Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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1
LES JARDINS. — DEVANT LE PAVILLON DE MONACO
LA PARTICIPATION DU GUATÉMALA
Ainsi que l’a dit en excellents termes son
commissaire-général, M.Thiéry, le jour de l’inau-
guration du pavillon guatémaltèque, « le gou-
vernement du Guatémala, en participant à l’Ex-
position de Bruxelles, n’avait d’autre but que
de faire connaître les multiples ressources de
son territoire. Celui-ci, relativement petit, occupe
une étendue égale à la Belgique et à la Hollande
réunies ; il comporte une population de près
de deux millions d’habitants ; son climat est
exceptionnel et varié : baigné par les océans
Pacifique et Atlantique, il permet aussi bien les
cultures des régions tropicales que celles des
régions tempérées. Le maïs y donne par an
trois récoltes ; les blés et les riz en produisent
deux. Le café, la canne à sucre, les cacaos,
le tabac, les bananes donnent également de très
bons résultats. La flore médicinale offre un vaste
champ pour le développement de nouvelles
industries ».
Le Guatémala expose, à côté des produits
de ses forêts, des échantillons de minerais de fer,
de zinc, de plomb, d’or et d'argent que son
sous-sol renferme et dont l’extraction donnerait
des bénéfices à l’exploitant.
Par les quelques produits de l’industrie guaté-
maltèques exposés, on pourra juger combien on
pourra encore lui faire faire. Voici, au surplus,
Quelques notes complémentaires sur la petite
république de l’Amérique centrale :
Le Guatémala est limité au Nord par le
Mexique, par la colonie anglaise de Belice
et le golfe Honduras ; au Sud, par l’Océan
Pacifique; à l’Est, par les républiques de
Honduras et Salvador, et, à l’Ouest, par les
etats mexicains de Tabasco et Chiapa et par
1 Océan Atlantique.
Son climat, chaud mais tempéré, n’est jamais
excessif; c’est le pays de 1’ « éternel prin-
temps » des poètes.
Le Guatémala, par sa position géographique,
occupe une situation exceptionnelle: il est le
« Suez » des deux Amériques, il est le « Pana-
ma » des deux Océans, car ses lignes ferrées
desservent, en même temps que ses principaux
centres et sa belle capitale, les plus beaux ports
du monde, tant sur l’Atlantique que sur le Paci-
fique.
Les produits de ce pays privilégié de la
nature, par son ciel, par son sol, par les richesses
minérales de son sous-sol, sont des plus variés,
des plus abondants et des plus riches ; toutes
les branches de l’industrie et du commerce peu-
vent, avec les plus grands fruits, s’y implanter
et bénéficier, en même temps que des immenses
ressources de ces contrées encore neuves, d’une
organisation sociale modèle, exemplaire, dont
tout l’honneur revient au Senor Estrada Cabrera,
licencié en droit, Président de la République
depuis 1899, réélu comme tel en 1905, puis,
à nouveau, et par acclamations enthousiastes, en
1910, pour une nouvelle période de six années.
Depuis douze ans que règne cette présidence,
les progrès, tant matériels que moraux, de la
Nation ont été s’accentuant dans la paix et la
LA FAÇADE DE LA SECTION DU GUATÉMALA.
concorde jusqu’à s’épanouir en une magnifique
efflorescence, dont, actuellement, l’étranger est
convié à prendre une part, toute pétrie des réa-
lités et des promesses les plus souriantes.
Le Guatémala, outre ses moyens de communi-
cations internationales par mer, possède un
réseau de chemins de fer, de canaux et de lacs
qui dessert toutes ses provinces.
Dans quelques mois, les cinquante derniers
kilomètres qui doivent relier le réseau guaté-
maltèque aux chemins de fer mexicains, seront
livrés à l’exploitation: le voyageur pourra se
rendre directement par rail de San-Francisco à
New-York, Chicago et Guatémala, où rien ne
l’empêche de poursuivre son voyage par chemin
de fer jusqu’à Puerto-Barios, et, là, de s’em-
barquer pour tous les ports de l’Amérique du
Sud : c’est-à-dire que la voie de communica-
tion la plus sûre, la plus rapide et la plus agréa-
ble est créée, de l’Amérique du Sud à l’Améri-
que du Nord. Ce chemin de fer (du Mexique
à Guatémala) est la première moitié du « Pan-
Américain » qui doit traverser les deux Amé-
riques du Nord au Sud ; il se poursuivra par
le Honduras, le Nicaragua, Costa-Rica, Panama,
vers le Brésil et l’Argentine.
Ce projet grandiose a les apparences d’un
rêve, tant il est gigantesque: il est peut-être
cependant plus près de se réaliser complètement
qu’on ne le croit.
L’entièreté du territoire guatémaltèque est
donc accessible et ouvert à toutes les exploita-
tions, forestières, agricoles, minières, commer-
ciales. Rappelons que ces contrées renferment des
forêts vierges de bois précieux, qui n’attendent
que la hache des bûcherons ; des plaines fertiles
où, d’après les zones, on récolte, sans engrais
et jusqu’à trois fois l’an, les blés, les maïs ;
les riz, les tabacs, les cafés, les cacaos, les
plantes textiles de toutes natures, les cotons,
les quinquinas, les caoutchoucs, les ramies, les