Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sider: 500
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
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vapeur aux multiples machines qui y fonction-
nent et notamment aux grandes dynamos.
Peut-être l’étude de vulgaires chaufferies sem-
blera-t-elle prosaïque à plusieurs, à ceux qui
visitent plus volontiers les gracieux halls où
sont exposés les marbres de Carrare, les chefs-
d’œuvre de la peinture ou les merveilles du
travail féminin ; elle semblera ennuyeuse à ceux
que séduisent les truculentes liesses de Bruxelles-
Kermesse. Mais ne doit-on pas rendre hommage
tout d’abord à la Force, aux puissances natu
relles domptées et domestiquées pour notre u'.i
lité... ou notre agrément ?
M. Merry.
DÉCHARGEMENT DES WAGONS DE CHARBON.
VUE DES GODETS TRANSPORTEURS.
BASCULE AUTOMATIQUE ET ENREGISTREUSE.
LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
De tous les compartiments étrangers, celui de
la République Dominicaine fut un des tout pre-
miers entièrement achevé, occupé, paré. Le com-
missaire-général, M. Joseph Penso, eut la co-
quetterie de vouloir inaugurer son exposition
dès le lendemain de l’ouverture générale de la
world’s fair bruxelloise. C’est dans un véritable
salon disposé et orné avec autant de goût que de
méthode, qu’il a installé les vitrines et les ta-
bleaux contenant les abondants témoignages de
l’activité, de la richesse et de la prospérité du
lointain petit pays dont il est ici le dévoué
consul-général.
Le compartiment dominicain est situé dans les
grandes halles des nations étrangères, en bor-
dure de la galerie des machines ; il voisine avec
le Danemark, la Perse, la Grèce, la Turquie,
l’Autriche.
Ce sont des produits naturels qui nous sont
principalement présentés. Les cultures diverses
et l’industrie du bois constituent en effet la
presque totalité des ressources, opulentes d’ail-
leurs, de l’île des Antilles dont la République
Dominicaine couvre à peu près les deux tiers.
Un intérêt historique des plus vifs s’attache
à cette terre, la première des régions habitées
découvertes par Christophe Colomb. Un pieux
sentiment d’admiration et de reconnaissance a
suggéré aux organisateurs du compartiment do-
minicain la pensée de dresser au centre de leur
exposition, émergeant d’un parterre de verdure,
l’effigie de l’immortel navigateur génois dans
l’attitude à la fois anxieuse et ravie qu’il dut
avoir lorsque, de la proue de sa caravelle, il
aperçut se dessiner à l’horizon la ligne du sol
tant espéré.
Les événements historiques suffiraient à prou-
ver quel prix les Européens n’ont cessé d’atta-
cher au pays prospère et fertile dont Santo-
Domingo est la vivante capitale. La population
noire indigène n’a cessé, dès la première heure
des débarquements, de se voir en butte aux
convoitises les plus brutales. En 1740 et en
1788 la France fit de pressantes mais inutiles
tentatives en vue d’obtenir le territoire domini-
cain par voie d’échange : l’Espagne qui l’avait
accaparé refusa avec ténacité. Cependant en 1795
M. J. PENSO,
Commissaire-général de la République Dominicaine.
le traité de Bâle donna l’ile à la France qui,
toutefois, la reperdit bientôt. Ne la revoyons-
nous pas sous l’autorité espagnole en 1809 ? Il
fallut un soulèvement irrésistible de tous les
indigènes, enfin inébranlablement ligués en
1821, pour donner le coup de grâce aux domi-
nations étrangères qui avaient duré trois siècles.
*
* *
C’est une contrée bénie entre toutes au point
de vue des richesses et des beautés naturelles
que celle de ces Indes Orientales où Colomb
fonda, en 1496, cette ville aux redoutables
fortifications aujourd’hui démantelées, Santo-
Domingo, bon port de cabotage, centre des
riches exploitations aurifères, et qui prit son
nom de celui du père de son fondateur : Domi-
nique Colomb.
La République, si elle n’a qu’une population
de 500,000 habitants, occupe cependant en su-
perficie une fois et demie la surface de notre
Belgique.
Les peintres J. Merckaert et Brégoli ont
brossé dix panneaux décoratifs qui ornent le
salon dominicain et montrent aux visiteurs
quelle contrée de soleil, de couleurs, de lumière,
de luxuriante végétation est ce coin d’île voisin
de Bahama et de la Jamaïque, où pâturages,
rivières, lacs, montagnes, forêts, champs cul-
tivés se marient, prodiguant les trésors des trois
règnes de la Nature.
Et voilà ce qu’ont exposé les laboureurs, les
bûcherons, les mineurs, les fermiers, les distil-
lateurs, les planteurs de Saint-Domingue : les
fruits d’or cueillis à même des orangers qui
poussent spontanément en massifs serrés, tout
comme les limoniers, les tamariniers, les néfliers,
les grenadilliers, les ananas, les palmistes ; —-
les bois précieux dont nous voyons les tranches