ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 415 en 1907 avec la Colombie et aujourd’hui, fina- lement, avec le Pérou et l’Uruguay. En sept années donc, il a achevé et mené à bien une œuvre immense. Il a réalisé de main de maître le programme qu’il s’était imposé et qui était de consolider l’hégémonie brésilienne et placer sa belle patrie au rang de grande nation mondiale, de nation sachant se faire res- pecter par la force de la justice et réalisant toutes ses conquêtes pacifiquement. * * M. de Oliveira Lima, ministre plénipotentiaire du Brésil à Bruxelles, est né à Pernambuco en 1867. Il fit ses études en Portugal et fut reçu docteur en philosophie et lettres à la Faculté de Lisbonne en 1888. Il a collaboré de bonne heure à différents journaux brésiliens et portu- gais, et notamment au Reporter d’Oliveira Martins, où il se signala par une brillante cam- pagne en faveur de l’abolition de l’esclavage. Sollicité par le général Quintino Bocayuva, alors ministre des affaires étrangères, il accepta le poste de secrétaire de légation à Lisbonne. Tel fut son début dans la carrière diplomatique. L’année suivante il épousa une compatriote de famille illustre, Mme F. Cavalcanti de Albu- querque, vraie Brésilienne de cœur, qui, depuis, l’a accompagné dans tous ses voyages et n’a cessé de faire rayonner autour de lui le charme profond de son intelligence, de sa grâce dis- tinguée et de son exquise bonté. En 1892, il fut transféré à la légation de Berlin et y travailla pendant trois ans sous les ordres du baron d’Itajuba. Puis, un congé lui ayant permis de retourner à Rio, il y entreprit dans diverses bibliothèques publiques de pa- tientes recherches destinées aux travaux histo- riques qu’il méditait. De 1896 à 1900 il remplit ses fonctions de secrétaire à Washington, occupant ses loisirs à rédiger ses « notes et impressions », qui nous ont valu son livre si apprécié sur les Etats- Unis. Il fut envoyé ensuite à la légation de Londres, où la mort inopinée du conseiller Souza Corrêa lui fit attribuer le poste de chargé d’affaires par intérim. Peu de temps après, il était accrédité officiellement, en cette nouvelle qualité, près la cour de Tokio. Il profita de son long séjour en Extrême-Orient pour écrire un de ses plus beaux livres, Au Japon, qui n’est pas seulement le premier ouvrage de ce genre publié par un Brésilien, mais qui est aussi l’un des plus documentés et des plus estimés qui aient paru de nos jours. Rappelé ensuite à Rio par son gouvernement, il ne tarda pas à être promu ministre plénipotentiaire. Investi de ce titre, il fut envoyé d’abord au Pérou, puis au Vénézuéla et, dernièrement, en Belgique et en Suède. Partout il a mérité les plus grands éloges pour l’élévation et l’indépendance de son carac- tère, la noblesse de ses sentiments et la dignité avec laquelle il s’acquitte de la haute mission que son pays lui a confiée. * * * Mais ce n’est pas uniquement comme diplo- mate que M. de Oliveira Lima peut reven- diquer sa plus grande part de renommée, c’est aussi et surtout comme historien, comme homme de lettres, comme journaliste, comme confé- rencier. Infatigable au travail, il ne cesse de produire des livres, des études, des critiques et des articles de tout genre. Dans la plupart de ses discours et de ses écrits, il s’attache à faire connaître son pays depuis la période coloniale jusqu’aux temps modernes et à expliquer la rapidité imprévue de son évolution en retraçant les aspects successifs de cette civilisation, aujour- d’hui si avancée, dont il parvient à faire un éloge sobre et précis, sans y être amené autrement qu’en manière de conclusion logique. S’il juge parfois superflu de nous vanter la fortune maté- rielle et la prospérité grandissante du Brésil, s’il lui arrive rarement d’insister sur la multiplicité de ses ressources ou sur la diversité de ses climats si privilégiés, du moins il ne perd jamais l’occa- sion de nous entretenir de tout ce qui en fait la véritable grandeur, la noblesse, la force et la supériorité morale. En effet, ne négligeant rien de ce qui échappe trop souvent aux esprits mé- diocres, il fait ressortir avec un intérêt toujours nouveau les qualités fondamentales- de cette M. Rodolphe de Miranda, Ministre de l’Agriculture. nation, évoquant d’un soin jaloux la douceur traditionnelle de ses mœurs, la constance de ses aspirations libérales et pacifiques, le mérite incontestable de ses écrivains, de ses penseurs, de ses artistes. Par là encore il se plaît à remplir le meilleur de sa tâche d’historien, tout en y ajoutant un tact et une modération qui en doublent le prix. Sa préoccupation de ne jamais rester inactif n’a d’égale que sa passion de bien faire. A quelques mois d’intervalle il représente son gouvernement à Genève, au Congrès de géographie ; à Vienne, au Congrès des Américanistes et au Centenaire d’Haydn ; à Paris, à la Fête de l’intellectualité brésilienne; à Stockholm, où il négocie une convention générale d’arbitrage, obtient pleine satisfaction et rétablit les relations diplomati- ques avec le Brésil. Mais cela ne l’empêche pas de mener de front plusieurs autres travaux, d’en achever d’anciens et d’en entreprendre de plus importants, élargissant sans cesse le cercle de son effort. Diligent, avisé, ayant pour lui l'ascendant d’un jugement sûr et droit, il ne se borne pas à faire œuvre d’initiative ou de pro- pagande, il sait donner l’exemple de la volonté persévérante, concilier les opinions en apparence les plus opposées, stimuler partout les énergies éparses qu’il découvre et les gagner à sa cause - qui est celle de sa patrie. * * * Outre ses deux ouvrages sur les Etats-Unis et le Japon, mentionnons encore les suivants : Pernambuco et son développement historique, œuvre de début consacrée à sa ville natale ; Sept ans de république au Brésil, étude publiée à Paris, dans la Nouvelle Revue ; Aspects de la littérature coloniale brésilienne, qui témoigne de beaucoup de lecture et de réflexion ; Mémoire sur la découverte du Brésil, qui obtint le prix au concours ouvert par l’Association du Qua- trième Centenaire de la Découverte ; la Recon- naissance de l’Empire, précieuse contribution à l’histoire diplomatique du Brésil ; Panamérica- nisme, Bolivar-Monroë-Rosevelt, recueil d’ar- ticles sur les questions d’actualité américaines, dédié au baron do Rio Branco ; Choses diplo- matiques, autre recueil, dédié à M. Alphonso Penna, où ,abondent les pages admirables, semées de critiques mordantes, de vues larges et har- dies, inspirées par un ferme patriotisme qui place la vérité au-dessus de toute considération personnelle ; l’Eloge de Varnhagem, discours magistral qu’il prononça lors de sa réception à l’Académie brésilienne de Lettres ; Sur l’Evo- lution de Rio -de-Janeiro, où il fait un exposé brillant du développement de la vieille capitale, et où il se montre conteur érudit et plein de goût ; le Secrétaire du Roi, comédie en trois actes, d’excellent style, où le XVIIIe siècle est évoqué avec beaucoup d’art et de relief ; Dom Jean VJ au Brésil,, en deux volumes, véritable monument historique, d’information très éten- due, de détail souvent minutieux, s’appuyant du reste sur une science solide. A nombre de mémoires intéressants (le Père Manoel de Moraes, la Vie diplomatique, José Bonifacio, Gustavo Beyer, les Limites du Brésil, Manuscrits du Musée britannique, la Langue portugaise et la Littérature brésilienne, etc.), il faut ajouter sa collaboration aux journaux et revues, qui embrasse les sujets les plus variés. La Revista brazileira, la Revista portugueza, le Jornal do Recife, le Diario de Pernambuco, le Correio da Manhâ, l'Estado de Sâo-Paulo, le Jornal do Commercio, de Rio, et la Revue, de Paris, ont publié ou reproduit de lui des séries d’articles, de chroniques ou de correspondances. On y retrouve partout la même franchise d’ex- pression, la même indépendance d’esprit, la même adresse naturelle à observer l’exacte mesure, et une faculté d’analyse particulièrement habile à interpréter les faits et à les transformer en idées. On peut affirmer que rien de ce qui peut être utile à son pays n’échappe à ce publiciste de cœur et de talent. Nul mieux que lui ne se fait une plus haute conception du devoir d’instruire et de faire penser en écrivant. Nul ne se préoccupe davantage de faire triompher pacifiquement les principes de justice et de vérité. Aussi ses arti- cles ne cessent-ils de provoquer autour de lui des témoignages spontanés de sympathie et d’approbation. * * * M. de Oliveira Lima a pris maintes fois la parole en public. Il parle toujours avec la même aisance, qu’il s’exprime en français, en anglais ou dans sa propre langue, et tout le monde s’accorde à dire qu’il a le don de rendre ses propres opinions en phrases claires et pré- cises. Sa conférence sur le Japon, donnée à Rio, en 1903, peut être citée comme l’une des plus parfaites et des plus attachantes ; il y résume, en un cadre restreint, une foule de remarques fines et judicieuses qui suffisent à révéler le caractère original d’un peuple. Mais c’est à Paris, en Sorbonne, qu’il connut son plus retentissant succès comme conférencier. En effet, il y prononça, en avril dernier, sous la présidence d’Anatole France, un discours fort