Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
Le mouvement de la cour requiert maintenant
mon attention. Au milieu de la résonnance des
tonneaux vides, heurtés par les outils, des
ouvriers se livrent au « poissage » des fûts.
Cette opération se répète des quantités de fois
par an à la brasserie du quai de Mariemont I
Rien que la futaille nécessaire à la production
d’une grande brasserie coûte un capital. Les
Brasseries de l’Etoile possèdent quarante mille
tonneaux de toutes dimensions et trois millions
de bouteilles !
Plus loin, rougeoyant dans l’ombre d’un han-
gar, les gueules des générateurs, qui auront
incessamment 220 mètres de surface de chauffe.
Puis, court arrêt auprès des pompes qui élèvent
l’eau contenue dans un puits de 105 mètres.
Les écuries méritent aussi une mention. Elles
abritent actuellement soixante chevaux et on
les développent pour loger cent chevaux. A ce
moment, la Société possédera la cavalerie la
plus importante de toutes les brasseries belges.
Je note ensuite l’allure grandiose de la nou-
velle salle de brassage, en voie d’installation.
La production quotidienne de cette usine attein-
dra quinze mille kilos en trois brassins.
Une porte poussée et nous voici dan); le
domaine de l’obscurité et du froid. Mon cicerone
et moi nous glissons dans les étroits couloirs for-
més par la juxtaposition de foudres de soixante
et de quatre-vingts hectolitres. Dans ces caves
énormes, les bières fermentent ou sont conser-
vées pendant une période de trente à cent jours,
sous l’action du froid que dégage la tuyauterie
du plafond, emmitouflée de neige. ,
Malgré l’âpreté d’une température de deux
degrés seulement au-dessus de zéro, je m’at-
tarde à observer le pittoresque de ce milieu,
où les moins imaginatifs songeraient à la légende
des gnomes.
De ces caves « de garde », nous passons dans
celles où s’alignent les cuves de fermentation,
également de dimensions énormes, où la bière
séjourne pendant une durée de 8 à 20 jours,
au sortir du brassin. Même température légè-
rement au-dessus de la glace. Mêmes panses
suggestives. Même étrangeté de spectacle. Mêmes
échos troublants.
« Bock », lit-on, écrit à la craie, sur une
cuve. L’odeur alléchante qui flotte autour de
nous n’aurait certes pas fait douter de la nature
du contenu !
Enfin, nous revoici dans l’éblouissante lumière
du jour et dans la chaleur d’une matinée en-
soleillée ! Bientôt, un escalier en fer nous
conduit dans le hall où la mécanique et la
LAVAGE DES TONNEAUX.
UNE CAVE DE FERMENTATION^BASSE ET DE GARDE,
cuisson transforment eau et grains en bière
brûlante ! La cuve-matière, celle de clarification,
les chaudières à eau et à bière, encapuchonnées
de coupoles et empanachées d’énormes tuyaux
gigantesques alambics — sont superposees
dans les charpentes métalliques de ce domaine
également impressionnant. Dans les greniers, des
sacs regorgent de grains concassés : orge du
pays et blés des contrées balkaniques. Oui, bu-
veurs de bière, de bonne bière, il y a de 1 Orient
dans l’or pâle du breuvage de vos préférences.
Je m’en doutais, mais maintenant je le sais
de science certaine.
Et comme je quittais la brasserie ou l on
distille de la santé, en même temps que du rire,
pour ceux qui savent vider leur verre, en pen-
sant un peu, un bateau de malt venant de
Bornhem, tout blond, tout doré, accostait le quai
de déchargement de l’usine. Il ma semblé que
c’était quelque chose du reflet du croissant
oriental qui venait... à L’Etoile.1
*
* *
Maintenant, chers lecteurs, visitons, si vous
le voulez bien, l’importante division de Bornhem
des Brasseries de l’Etoile.