ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 283 trUean ya/vau TRIAGE DES LAINES. LE TRIAGE DES LAINES BRUTES EST NUISIBLE AUX OUVRIERS. — LA MALADIE PROFESSIONNELLE EST CHEZ EUX L’ANTHRAX. maladies, la commission n’a pu présenter de solution définitive au Conseil provincial. Le Conseil provincial a porté à son budget une somme de 3,000 francs destinée, en partie seu- lement, à couvrir les frais de l’enquête. Or, il est évident que des recherches de cette na- ture, réclamant des spécialistes, ne peuvent pas être effectuées avec des sommes aussi dérisoires. Ce que l’on a peut-être pu faire de plus efficace jusqu’ici, mais seulement pour pallier les conséquences des maladies professionnelles, c’est de les ranger dans la classe des accidents du travail, ce qui permet quelque action des lois actuellement existantes. La section d’hygiène de l’Exposition montre une suite de modèles de cire reproduisant l’as- pect que prennent sur les malades ces différents accidents du travail. La vitrine est instructive. Les jeunes gens intelligents et robustes qui se proposent quelque avenir dans les métiers feront bien de faire une visite à ce petit musée des hor- reurs avant de se choisir une carrière. Ce sont des industries où l’ouvrier ne prospère pas, nous disait un patron, il y « crève ». Voulez-vous voir ? Quelques industries nou- velles, ou à peu près, ont fait naître tout de suite des maladies nouvelles. Par exemple, la vulcanisation du caoutchouc, pour automobiles, réclame l’emploi du sulfure de carbone, liquide a odeur repoussante qui émet des vapeurs dan- gereuses quand elles sont absorbées par les voies respiratoires. C’est un poison agissant sur le système nerveux et sur le sang, dont il altère le principe même, l’hémoglobine. Le soufre, d’où il dérive, n’est pas un poison, mais presque tous ses composés sont très nocifs et l’empoisonne- ment chronique attend les travailleurs q'ui les manipulent sous les formes d’anhydrides sulfu- reux et sulfurique (vitriol), acide sulfhydrique, chlorure de soufre. Ces substances occasionnent des troubles mentaux, la paralysie et la dé- mence. Les dérivés du bienfaisant goudron sont, eux, traîtres aussi. Ce sont la benzine vraie, pyridine, mtrobenzol, dinitrobenzol, couleurs d’aniline, acide picrique et picrate, benzol. Famille dan- gereuse, dont le voisinage n’amène rien moins chez l’ouvrier que la déchéance physique, sous des formes nombreuses : attaques épileptiformes, troubles de la vue, manque de coordination dans les mouvements , ■intoxication chronique ; anémie avec vertiges et eczéma. Viennent maintenant deux grands meurtriers, déjà célèbres pour leurs méfaits dans l’industrie : l’arsenic et le phosphore. L’arsenic pur n’est pas vénéneux. 11 présente l’aspect d’une roche métallique. Les Chinois y taillent des coupes où séjourne de l’eau que l’on boit pour les propriétés de rajeunissement, dit-on, qu’elles ont acquises au contact de l’arsenic. Il n’en est plus de même quand il s’agit des dérivés : acide arsénieux, verts de Schweinfurt et de Scheele, LE CLOUTIER. — (EXPOSITION DU TRAVAIL A DOMICILE). — MÉTIER NUISIBLE A CAUSE DES PARTICULES DE FER QUI PAR LA RESPIRATION S’EMMAGASINENT DANS LES POUMONS. cochenille artificielle, sulfures d’arsenic, orpi- ment. L’empoisonnement chronique amène la chute des cheveux, celle des ongles, le saigne- ment des gencives, la desquamation. Ces acci- dents s’accompagnent de la paralysie de l’un ou des deux côtés, d’attaques épileptiformes, d’irritabilité, de mélancolie. Voyons les méfaits de l’autre bandit, le phos- phore, neut-être plus redoutable. Il ne veut pas qu l’on touche à sa chair blanche et lumi- neuse. Il se venge et terriblement. Une fois accu- mulé dans l’organisme, où il pénètre soit par les voies respiratoires sous forme de vapeurs, soit à l’état solide ou liquide par contact direct, il commence son œuvre effroyable par l’empoi- sonnement chronique. Il s’attaque à la mâchoire et spécialement au maxillaire inférieur, mais