ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 297 NOS GRANDES INDUSTRIES NATIONALES Les Grandes Brasseries de l’Etoile Oui, c’est parmi nos grandes industries qu’il faut ranger l’entreprise dite des Brasseries de l’Etoile. On sait l’importance que les principales branches de l’industrie de l’alimentation ont eue de tout temps à Bruxelles. Il semble même que notre capitale fut toujours exceptionnellement £ 7. iJzt/i Afa/vjï/* CUVE A BRASSIN (QUAI DE MARIEMONT). propice au commerce du boire et du manger. Que de fortunes provinrent des bénéfices réalisés dans le ravitaillement de nos concitoyens, peu enclins à la tempérance ! Emile Zola lui-même, qui connaissait bien « le ventre de Paris », fut frappé, lors d’un de ses voyages à Bruxelles, de la soif et de l’appétit de notre cité, révélés par la puissance commerciale de tout ce qui est destiné à les satisfaire. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’une société ait eu l’idée d’appliquer à une de ces industries de l’alimentation: la brasserie, les méthodes financière, administrative et technique dont les preuves sont faites, depuis longtemps, dans presque tous les autres domaines de la production. On sera peut-être même surpris de ce que l’on ait attendu jusque dans ces derniers temps pour réaliser ce progrès. Les nouveaux procédés brassicoles, adoptés d’abord à l’étran- ger, ne devaient pas peu contribuer à développer l’importance de la fabrication des bières et, Par conséquent, solliciter l’initiative des hommes d’affaires. Au point de vue des intérêts géné- raux, il importait aussi de lutter contre la con- currence des brasseries étrangères. Aucun organisme n’a compris plus complè- tement que celui des Grandes Brasseries de l’Etoile la modernisation qui pouvait être appor- tée à une industrie séculaire, dont les résultats furent toujours magnifiques. La Belgique ne le cède, en effet, à aucun autre pays, pour la consommation de la bière. * * * Il convient tout d’abord d’évoquer l’impor- tance de l’ensemble des exploitations des Bras- series de l’Etoile. L’établissement du quai de Mariemont, qui couvre 90 ares de terrain, le long du si actif canal de Charleroi, est consacré a la fabrication des bières à fermentation basse • bock, munich et bavière. On y produit aussi les bières nationales. On verra par la suite que la brasserie molen- beekoise de L’Etoile s’agrandit considérable- ment en ce moment. Le développement des moyens de production qui en résultera a paru. sans doute, encore insuffisant aux dirigeants de l’entreprise, puisqu’ils ont acquis récemment l’ancienne brasserie Veuve Mann et Cic, rue du Trône. Les deux usines de l’agglomération bruxelloise des Brasseries de l’Etoile, dont le genre de fabrication est le même, et la brasserie de Bornhem, également acquise par la Société, pro- duisent 200,000 hectolitres par an. La valeur industrielle des Brasseries de l’Etoile n’a pas MACHINES FRIGORIFÈRES. attendu, comme on le constatera, le nombre des années ! Maintenant, soulignons l’importance que pré- sente dans le groupe des exploitations la division de Bornhem. Dans cette ancienne et célèbre brasserie, dont le domaine ne couvre pas moins de trois hectares, ne fabrique-t-on pas ces bières réputées : blonde de Bornhem, « Vieux Temps », uitzet, stout, double-brune, orge, etc ? Note in- dustrielle : ces breuvages sont produits par fer- mentation haute. Voilà l’ensemble d’exploitations énorme, « inté- ressant », dit-on, en langage d’affaires, que pos- sède et fait travailler, aujourd’hui, la firme: Les Grandes Brasseries de l’Etoile. Ce n’est assurément pas banal. Mais les initiés savent qu’un des éléments du problème de la production intensive des grandes brasseries modernes est l’écoulement des fleuves de bière que celles-ci dégorgent... Pour se créer les débouchés nécessaires, les Brasseries de l’Etoile ont acheté ou loué deux cent cinquante immeubles dans l’agglomération bruxelloise et quatre cents à Bornhem et aux environs, dans lesquels se débitent les vingt-huit types de bière que fabrique la Société. Comprend-on, à présent, pourquoi, seules, les sociétés disposant de capitaux importants peuvent triompher sur le nouveau terrain économique de la brasserie moderne ? * * * C’est sur ces impressions de sage mégalomanie industrielle, imposée par les procédés perfec- tionnés, que j’ai visité, en compagnie de M. le directeur Baudry, l’établissement du quai de Mariemont. Voici l’âme de la fabrication, si vous me permettez de m’exprimer ainsi: les machines frigorifiques à l’ammoniaque anhydre, dont la tuyauterie s’enveloppe de givre. Coup d’œil, ensuite, à la salle des machines, où bientôt la force motrice de 150 HP sera portée à 450 HP. On active l’agrandissement de ce hall.