Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1
Forfatter: E. Rossel
År: 1910
Sted: Bruxelles
Sider: 452
UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel
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L’EXPOSITION DE BRUXELLES
manière. L’interdiction du cours d’Elisée Reclus,
en 1894, considéré par le conseil d’administra-
tion comme une mesure d’opportunisme, fut
tenue par une partie des étudiants et même du
corps professoral pour une grave atteinte au
principe même de l’école. Il y eut des troubles,
des démissions, des expulsions d’étudiants. Ces
par le gouvernement ; il élargit le programme
des facultés de droit pour donner une prépara-
tion spéciale aux jeunes gens qui s’orientent
vers les vocations commerciales et industrielles
et leur procure un complément d’études qui leur
ouvre l’accès de la carrière consulaire ; en 1897
l’Université de Louvain met sur pied son Ecole
avec un programme d’études complètes dans les
Universités de Gand et de Liége, les ressources
des facultés de philosophie et lettres et des
sciences.
» La même année, mais sans pousser son or-
ganisation aussi loin que l’avait fait l’Etat,
l’Université de Louvain inscrivait également à
Université de Liége. — Institut de Physiologie.
Université de Gand. — Institut de Pharmaco dynamie.
incidents, coïncidant avec de graves dissensions
au sein du parti libéral, les hommes politiques
de la fraction radicale s’en emparèrent et fondè-
rent l’Université nouvelle. Celle-ci, n’ayant pas
reçu du gouvernement l’autorisation de donner
des diplômes légaux, n’est pas, à proprement
parler, une université complète, mais plutôt un
institut libre des hautes études. Ilya, parmi ses
professeurs ordinaires, des hommes éminents ;
elle fait souvent appel à des savants étrangers qui
viennent y donner des séries de conférences et
elle joue, dans la vie intellectuelle de Bruxelles
et même de la Belgique, un rôle utile à côté,
mais non en opposition avec l’Université libre.
La vie des universités de l’Etat a été forcé-
ment plus calme. Quel que soit le libéralisme
de nos mœurs scientifiques et l’indépendance
dont jouissent les professeurs, ceux-ci subissent
toujours plus ou moins l’influence du pouvoir
central. Pourtant, les Universités de Gand et de
Liége n’ont cessé de s’agrandir et de prospérer,
à l’égal de celles de Louvain et de Bruxelles.
Ces dernières années surtout ont vu réaliser
d’innombrables perfectionnements.
« L’année 1893, dit M. Léon Beckers dans
la Patrie Belge, se signale par la création, à
l’Université de Liége, d’une cinquième faculté,
la faculté technique (ancienne Ecole spéciale
des arts et manufactures et des mines), appelée
à délivrer notamment le diplôme légal d’ingé-
nieur civil des mines, tandis qu’à l’Université
de Louvain sont ajoutés, comme complément
aux études de pharmacie, des cours théoriques
et pratiques destinés aux aspirants experts-
chimistes.
» En 1894 est définitivement constitué, à
Louvain, l’Institut supérieur de philosophie
(Ecole Saint-Thomas d’Aquin).
» L’année suivante le gouvernement organise,
à l’Université de Liége, lés études scientifiques
de physico-chimie.
» Puis les programmes se complètent dans les
quatre universités d’un enseignement commer-
cial et consulaire. L’initiative est prise, dès 1896,
des sciences commerciales et consulaires, qui
puise ses éléments en partie dans le fonds des
autres instituts et facultés ; en 1901, c’est au
tour de l’Université de Bruxelles de s’enrichir
d’une section d’études commerciales, transfor-
mée aujourd’hui en Ecole de commerce.
» L’expansion mondiale de la Belgique se
développant chaque jour davantage, une nou-
Université de Bruxelles.
Auditoire de l’Institut Solvay de Physiologie.
velle innovation allait bientôt s’imposer à l’at-
tention du gouvernement : la rénovation, à tous
les degrés, de l’enseignement de la géographie.
Dans le programme des universités belges, cette
science n’occupait, depuis toujours, qu’une place
secondaire. L’année 1900 devait la voir utiliser
son programme un enseignement préparatoire à
un doctorat en Sciences géographiques.
» Des années 1900 à 1905 date encore une
série d’institutions scientifiques qui jalonnent de
nouveaux progrès l’histoire de notre enseigne-
ment supérieur: l’Université de Liége orga-
nise un enseignement pour la formation d in-
génieurs géologues et s’enrichit d’un intéressant
programme d’études esthétiques et archeologi-
ques, l’Université de Louvain se voit dotée d’un
enseignement complet de l'électricité, tandis que
l’électrotechnique et les constructions navales
font leur apparition au programme de l’Univer-
sité de Gand.
» La poussée s’accentue partout et au fur et à
mesure du développement des programmes s’im-
pose la nécessité d’installations nouvelles. Le
gouvernement fait édifier à Gand un Institut
expérimental de mécanique appliquée, un labo-
ratoire d’électrotechnique, un Institut d’hygiène,
de bactériologie et de médecine légale, œuvre
de grande allure, sous le rapport architectural,
et qui n’a son pareil, au point de vue scienti-
fique, dans aucun pays d’Europe, des Instituts
de physiologie, de pharmacodynamie et de pa-
thologie générale, un Institut clinique et un
Institut de botanique et de biogéographie.»
Puis c’est encore l’Institut chimique et l’Ins-
titut mécanique de Liége, l’Institut électrotech-
nique Montefiore, d’autres instituts encore ; on
ne peut songer à les ^énumérer tous. Il est incon-
testable qu'il y a dans ces perfectionnements
de nos grandes écoles le symptôme d’une vitalité
scientifique de plus en plus intense. Certes, elle
s’oriente plutôt vers les sciences d’une applica-
tion pratique que vers la haute culture désinté-
ressée. Mais les unes mènent à l’autre : il est
évident que l’effort tenté en Belgique pour
organiser un enseignement supérieur digne
d’une grande nation est le signe que ce pays
entre dans une phase nouvelle de son dévelop-
pement.
L. Dumont-Wilden.