ForsideBøgerExposition Universelle In…e L'exposition, Vol. II

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910,
Organe Officiel De L'exposition, Vol. II

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sider: 500

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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90 L’EXPOSITION DE BRUXELLES Borinage, lorsque l’on veut caractériser une for- tune mal acquise ou de douteuse origine, « Ça date du pillage Degorge ». Mais cela n’empêcha point le chemin de fer d’Hornu d’être construit ! Quelques années plus tard la voie ferrée fut rétablie et comme les habitants d’Hornu s’étaient armés, les émeu- tiers ne revinrent plus. Telle est l’histoire du premier chemin de fer belge. LA GARE DE L’ALLÉE-VERTE EN 1835. Que de progrès réalisés depuis ! Maintenant, à la place même de la ligne au- trefois détruite par l’émeute, un transport aérien véhicule à travers l’espace des wagonnets bondés de houille. La locomotive a fait place à l’étin- celle électrique. Rien n’est plus curieux que la vision d’aujourd’hui opposée à l’évocation du passé. La centrale électrique où s’élabore la force motrice est un vaste hall, clair et propret, aux murs revêtus de faïences blanches. De fines charpentes métalliques supportent une toiture aux tons clairs. Sur les dalles du pavement, deux machines dressent leurs cylindres que cer- clent des boiseries vernissées, des bielles et des manivelles polies comme des miroirs, des bo- bines puissantes calées sur d’énormes arbres. La vie, créatrice de la force, fait peu de bruit : un halètement de vapeur fusant dans les tiroirs, un cliquetis de leviers, le sourd gironnement de l’alternateur dans la gaine noire d’où s’évadent les fils électriques. Un ouvrier va et vient. Burette en main, il graisse un tourillon, un coussinet. Une jeune « wardesse » lave les dalles. Tout cela est simple, presque précieux, d’une coquetterie de maison proprette. Cependant, la puissance sort de cette salle. Elle porte, à des kilomètres de distance, la vie créatrice à des houillères, à des ateliers, à des ventilateurs, à mille choses rumorantes d’acti- vités humaines. C’est elle qui met en marche le transport aérien qui remplace la voie ferrée de l’émeute de 1831. Et quand tombe le soir c’est elle encore qui allume au sommet des mâts les disques lunaires des lampes. Des milliers de vies s’exaltent autour de cette salle claire, des vies de labeurs, de souffrances et de dévouements obscurs, tout le destin d’un morceau d’humanité dont l’étincelle électrique a transformé les habitudes. Marius Renard. L’ÉCONOMIE SOCIALE Dans toutes les grandes expositions, la sec- tion d’économie sociale fut appelée la « section du silence ». Ce surnom lui convient. S’il s’y mêle quelque ironie, qu’importe I Le silence s’impose dans ces salles où tant de tableaux, de cartes, de graphiques et de diagrammes font flamboyer tant d’éloquentes statistiques. Le recueillement est nécessaire aux liseurs de tous ces chiffres étalés qui concré- tisent tant d’efforts. Que les visiteurs qui, dans l’Exposition, ne voient que la foire, et, dans la foire les seules attractions de carnaval ou de ducasse, que ces visiteurs ne s’arrêtent pas ici. Dès leur entrée dans la section, où l’on n’entend pas le moindre orchestre de tziganes, pas le moindre appel de levantin gélatineux, pas le moindre rire de fille, d’un ennui profond ils seraient saisis. La section d’Economie sociale est une manière de temple ; mais alors que les murs des temples sont ornés d’ordinaire d’inscriptions emprun- tées à la Bible ou à l’Evangile, on trouve ici des faits. Il y a mieux que des paroles, il y a des actes. Mais est-elle si ennuyeuse que nous avons l’air de le dire, la « section du silence », et tous ces murs ornés de chiffres mystérieux, sont-ils si rébarbatifs ? Nous devons reconnaître qu’un grand effort a été fait pour attirer et retenir les profanes, les intéresser, les amuser même. Les œuvres multiples d’assistance, de pré- voyance, d’éducation morale ; les innombrables « sodalités » qui enserrent la Belgique dans un réseau compact sous la forme de coopératives, de mutualités, de ligues agricoles ou de petits bourgeois, de patronages, de sociétés de loge- ment : tous ces organismes ont cherché à « s’exposer », et la plupart ont compris qu’il ne suffisait pas d’envoyer des statuts dont l’em- pilement aurait fait reculer les intéressés eux- mêmes. Il fallait frapper le visiteur. Il fallait lui montrer, sans qu’il eut à se livrer à aucune recherche, l’étape parcourue et les moyens employés. Il fallait que, d’un regard, ce pas- sant put embrasser la marche d’une idée à travers le monde et les années. On est arrivé, dans ce travail de vulgarisation, à des résultats étonnants. Il y a d’abord les sociétés de bienfaisance ou purement capitalistes, comme les Œuvres d'édu- cation de Marchienne, ■ le Foyer intellectuel de Bruxelles, les Etablissements Delhaize, les Tramways bruxellois, la Société Cockerill, qui illustrent leurs graphiques hérissés de chiffres de belles photographies qui en sont les vivants commentaires. D’autres œuvres ou sociétés vont plus loin. La Bourse du travail de Liège, par exemple, expose un véritable tableau : sur le devant, en relief pour ainsi dire, une sorte de barrière dont chaque planche plus ou moins haute marque l’étiage des placements d’ouvriers effectués chaque année. Dans le fond, une vue superbe de Liége du haut des fortifications, avec la Meuse déroulant ses méandres à travers les che- minées des aciéries et des hauts fourneaux et les terrils des charbonnages. Les Fédérations provinciales catholiques de la Flandre orientale ont dres:é une immense carte où les villes qui possèdent des associations affi- liées sont représentées par des cercles en couleur surmontés d’une croix : chaque cercle a sa cou- leur, chaque cercle est une société. De petites villes comme Turnhout tiennent une place énorme par la quantité de cercles superposés. Sur le côté, la légende explicative, très claire- ment explicative. La Ligue des paysans a imaginé, elle, un vaste panneau décoratif représentant les divers étapes de la moisson, et c’est une délicieuse vision de campagne, un décor ensoleillé dont s’éclairent les graphiques géants dessinés au-dessous. L’Union des femmes belges contre l’alcoolisme a organisé un concours d’affiches de propagande et elle a exposé les originaux en couleur des dessins qu’elle a reçus. Il en est de macabres, il en est d’infernaux, il en est qui se contentent d’emprunter des scènes à la vie — voici, par exemple, un ivrogne qui bat sa femme — et qui n’en sont pas moins saisissantes. L’art s’unit ici à l’œuvre de moralité. L’art n’est-il pas d’ailleurs la plus parfaite synthèse de la morale ? Il est à remarquer : dans cette section d’éco- nomie sociale c’est l’art qui vient toujours et pour ainsi dire fraternellement au secours des sociétés philanthropiques pour faire parler les statistiques et proclamer la beauté de tant de dévouements anonymes. Et je dois, à ce propos, mentionner tout spécialement la Mutualité de retraite de la maison Franchomme, qui a ima- giné un tryptique de pastels, dignes de figurer dans un musée. Le premier représente un petit garçon plantant un arbuste et ces deux vers se détachent au-dessous : Rempli d’un espoir triomphant, Il faut planter étant enfant. Second tableau: l’enfant a grandi, le voici presque un homme ; il arrose l’arbuste devenu presque un arbre. Comme légende, deux vers encore : Après, quand on devient robuste, Sans trêve, il faut soigner l’arbuste. Voici enfin un vieillard cueillant des fruits : On récolte les fruits plus tard, A l’àge où l’on est un vieillard.