ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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346 L’EXPOSITION DE BRUXELLES L’HABITATION POPULAIRE A L’EXPOSITION Cinquième Article(t). L’assainissement et la reconstruction d’une partie du quartier des Marolles, à Bruxelles. — Les jardins de toit. I Une commission technique, nommée par le conseil communal de Bruxelles, avait, je l’ai dit, visité les maisons ouvrières en Angleterre, en Allemagne et en France. Il s’agissait de se rendre compte de ce qui avait été fait à l’étran- ger, afin de tirer parti des leçons données par l’exemple et l’expérience de ces pays. Mais la situation financière, le caractère et les mœurs de l’ouvrier belge sont sans analogie avec la situation financière, le caractère et les mœurs de l’ouvrier anglais, allemand ou fran- çais ; ceux-ci, jouissant de salaires plus considé- 5 francs. Le problème proposé à l’ingéniosité de l’architecte était d’arriver à leur assurer, en dépit d’avantages que ces malheureux n’avaient jamais connus, des locations d’un prix tout aussi bas. Les sociologues, qui savent voir et prévoir, s’étaient émus de constater que, généralement, toutes les entreprises de maisons populaires ont manqué leur but altruiste dans notre ville, c’est-à-dire qu’une fois construites, ce ne sont pas les pauvres diables à l’intention de qui elles l’avaient été qui profitaient des sacrifices con- sentis par les pouvoirs publics et les compagnies immobilières, mais, bien plutôt, la classe — non moins intéressante, mais sensiblement plus aisée, — des petits bourgeois, des rentiers modestes, des employés subalternes, des pensionnés d’ad- ministration. C’est que les loyers, relativement pas chez lui, c’est au cabaret qu’il le consomme. La vie du ménage s’écoule dans la cuisine : c’est là qu’on prend les repas, qu’on se réunit après le travail du jour, et, enfin, c’est là que se produisent tous les grands et petits événements de l’existence commune. La ménagère a, dans la cuisine, sa place prépondérante et dominante : elle ne quitte guère cette pièce. Le mari y a sa pipe et, s’il sait lire, son journal ; l’enfant y a ses joujoux et, s’il fréquente l’école, ses cahiers de devoirs. On cuit peu de mets dans cette salle à tout faire ; cependant, la cafetière est en permanence sur le feu, et c’est encore là qu’on reçoit les visites. Voilà une coutume nationale que la petite bourgeoisie comme le peuple belges pratiquent généralement. Aussi, la condition essentielle d’un logement destiné à l’une ou l’autre de ces catégories de nos com- ViEux Bruxelles. rables, ayant d’autres goûts, mènent une vie, sinon beaucoup plus agréable, un peu plus cos- sue néanmoins et, dans tous les cas, fort diffé- rente. En Angleterre, en Allemagne, en France, le peuple mange mieux que chez nous, s’ha- bille plus confortablement et, enfin, a un souci d’imiter les bourgeois dans leurs pires vanités qui n’existe pas en Belgique., Après l’expulsion de 1,400 personnes, chas- sées, au nom de l’hygiène, des passes fétides du quartier des Marolles, l’archi- tecte Emile Hellemans avait été chargé d’ériger au même endroit, sur un hectare de terrain, de nouvelles habitations : la -préméditation avouée étant d’y abriter la même population dans des conditions de bon marché égales, mais selon les règles les plus méticuleuses et les plus sévères de la salubrité. II Or, les anciens habitants de cette partie lé- preuse de notre capitale sont, pour la plupart, de très pauvres hères, des indigents presque, dont le loyer mensuel ne dépassa jamais la somme de 15 francs et, pour beaucoup d’entre eux, atteignait seulement celle de 10, 9, 8, voire (1) Voir les n"s 19, 20, 21 et 22 de l’Exposition de Bruxelles. élevés de ces maisons nouvelles, étaient inabor- dables pour le plus grand nombre de nos pro- létaires : le salaire quotidien de ceux-ci varie entre les chiffres de 2 francs (minimum) et 4 francs (maximum). On ne va pas loin avec de pareils budgets quand ils doivent servir à habiller, nourrir et loger une famille I M. Emile Hellemans est parvenu à résoudre le problème du logement de lardasse labo- ruelles etdmJii. rieuse ; il a créé un type d’habitation populaire conforme non seulement aux mœurs spéciales de la race belge, mais encore aux ressources modiques de ceux à qui il fallait restituer une habitation après les avoir expropriés de celle qu’ils occupaient. III Dans les pays voisins du nôtre, l’ouvrier en activité de service fait ses trois repas arrosés de bière ou de vin ; il a de bons vêtements sur le dos et de solides chaussures aux pieds : son salaire le lui permet ; le logis de l’ouvrier allemand ou anglais possède, parfois, un salon, avec des meubles de salon et même, cela s’est vu, un piano ! Chez nous, l’ouvrier se nourrit, en grande partie, de pommes de terre, de tartines de beurre et d’une quantité infime de viande ; il boit du café au lait et, s’il lui arrive de se payer un verre de bière ou de genièvre, ce n’est Vieux Bruxelles. patriotes, c'est de pouvoir montrer une cuisine agréable, suffisamment vaste et telle, en somme, que chaque membre de la famille et même, à l’occasion, les amis y puissent trouver leurs aises. C’est ce que M. Hellemans a parfaitement compris : dans le plan du bloc de maisons en voie d’édification aujourd’hui dans le quartier des Marolles) pour le compte de la ville de Bruxelles, la cuisine a été l’objet d’une sollici- tude extraordinaire. Ces maisons, cela est bien entendu, seront à étages et à logements multi- ples : le prix du terrain et l’exiguité de l’espace ne permettent point, dans un centre populeux comme celui-ci, d’offrir à l’ouvrier sa maison individuelle. Mais dans les appartements distribués d’après les dessins de M. Hellemans, la cuisine, qui en occupe le centre, constitue le véritable foyer, elle en est le cœur. Une terrasse donnant sur la cour la continue et l’agrandit ; c’est sur la ter- rasse que les enfants prendront leurs ébats et, grâce à cette heureuse disposition intérieure, la maman, tout en vaquant aux soins du ménage, pourra surveiller ses petits. C’est la ville, pro- priétaire, qui fournira le poêle de cette cuisine modèle ; il sera à deux fins : l’hiver on y brû- lera de la houille, dispensatrice de calories, et l’été du gaz, afin de prévenir les effets d’une chaleur trop vive dans l’appartement. Une pro-