ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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284 L’EXPOSITION DE BRUXELLES aussi aux autres os de la face et aux cornets du nez. Toutes les dents deviennent doulou- reuses. La gangrène de la mâchoire donne lieu à des abcès et le travail de destruction de la substance osseuse est lent et terrible. La mâ- choire lutte, elle cherche à se réparer, recrée des portions nouvelles d’os et rejette à travers la chair les débris gangrenés ; les brèches lais- sées dans la mâchoire sont comblées par des sécrétions calcaires qui arrivent à en changer complètement la forme primitive. Les instituts provinciaux d’hygiène ont édicté des mesures nombreuses de prudence pour les ouvriers. Ceux-ci feraient mieux de choisir un autre métier. Mais alors, qui préparerait les bronzes phosphoreux dont les industries élec- triques ont besoin, et les allumettes ? Le phos- phore rouge, ordonné pour la fabrication de ces dernières, est de beaucoup moins vénéneux. Les industries du mercure, pour être moins meurtrières, sont encore peu recommandables également : inflammation des gencives, des os maxillaires ; lui aussi occasionne la nécrose ou gangrène, mais seulement partielle ; il décalcifie le squelette, les os deviennent faibles. Les fonc- tions de la génération sont troublées ; les mains tremblent, la peau devient molle, flasque, c’est la déchéance physique. Ces assassins sont tous les amalgames du mercure avec les métaux, ainsi que ses composés : chlorures, sulfures, nitrate, sulfate, fulminate. Et qu’y a-t-il à l’actif du plomb ? Celui-ci est nuisible sous tous ses états, li- tharge, céruse, minium, acétate, plomb métalli- que, alliages chromés, sulfate de plomb. Mal- heureusement, les usages du plomb sont nom- breux. Au point de vue danger, il blêmit la face, gonfle les gencives, attaque la sensibilité nerveuse, cause la perte momentanée de l’usage des sens, cécité, surdité, odorat, goût, toucher ; occasionne des paralysies, des troubles de la volonté ; diminue et fait même disparaître le lait chez les mères ; enfin, pour mettre le comble à ses abominations, poursuit les pères dans leur descendance : s’ils sont intoxiqués par le plomb, leurs enfants sont maladifs. Le manganèse occasionne l’amaigrissement et l’hydropisie des membres inférieurs, des an- goisses, des rires et des pleurs impulsifs, en même temps qu’un affaiblissement de l'intelli- gence. Ses combinaisons sont nombreuses : byoxide, couleurs de manganèse, alliages avec les métaux, acétate, borate, chlorure, oxydes, carbonate, oléate, sulfate, acide manganique, permanganate de potassium. Les acides et alcalis vont à peu près clore notre liste meurtrière. Ils agissent par contact ou par émanations sous forme de vapeurs qui imprègnent les voies respiratoires. Ce sont les acides nitrique, sulfurique, prussique ; la potasse et la soude ; l’ammoniaque, le cyanure de po- tasse, les sulfocyanures. Ces substances occa- sionnent des empoisonnements chroniques qui n’ont cependant pas l’importance des précé- dents. Enfin, même la manipulation des produits désinfectants a ses dangers. Le sublimé, l’acide phénique, l’aldéhyde formique, l’eau de chlore, le chlorure de chaux, par leurs émanations, irri- tent la peau, les yeux, provoquent de la toux, des crachements de sang. Et voilà le conditionnement physique et moral de milliers de travailleurs des deux sexes aux- quels on réclame journellement, pendant de lon- gues heures, de l’intelligence et du cœur a l’ouvrage ! Les méthodes préconisées pour la diminution de ces maux effroyables sont la grande propreté, la bonne nourriture et une parfaite ventilation des ateliers. Ce que nous entendons par ven- tilation ce n’est pas d’ouvrir portes et fenêtres, mais de faire disposer dans les fabriques des installations aspiratrices modernes, qui remplis- sent toutes les conditions désirables. En Angleterre, le Home Office est le dépar- tement du gouvernement chargé de l’adminis- tration des mesures relatives au travail et à l'industrie, qui visent à assurer la sécurité, la santé et le bien-être des personnes employées dans les mines, carrières, usines, ateliers, docks, boutiques et construction des édifices. On verra avec intérêt son exposition. LA PARTICIPATION DANOISE Entre la Perse et la Turquie, au milieu de l'exotisme uniforme de l’Orient, apparaît la claire ordonnance, multiple et complexe, d'un pays d’Europe. C’est le Danemark qui installe là ses produits et dont le portique d’architecture singulière nous rappelle les vieux monuments de la Scandinavie. L’exposition du Danemark n’est pas grande, mais elle est intéressante par sa variété et par la valeur des produits exposés. Dès l’entrée, nous remarquons un superbe étalage de porcelaines et de faïences de Copenhague. Puis, plus loin, LA FAÇADE DE LA SECTION DANOISE. des objets de céramiques encore, provenant de la manufacture nationale, des livres édités par l’im- primerie royale, des appareils de gymnastique qui nous font souvenir du rôle que la gymnas- tique occupe dans l’éducation scandinave, des produits de la laiterie danoise, des conserves, des tapis, des étoffes décoratives et, bien à tort, dissimulées à la partie postérieure du pavillon, des cartes postales publiées par le Touring-Club local qui nous laissent deviner quelques paysages urbains ou quelques sites campagnards de cette pittoresque contrée. Tous ces produits sont admirablement présen- tés, dans un ordre parfait. Nous le répétons, l'exposition du Danemarl< n’occupe qu'un es- pace restreint, mais elle attire l’attention. Son succès date des premiers jours ; elle se présenta, dès l'ouverture, claire, pimpante, toute blanche, faisant déjà admirer ses belles poteries artis- tiques aux teintes d’azur, aux nuances soyeuses et fauves. Dès les premiers jours, alors que peu d’étrangers n’étaient venus encore, on pou- vait voir le messager de la section se promener en ville, avec, sur sa casquette, une inscription en une langue inconnue qui dût intriguer bon nombre de nos concitoyens. Cela portait ce mot : Bybud, et cela voulait tout simplement dire dans la langue de Brandes: « Messager urbain ». Le public vint visiter assidûment la section danoise lorsque seule elle était terminée, au milieu des constructions inachevées des compartiments voisins. On vient la voir avec le même intérêt, maintenant qu’autour d’elle des nations plus ri- ches étalent leurs splendeurs. Et très naturellement, en visitant ces stands si bien ordonnés, l’esprit se reporte vers le pays qui les organise et dont ils contiennent les produits. Le Danemark n’est qu’un petit pays. Son territoire, une presqu’île et quelques îles, est restreint ; sa population ne s’élève pas à beaucoup plus de deux millions d’habitants, mais ce petit pays joue un rôle important dans la civilisation européenne. Il eut, au cours du siècle dernier, des poètes tels que Holger Drachmann, des artistes tels que Kröyer, des penseurs tels que Kjerkegaard et Georges Brandes. Le Danemark forme pour ainsi dire le chaînon qui unit la Scandinavie à l’Allemagne. Le ger- manisme s’adoucit dans cette contrée. Il y a moins de rudesse, moins d’efforts, plus de spon-