ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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294 L’EXPOSITION DE BRUXELLES Le Bon Marché occupe actuellement, dans la rue Neuve, deux vastes et importantes construc- tions, portant les n°s 117 à 133, entre lesquelles passe la rue de la Blanchisserie et que réunit un élégant pont aérien Louis XVI, unique en CHAMBRE A COUCHER LOUIS XVI. son genre, qui est une des curiosités du Bru- xelles Moderne. L’immeuble portant le n° 117 est affecté en- tièrement à l’ameublement ; ce département s’est, en effet, accru à tel point qu’il a fallu le trans- férer dans ce bâtiment qui lui est exclusivement réservé. Avant même que le visiteur y pénètre, ses re- gards, invinciblement attirés et retenus, contem- plent, sans se lasser, à travers les admirables glaces du rez-de-chaussée, se déployant dans un cadre des plus merveilleux, une exposition per- manente de meubles de tous genres où le luxe le plus somptueux s'allie au goût le plus pur. Est-ce bien même une exposition ? Oui, évidemment, si nous nous arrêtons aux meubles légers, bambous et autres qui garnissent le sous-sol. Mais, pour l’admirer de plus près, laissons l’ascenseur et engageons-nous dans le magni- fique escalier, dont les courbes harmonieuses semblent nous appeler, nous inviter. Nous voici maintenant au premier étage. bibelots, où, inspirés d’un art nouveau, les meu- bles acquièrent un cachet si prononcé d’élégance et de bon goût, où tentures et tapis font admirer la grâce de leurs dessins, la délicatesse de leurs nuances. On dirait qu’une élégante maîtresse de maison a présidé à cette in lallation, où tout révèle la main et le cerveau d’une femme. Et maintenant nous voici dans un milieu plus austère ; le caractère des meubles et du décor, leur aspect grave, dans lequel transparaît une certaine solennité, nous montrent, sans que l’on puisse s’y méprendre, que nous sommes dans le cabinet, dans le bureau d’un homme d'affaires qui, bientôt, nous semble-t-il, va nous apparaître et nous interroger. Car la note dominante de tous ces intérieurs, c’est, avec l’esthétique, la vie. Ils sont habités ou ils viennent de l’être ; c’est l’expression qui se dégage de cette visite, c’est l’illusion qui lutte victorieusement contre la vérité, contre l’évi- dence. Comment, dans ces conditions, les plus diffi- ciles, les plus exigeants n’arriveraient-ils pas à se créer le « home » confortable et charmant qu’ont entrevu leurs rêves, le foyer idéal, auquel on s’attache et dont on ne s’arrache qu’avec peine, tant l’existence y est plaisante et douce. Il est cependant évident que malgré leur va- riété, leur multiplicité, leur caractère éminem- ment artistique, les mobiliers du Bon Marché ne peuvent apporter une égale satisfaction à tous les amateurs, tant est grande la diversité- des goûts. Mais M. Vaxelaire, sans être magi- cien, a trouvé le moyen d’exaucer les désirs les plus secrets de ses visiteurs. Dans de vastes ateliers, rue des Longs-Cha- riots, une pléiade de dessinateurs de talent, une nombreuse équipe d’ébénistes au si habiles qu’ex- périmentés sont là tout prêts à donner un corps à vos idées, si imprécisément formulées soient- elles. à réaliser vos conceptions les plus ori- ginales et les plus imprévues. Franchissons maintenant par le pont Louis XVI, la rue de la Blanchisserie et pénétrons dans le plus ancien et aussi le plus important des bâtiments. Le rez-de-chaussée est entièrement occupé par les tissus au métrage, lainages, soieries, la gan- terie, le blanc, la lingerie. Devant ces rayons, auxquels vinrent s’ajouter, l’an dernier, les fleurs et les plumes, se pressent et défilent constam- ment, se renouvelant sans ce.se, d’aimables visi- teuses, rivalisant de grâce et d’élégance. A l’entresol s’ouvre le Département pour hommes et garçonnets. Inutile de dire qu’il com- porte une abondante collection de vêtements tout faits, pour toutes les tailles et pour tous les âges. Mais les élégants trouvent au Bon Marché, des coupeurs fort habiles, les premiers de Paris et de Londres, qui les habilleront d’une façon impeccable, sachant discerner avec tact ce qu’il faut au jeune homme, dont le rêve est d’être habillé à la dernière mode, ce qui convient à l’homme d’un certain âge. dont la tenue exige plus de gravité et de discrétion, en observant, pour les uns comme pour les autres, cette élé- gance de bon ton qui est le cachet indiscutable du vrai gentleman. Le premier étage est le paradis de la femme. Il est uniquement consacré aux dames et aux fillettes. Que de trésors s’étalent devant les yeux charmés et pétillants de convoitise des visi- teuses, dans cet Eden, aux proportions si vastes que, même les jours d’exposition où l’affluence est énorme, il n’y a jamais de cohue. Ce sont, avec les robes, les blouses, les man- teaux, les toilettes, les plus simples comme les plus riches, mais toutes d’un goût parfait, d’une suprême distinction, les costumes tailleur im- peccables de coupe et d’allure, les chapeaux gracieusement fleuris ou royalement empennés, les corsets affinant, allongeant, modelant le Nous restons un moment immobile de sai- sissement, nous nous demandons si nous ne sommes pas les victimes d’une involontaire méprise. Nous pensions entrer dans un magasin, dans un hall, et voici qu’au contraire, nous nous trouvons dans une de ces grandes demeures aristocratiques, où les tableaux de maîtres, et les meubles du style le plus pur évoquent et révèlent les goûts artistiques de ceux qui ont l’heur de l’habiter. C’est d’un pas hésitant que nous foulons les superbes tapis, c’est timidement que nous pas- sons successivement du salon à la bibliothèque, à la salle à manger, à la chambre à coucher, que nous parcourons, étonnés et ravis, toute cette série de pièces, plus riches, plus somptueuses les unes que les autres. Il nous semble que devant nous va surgir le maître de céans qui nous demandera compte de notre indiscrétion. Le décor change. Ce n’est plus maintenant la somptuosité un peu sévère des siècles passés, c’est le luxe plus délicat, plus accueillant des temps présents. C’est une de ces jolies et co- quettes demeures modernes où fourmillent les 1 VITRINE DE LA TOILETTE FÉMININE A L’EXPOSITION.