art appliqué de la Hollande. La section des poteries, des faïences et des porcelaines anglaises est absolument remarqua- ble. Non seulement les services, les objets usuels de porcelaine sont d’un fini irréprochable, aussi bien dans la pureté de la pâte que dans la déco- ration, mais le compartiment des poteries pro- prement dites présente des pièces superbes. Les Anglais se sont spécialisés dans certaines recherches des techniques anciennes et étran- gères. Ils ont obtenu des résultats remarquables et leurs pâtes et leurs vernis n’ont rien à envier aux plus célèbres productions de la poterie chi- noise, française, etc. Certes, les formes des poteries varient peu. Mais cette uniformité dans la ligne est rachetée par une richesse de coloration et de décoration vraiment extraordinaires. L’amateur d’émaux ori- ginaux, de recherches dans l’utilisation des gla- çures et des coulées d’oxydes est satisfait. Il y a, dans les vitrines, une véritable abondance de pièces originales, aux décors riches, des réussites de coulées dont on trouve rarement l’équivalent dans les autres sections et qui donne l’impression d’une science profonde de la chimie appliquée à l’émaillage et à la cuisson des pâtes. Certaines firmes exposent des pièces uniques, offrant des oxydations étonnantes, sans craque- lure, assimilables aux plus célèbres découvertes des céramistes chinois. 11 faut rendre aussi cette justice aux industriels et aux artistes anglais qu’ils sont parvenus à un remarquable degré de perfection dans la production des pièces usuelles, des services, etc. Mais cette perfection est purement technique, industrielle si nous pouvons nous exprimer ainsi, et les révélations d’un art décoratif vraiment- neuf y sont peu caractéristiques. Telle est, dans ces grandes lignes, la syn- thèse de la participation étrangère aux sections des industries de la faïence, de la cérame et de la porcelaine. Nous nous occuperons, dans un prochain article, de la participation belge. Marius Renard. LES MALADIES PROFESSIONNELLES Conditions meurtrières du travail. — Défilé des hor- reurs. — Deux grands coupables : le phosphore et l’arsenic. — La déchéance physique : le plomb; le mercure ; le sulfure de carbone ; les dérivés du goudron ; les dérivés du soufre; les acides et les alcalis; les désinfectants. — Le Home-Office. De hideuses maladies guettent le travailleur dans les usines, dans les mines, partout où il n’est pas naturel que l’homme aille travailler. Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ! Telle était l’antique malédiction jetée sur Adam et, toute pénible qu’elle fût, ce n’était encore que demi-mal. La sueur s’essuye d’un revers de main et tout est dit, on co'ntinue la besogne. La situation est devenue plus grave. Tu gagneras ton pain, grâce à Moi, la Civilisation, au préjudice de ta santé et de celle des générations qui naîtront de toi! Je t’affligerai de plaies qui rendront ton visage et tes mains pénibles à sup- porter et effroyables à voir. Je te pourrirai dans la chair, ton squelette, et l’on aura horreur de toi ! Tu gagneras en échange de maigres salaires, sans joie, dans des locaux immondes. Qu’importe à la société : il y a sur la terre tant d’hommes qui te remplaceront pour manger à leur tour I Tel est le résultat de la civilisation, avons-nous dit. Non, ce serait la calomnier ; tel est le résultat, faut-il dire, d’une demi- civilisation. La civilisation, c’est l’air, la lu- mière, l’espace, la ration alimentaire suffisante qui seront un jour distribués à tout le monde. Des professions meurtrières, y en a-t-il? A peine. Ce qui est meurtrier, c’est l’avarice, l’in- curie, l’ignorance, la lésine. Les usines étroites, mal éclairées, mal entretenues, mal aménagées, les installations insuffisantes et qui sont, au point de vue hygiénique, parfois nulles ! Comment, dites-vous, lecteurs éblouis par les progrès de toutes sortes qu’une' exposition offre à nos regards charmés, comment, on n’en a pas encore fini des maladies professionnelles ? Cependant, nous voyons que la question d’hy- LA FLEURISTE POUR CONFISERIE. (EXPOSITION DU TRAVAIL A DOMICILE.) MÉTIER DANGEREUX PAR L’EMPLOI DES ANILINES. giène dans les usines n’est pas négligée! La France, l’Angleterre, la Belgique aussi, exposent des modèles de systèmes de nettoyage, de ventilation pour les locaux où se manipulent les matières toxiques ; des procédés sont connus, des régimes sont déterminés pour entretenir la santé du personnel. En effet, on pourrait tra- vailler les plus sournoises matières dans des conditions presque salubres, mais ces installa- tions coûtent cher et celles qui ne coûteraient pas cher sont tout de même plus onéreuses a exécuter qu’elles ne sont... quand on ne les exécute pas ! Mais il y a des lois, des règlements ? Oui. Oui, dans la province de Liége, par exemple, le Conseil provincial s’est occupé, avec succès, des mesures à prendre dans les charbonnages contre les ravages de l’ankylostomasie. Les ré- sultats furent même si encourageants qu’en 1908 cette assemblée procéda à la nomination d’une commission spéciale chargée d’étudier les moyens d’intervention de la province en faveur des ou- vriers atteints d’autres maladies professionnelles. Chaque maladie devait faire l’objet d’un exa- men attentif de la Commission. On s’est préoc- cupé jusqu’ici presque exclusivement du nys- tagmus (affection des yeux), autre maladie des mineurs, et 'du saturnisme. Jusqu’ici, les médecins n’étant pas parvenus à se mettre d’accord, ni sur les causes ni sur les moyens curatifs de ces