Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
97
La plaine du Solbosch
LA MARCHE DES TRAVAUX
Les travaux de la future Exposition vont bon
train. Ils marchent même d’une telle allure que les
entrepreneurs viennent de soumettre au Comité
exécutif la question de savoir s’il ne conviendrait
pas de retarder certaines entreprises, notamment
la construction des halls. On mettrait moins
d’hommes à l’ouvrage; on profiterait, autant que
faire se peut, des périodes de beau temps pour bâtir.
Les adjudicataires sont et seront prêts aux dates
fixées par les cahiers des
charges, il n’y a pas de
doute possible sur ce
point; mais les super-
structures élevées trop
longtemps à l’avance
doivent-elles subir inuti-
lement les assauts de
notre impitoyable cli-
mat ?Telle est la question
qui se pose.
La situation que nous
venons de signaler donne
une idée de l’activité qui
règne au Solbosch. Et,
connaissant ce détail, le
visiteur est frappé d’une
étrange impression : l’im-
mense plaine qui s’étend
de l’avenue du Solbosch à la chaussée de Boendael
présente, à première vue, le spectacle de l’abandon
complet, de la morne désolation. A voir les ter-
rains qui, autrefois, montaient, descendaient,
fuyant en molles ondulations et qui sont aplanis,
aujourd’hui, comme une arène d’hippodrome, on
pense bien que des hommes ont passé par là, ont
accompli un effort colossal, mais on se dit qu’ils
ont fui cette besogne achevée.
Seulement, si on circule parmi ces chantiers que
Ion croit déserts, on ne tarde pas à découvrir, à
l’abri des monticules de sable, derrière les maté-
riaux accumulés, de compactes théories d’ouvriers
qui travaillent silencieusement, sous la conduite
méthodique des chefs d’équipe. On en trouve
partout, attachés à une besogne obstinée. Ce qu’ils
ont fait en quelques mois est formidable. M. l’in-
génieur Masion nous disait que des travaux de
terrassements comme ceux qui viennent d’être
terminés sont exceptionnels. On ne s’engage que
rarement dans semblables entreprises. On recourt
plutôt à des moyens spéciaux d’aménagement,
à l’utilisation des accidents du terrain, à des dis-
positions opportunes. Mais ici on ne pouvait pas.
Il fallait transformer les vallonnements du Sol-
bosch en une vaste et solide plaine sur laquelle on
pût ériger des galeries spacieuses.
Quarante mille grands wagons de terre ont
été déplacés; cela se décompose en milliers et
milliers de ces
wagonnets ordi-
naires qui ser-
vent au transport
des remblais.
Le plateau
même du Sol-
bosch ne pou-
vait fournir assez
L'excavateur — La morsure des terres
les renfonce-
ments. Il a
L’excavateur — La décharge du caisson
de terre pour
mettre le ter-
rain en état.
Le cube des
renflements ne
pouvait suffi-
re à combler
fallu et il faut
encore, pour les dernières pelletées, chercher la
terre à la plaine des manœuvres. Le cirque où nos
cavaliers et nos artilleurs évoluent périodiquement
s’est vu abaisser tout à coup de plus de i mètre.
Un excavateur puissant a passé par là, a tranché
inexorablement dans le sol; il a creusé, rongé,
coupé et les terres ont été emportées à i kilomètre
de distance, dans l’enceinte de l’Exposition.
C’est un admirable travail que celui accompli
par cet excavateur. Construit sur le modèle des
lourdes grues qui servent à charger et à décharger
les navires, il est armé, au faîte, d’un caisson
énorme, aux parois cerclées d’acier et dont le
rebord est garni de dents acérées. Un homme,
monté sur la machine, commande la manœuvre.
Il a choisi l’endroit où son engin formidable doit
entamer le sol. Il agit sur une manette. Et sous
cette simple impulsion que pourrait lui imprimer
un enfant, l’appareil évolue; son bras de colosse
décrit un grand geste lent dans le ciel parmi le
grincement et le craquement des articulations,
descend, effrayant, impitoyable, irrésistible comme
les instruments d’horreur et d’enfer imaginés par
Poe, Doyle et Wells. Les dents, mille fois plan-
tées dans la terre, luisent au soleil comme de l’or
en fusion, s’abattent, s’enfoncent, se redressent. Le
bras se lève, il tient dans ses serres gigantesques le
caisson bondé de terre... Le faix est promené solen-
nellement dans l’air; la
machine roule sur les
rails, va vers le wagon
qu’elle a choisi et, tout à
coup, au signal du machi-
niste, le fond du caisson
s’entr’ouvre, bée, une
masse tombe dans le four-
gon tôt rempli. Les cais-
sons s’ajoutent aux cais-
sons, les wagons aux
wagons et de longs con-
vois auxquels sont venus
s’accrocher de vigoureu-
ses locomotives empor-
tent les terres de remblais
vers le Solbosch, à travers
la rue nommée Houtweg,
dont les maisons ont l’air
actuellement d’être dans
une gare. L’œuvre de l’excavateur est des plus
intéressante à suivre. Il en est comme du mouve-
ment du flot, on ne se lasse pas de le voir.
Les installations du chemin de fer qui permettent
ce travail s’amorcent à la voie de raccordement
établie entre l’Exposition et la station d’Etterbeek.
L’Etat a fait là un bel ouvrage et avec combien
de célérité! Toutes les lignes sont construites dès à
présent; l’emplacement de la galerie des machines
et des sections diverses est rayé de voies défini-