ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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298 L’EXPOSITION DE BRUXELLES Le mouvement de la cour requiert maintenant mon attention. Au milieu de la résonnance des tonneaux vides, heurtés par les outils, des ouvriers se livrent au « poissage » des fûts. Cette opération se répète des quantités de fois par an à la brasserie du quai de Mariemont I Rien que la futaille nécessaire à la production d’une grande brasserie coûte un capital. Les Brasseries de l’Etoile possèdent quarante mille tonneaux de toutes dimensions et trois millions de bouteilles ! Plus loin, rougeoyant dans l’ombre d’un han- gar, les gueules des générateurs, qui auront incessamment 220 mètres de surface de chauffe. Puis, court arrêt auprès des pompes qui élèvent l’eau contenue dans un puits de 105 mètres. Les écuries méritent aussi une mention. Elles abritent actuellement soixante chevaux et on les développent pour loger cent chevaux. A ce moment, la Société possédera la cavalerie la plus importante de toutes les brasseries belges. Je note ensuite l’allure grandiose de la nou- velle salle de brassage, en voie d’installation. La production quotidienne de cette usine attein- dra quinze mille kilos en trois brassins. Une porte poussée et nous voici dan); le domaine de l’obscurité et du froid. Mon cicerone et moi nous glissons dans les étroits couloirs for- més par la juxtaposition de foudres de soixante et de quatre-vingts hectolitres. Dans ces caves énormes, les bières fermentent ou sont conser- vées pendant une période de trente à cent jours, sous l’action du froid que dégage la tuyauterie du plafond, emmitouflée de neige. , Malgré l’âpreté d’une température de deux degrés seulement au-dessus de zéro, je m’at- tarde à observer le pittoresque de ce milieu, où les moins imaginatifs songeraient à la légende des gnomes. De ces caves « de garde », nous passons dans celles où s’alignent les cuves de fermentation, également de dimensions énormes, où la bière séjourne pendant une durée de 8 à 20 jours, au sortir du brassin. Même température légè- rement au-dessus de la glace. Mêmes panses suggestives. Même étrangeté de spectacle. Mêmes échos troublants. « Bock », lit-on, écrit à la craie, sur une cuve. L’odeur alléchante qui flotte autour de nous n’aurait certes pas fait douter de la nature du contenu ! Enfin, nous revoici dans l’éblouissante lumière du jour et dans la chaleur d’une matinée en- soleillée ! Bientôt, un escalier en fer nous conduit dans le hall où la mécanique et la LAVAGE DES TONNEAUX. UNE CAVE DE FERMENTATION^BASSE ET DE GARDE, cuisson transforment eau et grains en bière brûlante ! La cuve-matière, celle de clarification, les chaudières à eau et à bière, encapuchonnées de coupoles et empanachées d’énormes tuyaux gigantesques alambics — sont superposees dans les charpentes métalliques de ce domaine également impressionnant. Dans les greniers, des sacs regorgent de grains concassés : orge du pays et blés des contrées balkaniques. Oui, bu- veurs de bière, de bonne bière, il y a de 1 Orient dans l’or pâle du breuvage de vos préférences. Je m’en doutais, mais maintenant je le sais de science certaine. Et comme je quittais la brasserie ou l on distille de la santé, en même temps que du rire, pour ceux qui savent vider leur verre, en pen- sant un peu, un bateau de malt venant de Bornhem, tout blond, tout doré, accostait le quai de déchargement de l’usine. Il ma semblé que c’était quelque chose du reflet du croissant oriental qui venait... à L’Etoile.1 * * * Maintenant, chers lecteurs, visitons, si vous le voulez bien, l’importante division de Bornhem des Brasseries de l’Etoile.