ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 295 buste, effaçant l’embonpoint, donnant, en un mot, la ligne idéale, et que sais-je ; l’énumé- ration serait interminable, car il y a là tout ce que la femme coquette peut souhaiter, tout ce qui la rend jolie et désirable. Sous des vitrines fort élégantes, nous avons remarqué des modèles, qu’auraient volontiers signés les plus illustres de nos grands faiseurs. C’est que M. Vaxelaire a toujours tenu à s’en- tourer de collaborateurs de haut mérite. Il ne considère pas les sacrifices mais le résultat. Il entend avoir les coupeurs les plus experts, les ouvriers les plus habiles ; il n’hésite pas à les faire venir à grands frais et à les rémunérer à leur juste valeur. Aussi la plus élégante des Bruxelloises n’a-t-elle rien à envier à la plus élégante des Parisiennes. * * * qu’elle avait été conçue avec une intelligence nette des conditions à observer, du but à rem- plir. A l’époque où M. et Mme Vaxelaire-Claes ou- vrirent les premiers comptoirs du Bon Marché, toute l’élégance locale prenait ses inspirations ailleurs. Il eût été trop facile de suivre les mêmes errements en faisant simplement œuvre de- centralisation. Le grand mérite des fon- dateurs du Bon Marché a été au contraire d’ins- pirer et de stimuler la production locale, d’am- plifier ses moyens en lui offrant de larges et nouveaux débouchés, et, du même coup, d’offrir à la clientèle des conditions telles qu’au lieu de se recruter uniquement dans l’élite, dans l’aristocratie et la haute bourgeoisie, elle devait s'augmenter continuellement de l'appoint des classes plus modestes. L'effort créateur de M. Vaxelaire a d’ailleurs reçu toutes les consécrations méritées. Le fon- dateur du Bon Marché est Officier de l’Ordre de Léopold, Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Ordre de Charles III d’Espagne, Commandeur de l’Ordre d’Isabelle la Catho- lique. Le Bon Marché a remporté les plus hautes récompenses partout où il a exposé : Bruxelles i88o et Amsterdam 1883 : hors concours, mem- bre du jury ; Anvers 1885 : diplôme d’honneur ; Nouvelle-Orléans 1885: médaille d’or, la plus haute récompense; Barcelone 1888: membre du jury ; Paris 1889 : président du jury ; An- vers" 1894: hors concoure, président du jury; Bruxelles 1897: hors concours, membre du jury ; Paris 1900 : hors concours ; Saint-Louis 1904: grand prix; Liége 1905: hors con- cours, membre du jury; Nancy 1909 : hors concours, président du jury. Le rôle que jouent les magasins de nouveautés dans la vie d’une grande cité moderne, ce n’est pas à nos lecteurs que nous l’apprendrons. Il est considérable et il est essentiel. Sans ses bazars colossaux, dont aucun ne ressemble à l’autre, Paris ne serait pas Paris. De même, à l’époque de son développement intense, Bruxelles du: comprendre la nécessité et les avantages de ces vastes entreprises, et il se trouva heureusement quelqu’un de là-bas, pour donner à l’idée une réalisation en accord avec le caractère et le goût de la nation. Un des traits caractéristiques des Grands Magasins du Bon Marché de Bruxelles, c’est que les fondateurs, M. et Mme Vaxelaire-Claes, ont du premier coup imprimé à leur œuvre un caractère local, et qu’ils ont toujours été suivis et aidés dans cette voie, depuis 1865, par leurs collaborateurs et leurs continuateurs. Nous ne sommes pas ici en présence d’une réplique facile des entreprises similaires de Paris mais, au contraire, nous avons devant nous une tentative essentiellement personnelle et originale, et il faut ajouter : une tentative qui a réussi, qui a pris des proportions gigantesques, précisément parce MODERN-STYLE. Les Cavernes et les Rivières souterraines de la Belgique Irois hommes d’une science consommée ont unis leurs travaux dans une œuvre commune et ont doté la Belgique d’un ouvrage unique, de toute première importance, véritable monu- ctent à l’histoire de la goutte d’eau... potable. Nous connaissons la goutte d’eau et les formes riantes ou majestueuses de ses innombrables agglomérations sous les aspects variées des ruis- seaux, des fleuves et des océans. Elle est char- mante ou terrible dans ses manifestations, soit Qu elle coule à travers les bois frais, soit qu’elle batte les rivages et fasse sombrer les vaisseaux s°us la forme horrible de la tempête. Tout le monde sait, bien que l’on n’y pense guère, Que ces eaux turbulentes sont les mêmes depuis des temps immémoriaux, jamais lasses de tomber sur la surface de la terre où toutes polluent leur limpidité, et jamais lasses d’être toujours les mêmes qui remontent au ciel se purifier dans 'es régions immaculées de la haute atmosphère. Velles qui tombent sur la surface des conti- nents ne vont pas de suite toutes aux cours d eau. Elles arrosent largement les steppes, les Plaines, les champs cultivés, les flancs des mon- tagnes de granit, de calcaires, les plateaux miné- ralogiques de toutes natures qui se trouvent par le monde. Une lourde partie de ces eaux plu- viales ne s’écoule pas en filets à l’air libre, mais est absorbée par les terres et par les roches fendillées qui la boivent comme des épon- ges. En effet, l’eau n’entre pas seulement dans les terres, elle pénètre aussi les roches à la faveur du phénomène de la fissuration. Un ré- seau de fissures crible la masse formidable des montagnes,1 les plateaux rocheux les plus com- pacts, partout où il pleut l’eau circule en veines, en torrents dans des canaux qu’elle s’est creusée, fait des lieues sous la terre avant de reparaître au jour. Mais dans quel état reparaît à la clarté cette eau primitivement si pure quand elle a chu des nuages et qui a fait ensuite un sombre voyage, souvent incpnnu, dans les parties plus ou moins profondes du globe ? Telle est la question à laquelle répondent, pour la Belgique, les auteurs du magnifique travail sur les Cavernes et Rivières souterraines. On sait que les cavernes et les grottes, les abîmes et les aiguigeois (points de perte d’eaux courantes s’engouffrant dans un massif rocheux fissuré) sont des phénomènes des terrains cal- caires et qu’ils sont particulièrement nombreux dans les provinces de Namur, de Liége, ainsi que dans une petite portion ouest de la pro- vince de Luxembourg. Tout le monde connaît les grottes de Han, de Rochefort, de Tilff, de Remouchamps, etc. Ces merveilles sont l’œuvre de l’eau, laquelle abandonne à la voûte et au sol, en stalagtites et en stalagmites, la chaux qu'elle a dissoute par son passage à travers les masses calcaires fissurées qui enveloppent les cavernes dans leurs flancs. L’eau ne s’est pas bornée dans le sol à déposer dans les grottes et les cavernes d’admi- rables festons et colonnades ; c’est elle aussi qui a agrandi ces creux de l’écorce terrestre, chaque fois qu’elle en a trouvé à sa disposition, et c’est elle qui leur a donné ces dimensions parfois considérables ; c’est elle qui a creusé ces chambres et ces hautes salles dont les voûtes se perdent dans la nuit et dont les parois prennent des aspects fantastiques à la lueur des