ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 119 NAMUR Le dimanche matin, en été, l’intérieur de la gare de Namur offre un spectacle d’une animation extraordinaire. Les trains de Bruxelles, les régu- liers et les spéciaux, déversent sur les quais une Namur — Citadelle et Pont de Jambe foule énorme qui, à peine débarquée, se précipite en tumulte soit vers la sortie, soit vers l’endroit de la station où les trains de Dinant se trouvent à l’arrêt. Les voyageurs qui ne prennent pas la ligne du Nord-Belge traversent la ville en toute hâte et se dirigent vers le quai de la Meuse, où les attendent les bateaux de la Société Namur-tou- riste. Bien rares sont ceux qui, avant de pousser plus loin, ont la bonne idée de visiter d’abord la coquette cité des Quarante-Melons. Ceux-là, pourtant, sont des sages, car Namur, point de départ ordinaire d’un voyage dont Dinant, Waulsort, Hastière seront les étapes successives, mérite de retenir pendant plusieurs jours l’ama- teur de sites pittoresques et d’impressions caracté- ristiques. * * * Namur elle-même — je veux parler de la ville — vaut la peine d’être longuement visitée. On connaît peu de choses de cette charmante et ancienne cité quand on a parcouru ses rues prin- cipales, tout à fait modernisées, la rue de Fer, la rue de l’Ange et les voies adjacentes. C’est ailleurs qu’il faut aller chercher ses beautés véritables, et notamment le long de la Sambre, en prenant le chemin de halage qui conduit le curieux du Parc Marie-Louise à la Meuse. Il est bordé, ce chemin, de vieilles maisons d’aspect pittoresque et varié, avec d’audacieuses loggias surplombantes, des figures dentelées, des chapiteaux de style, des façades aux ornements savoureux. L’eau noirâtre de la rivière se montre de-ci, de-là, parmi la foule pressée des bateaux de charbons, de bois, de bri- ques, de poutrelles qui remplissent tout l’inter- valle entre les quais. Rien n’est amusant à obser- ver comme la vie de ces maisons flottantes : le batelier fumant rêveusement sa pipe en attendant son tour de passage à l’écluse, la femme qui lave du linge sur le pont ou pèle les pommes de terre pour le repas du soir, les enfants courant comme des petits rats, se poursuivant sans peur jusqu’au bord extrême du bateau, et l'inévitable petit chien hargneux qui montre les dents et aboie à tous les passants. Au milieu de notre existence réglée et conforme, ces braves gens ont conservé quelque chose de libre, de spontané, de bohème qui trans- paraît dans leurs yeux clairs, dans leur teint bronzé, dans leur allure un peu fruste et sauvage. On dirait qu’ils apportent avec eux les senteurs violentes des prés et des champs que la rivière traverse et que leur lent bateau, halé par un vieux cheval, a dominé longtemps de son mât voyageur. Un peu plus loin, aux alentours de la cathé- drale, se trouve le quartier aristocratique et reli- gieux de Namur. C’est l’évêché et sa rue courbe, silencieuse, sacerdotale; ce sont des couvents aux portes trouées de guichets méfiants; ce sont aussi de sévères et majestueux hôtels d’où toute vie parait absente et d’où l’on voit sortir parfois une antique voiture armoriée, conduite par un cocher à cheveux blancs. Là, l’herbe pousse entre les pavés, le pas- sant est rare et furtif, les bruits se prolon- gent en échos sonores, comme sous la voûte d’un pont. Des robes noires, des tricornes, des voiles de religieuses animent un instant la perspective et s’évanouissent ainsi que des ombres. Au loin, on entend une petite cloche d’église ou de chapellè-qui sonne pour un enterrement ou pour un baptême. Jesais quelque part, en face du Parc, à deux pas de la station, un oratoire dont la grande porte est toujours ouverte et où l’on distin- gue, devant un autel rayonnant, des can- délabres chargés de cierges allumés. Sou- vent, dans la pénombre chaude, un homme est à genoux sur les dalles et prie les bras en croix. Ce sont là des impressions qu’on n’oublie pas et qui ont une saveur mystique de haut goût. Mais Namur est féconde aussi en impres- sions d’un autre ordre. Elle a sa citadelle désaffectée, du haut de laquelle on jouit d’un panorama splendide. D’un côté, c’est la ville, avec ses milliers de toits et les nombreux clochers de ses églises;, avec son impressionnante rumeur de vie, avec toutes les fumées qui la couronnent, avec cette exaltante sensation de gloire que donne le spectacle, vu de haut, d’une grande agglomération humaine. De l’autre côté, c’est le fleuve large et calme, le vieux pont qui le traverse, les bateaux qui y tracent un sillage écumant et la campagne immense allant se perdre à l’horizon. A l’heure du crépuscule, il monte de tout cela je ne sais quel soupir de mélan- colie, mêlé aux premières ombres de la nuit. Une buée d’argent se forme sur les rives du fleuve et il faut peu d’effort à l’imagination pour évoquer, à travers ces brumes, les ondines des légendes que